Les dessous de la politique


MARQUEE avec une BORDURE
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Personne ne se souviendra, sans doute, du bilan politique, économique ou social de Yayi Boni. Il n’y a franchement pas grand-chose à mettre sous la dent. Par contre, s’il est une chose dont les Béninois devront se souvenir au-delà des scandales, c’est d’avoir voter pour un homme sympathique par-dessus tout et qui malgré tout ce qu’on peut lui reprocher, aime profondément son pays.


Yayi Boni, Président du Bénin
Yayi Boni, Président du Bénin
Pour paraphraser le Républicain John McCain s’attaquant au Démocrate Barack Obama au cours de la campagne présidentielle américaine de 2008, on peut dire : “Yayi Boni is a really good guy but he simply could not deliver”. On ne se souviendra pas d’une réforme audacieuse, on ne se souviendra pas d’une décision politique forte, on ne se souviendra pas d’une décision économique majeure. Il n’y a pas grand-chose à signaler sous l’ère du changement. On se souviendra en revanche des scandales financières innommables, l’impunité à grande échelle, l’insouciance ou la nonchalance politique, l’accaparement médiatique, l’achat de conscience journalistique, la pauvreté graduelle bref, un pays au bord du gouffre. Mais ce dont on peut se souvenir et dont on ne parle jamais, c’est que les Béninois ont voté en 2006 pour un homme digne de confiance, digne d’intégrité, digne de respect et d’humilité. Yayi Boni loin d’être un enfant de chœur, est tout de même un homme de cœur. Un homme très sensible qui a déjà pleuré publiquement. Un vrai patriote qui pendant des années, contre vents et marées a défendu le label Bénin à travers le monde. Il faut le reconnaître, cet homme ne connaissait rien de la politique. Lui-même, l’a d’ailleurs reconnu dans son dernier discours à la nation. C’est un intrus qui ne connaissait pas la maison contrairement à ce qui a été écrit sur lui par le journaliste Edouard Loko. C’est encore la preuve de son humilité. Humilité de dire je ne sais pas. Humilité aussi de demander pardon aux opposants politiques. Humilité de faire son mea culpa, un examen de conscience rarement fait par les hommes politiques. Un comportement qui tranche avec l’arrogance apparente de Nicéphore Soglo qui n’a pu, assurer sa réélection en 1996. Yayi Boni, oui le Tout-puissant Président du début de mandat, est bien descendu de son piédestal se faisant de plus en plus petit. C’est un comportement politiquement correct et on ne peut lui en vouloir pour ça.

En effet, dans une vidéo qui circule sur l’Internet, le numéro un Béninois a ouvertement et sans hypocrisie, demander pardon aux acteurs politiques béninois qui l’accusent à tort ou à raison d’être à la base des maux qui minent aujourd’hui le pays. On peut lui reprocher d’avoir réagi trop tardivement mais il est évident que Yayi Boni a pour une fois, parlé aux Béninois. Habituellement, on a l’impression que le Président de la République du Bénin ne sait pas communiquer ou ne s’est pas entouré de bonnes personnes. Il a un langage trop direct, brouillon, vulgaire et parfois sans cohérence. Mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas être hypocrite. La réalité, c’est qu’il dit effectivement tout ce qu’il ressent. Il est réellement ce qu’on voit. C’est un homme franc et ouvert qui n’a pas souvent mis en valeur ses qualités personnelles et morales. Tout cela parce qu’il s’est entouré de béni-oui-oui, d’incompétents et de plaisantins incapables de lui donner les bons conseils en temps opportuns. Même si ses réalisations sont plus médiatiques que concrètes, Yayi Boni – le novice politique plébiscité par erreur ou par ignorance en 2006 par plus de 70% de Béninois – aura tout de même le mérite d’avoir essayé des choses, d’avoir tout au moins affiché sa volonté politique de faire des changements dans un contexte économique mondial défavorable. Peut-être mérite-t-il une deuxième chance en 2011. Mais pour gagner, il n’y aura pas de miracle pour lui. Il a déjà donné trop de munitions aux adversaires politiques avec toutes les erreurs commises. Cependant, en politique rien n’est jamais perdu ou gagné d’avance. Il lui reste encore des raisons d’espérer. Pour ce faire, il faut absolument qu’il se présente comme une victime du système politique béninois et qu’il promette de bâtir autour de lui, une équipe nouvelle et plus dynamique. Il réussira ainsi à toucher le côté sentimentaliste des Béninois. Yayi Boni doit continuer à parler régulièrement aux Béninois et continuer à faire son opération rachat. C’est un signe de grandeur d’esprit qui peut peser dans la balance. Il lui faudra mettre les Béninois à témoin contre les refus permanents de ses adversaires politiques de construire le pays avec lui. Pour gagner face à quiconque se présente contre lui, Yayi Boni devra également se montrer sous son vrai visage : un homme de foi qui aime son pays, un bâtisseur infatigable parfois incompris mais déterminé à réussir le pari du changement si une deuxième chance lui est accordée. Mais toute cette stratégie politique, si elle n’est pas appliquée sans délai, risque malheureusement ou heureusement (c’est selon) de ne pas suffire.

Patient ATCHO

lesdessousdelapolitique@ebeninois.com

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