Scénario Conseil Constitutionnel ivoirien : les Béninois restent vigilants
Patient ATCHO | Dimanche 26 Décembre 2010
La crise post-électorale en Côte d'Ivoire, crise déclenchée par le refus catégorique et sans fondement du président sortant de rendre le pouvoir, risque de se transposer au Bénin, si l'on n'y prend garde...
« […] Ne vous y trompez pas : l’histoire est du côté de ces courageux Africains, et non dans le camp de ceux qui se servent de coups d’État ou qui modifient les constitutions pour rester au pouvoir. L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions ». Propos de Barack Obama lors de son discours prononcé le 12 juillet 2009 à Accra, au Ghana. Ce discours ne semble pas être un hasard d’autant que le Président américain sait comme tout le monde que les institutions en Afrique, ne sont souvent qu’au service des dirigeants. Des médias publics à la haute cour de justice en passant par la cour (conseil) constitutionnel(le), les heureux nommés par les tout-puissants chefs d’Etats africains sont généralement des plaisantins. Des personnes à la personnalité fragile qui se croient redevables aux chefs suprêmes de la République. Des personnes dépourvues de sens de moralité et toute dignité. A quoi sert-il alors d’effectuer des années d’études en droit si tout cela ne concourt qu’à servir un homme ou à imploser un pays ? C’est la question importante à laquelle, il convient d’inviter le Président du Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire à répondre. Paul Yao N’dré, membre influent du Front populaire ivoirien (FPI) croyait servir son peuple lors de ses ballets médiatiques sur la Radio Télévision Ivoirienne (RTI) quelques minutes avant et après la proclamation des résultats provisoires par la CEI. D’abord ignorant ou faisant fi du contenu du code électoral, il s’est permis comme toute la bande à Gbagbo, à croire qu’il était écrit qu’après trois jours, la CEI n’a plus compétence de publier les résultats provisoires. Ensuite, il est revenu encore sur cette même télévision de propagande Gbagbo quelques minutes après la publication des résultats de la CEI pour dire comme on le lui a recommandé, que ces résultats provisoires donnant Alassane Ouattara vainqueur, étaient nuls et non avenus et que dans les heures qui allaient suivre, les vrais chiffres seraient publiés par lui. Manque d’élégance ou simplement comble de l’amateurisme. Jamais on aurait vu un Président de conseil constitutionnel aussi militant et aussi ridicule. Et, comme on pouvait s’y attendre, il apparaît le lendemain à la télévision tout en sueur, pour proclamer ce qu’il appelle, les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Pauvre Yao N’dré ! Il croyait rendre service à son mentor mais il ne savait à pas quel point le processus électoral ivoirien avait été suivie et quadrillé par les Nations Unies qui avaient en dernier ressort la lourde mission de sa certification. Aujourd’hui, ce juriste tout de même chevronné dans sa discipline, le droit constitutionnel, fait la risée du monde entier de par la complaisance et le militantisme politique dont il a fait preuve et qui aujourd’hui plonge la Côte d’Ivoire dans une profonde impasse post-électorale.
Si Laurent Gbagbo conserve son fauteuil malgré tout l’isolement diplomatique et financier dont il est l’objet, cela créera en Afrique de l’Ouest un précédent assez déplorable qui permettra désormais aux chefs d’Etat de se foutre des CENI, des CEI ou des CENA qui constituent de façon légitime des institutions indépendantes ayant en charge l’organisation et la proclamation des résultats (provisoires). Yayi Boni qui joue aujourd’hui les médiateurs à la mission impossible de la Cedeao pour forcer un usurpateur, un nationaliste irrationnel à rendre le pouvoir, sera dans quelques mois devant le fait accompli et c’est à Maître Robert Dossou, président de la cour constitutionnelle du Bénin qu’il convient de dire le droit qui n’a pas été dit en Côte d’Ivoire. Il lui faudra absolument faire ce qui a fait sa réputation de par le monde : défendre le droit, la justice et dire le droit, rien que le droit. S’il faillit ou s’il réussit, c’est l’histoire du Bénin qui lui en revaudra dans un sens comme dans l’autre.
Adannongbogbèto AZALOU
Si Laurent Gbagbo conserve son fauteuil malgré tout l’isolement diplomatique et financier dont il est l’objet, cela créera en Afrique de l’Ouest un précédent assez déplorable qui permettra désormais aux chefs d’Etat de se foutre des CENI, des CEI ou des CENA qui constituent de façon légitime des institutions indépendantes ayant en charge l’organisation et la proclamation des résultats (provisoires). Yayi Boni qui joue aujourd’hui les médiateurs à la mission impossible de la Cedeao pour forcer un usurpateur, un nationaliste irrationnel à rendre le pouvoir, sera dans quelques mois devant le fait accompli et c’est à Maître Robert Dossou, président de la cour constitutionnelle du Bénin qu’il convient de dire le droit qui n’a pas été dit en Côte d’Ivoire. Il lui faudra absolument faire ce qui a fait sa réputation de par le monde : défendre le droit, la justice et dire le droit, rien que le droit. S’il faillit ou s’il réussit, c’est l’histoire du Bénin qui lui en revaudra dans un sens comme dans l’autre.
Adannongbogbèto AZALOU