Les dessous de la politique


MARQUEE avec une BORDURE
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Deux fois programmée de commun accord, la passation de service entre Nestor Dako et Véronique Brun Hachémé n’a pas eu lieu. Soutenu par un lobby d’évangélistes qui tentent de convaincre le président de la République de revenir sur sa décision, l’ex-directeur de cabinet de Yayi Boni se croit au-dessus de la décision du conseil des ministres du vendredi 24 juillet 2009 qui l’a relevé de ses fonctions. Il exige de son successeur un décret de nomination qui, espère-t-il, ne sera pas disponible.


Après son limogeage : Nestor Dako défie Yayi Boni
Alors qu’il est censé passer le témoin depuis ce lundi 27 juillet à son successeur, Nestor Dako refuse de s’exécuter, défiant par cette attitude le chef de l’Etat qui l’a limogé de son poste de directeur de cabinet civil de la présidence de la République le vendredi 24 juillet 2009. Pendant que son successeur Véronique Brun Hachémé était sur les lieux pour s’installer dans ses nouvelles fonctions, Nestor Dako était en balade dans le Zou. Il s’est déjà illustré à deux reprises dans ce comportement peu catholique. Hier, mardi 28 juillet, il a donné pour la deuxième fois, la preuve de sa mauvaise foi et de son entêtement. En clair, Nestor Dako n’est pas prêt à rendre son tablier, alors qu’il est complètement tombé en disgrâce auprès du locataire de la Marina, à moins que la décision de ce dernier de se séparer de lui soit du leurre. Si ce limogeage continue d’entretenir un imbroglio sans précédent, c’est parce que Nestor Dako s’accroche au poste et c’est surtout parce que l’on tente de toutes les manières de l’imposer à nouveau. C’est ainsi que Yayi Boni subit des pressions venant de son entourage composé de pasteurs et d’évangélistes. Auréolé de ce soutien, Nestor Dako ne fait que manifester sa volonté de ne pas partir à l’Autorité transitoire de régulation des postes et télécommunications, son nouveau poste. Mais se prenant pour un roitelet du palais de la Marina, l’imposteur, défie le chef de l’Etat, refuse de plier ses bagages et continue d’usurper le titre de directeur de cabinet. Il s’invite même dans les tournées du président, à l’image de celle du Zou, alors qu’il est attendu au même moment au palais de la République pour passer service à Véronique Brun Hachémé. Jusque-là, il nourrit l’espoir secret qu’il peut faire reculer le chef de l’Etat. C’est bien son intention et il se donne les moyens pour y arriver. En boycottant la passation de service pour la tournée, il croyait encore à ses chances et a trouvé l’idée de faire suivre le président une horde d’évangélistes lors de ce dernier déplacement auquel lui-même n’était pas le bienvenu. Mais tout ce qui a été mis en œuvre pour que Yayi Boni revienne sur sa décision a échoué. Nestor Dako et ses faux pasteurs n’ont qu’à laisser le chef de l’Etat s’occuper des sujets préoccupants de l’heure. Déjà surchargé par les dossiers de mauvaise gestion de deniers publics, Yayi Boni doit se donner les moyens pour surmonter cette période éprouvante. Nestor Dako ne devrait plus en rajouter à ces problèmes. Il a eu le temps de donner la preuve de son incapacité à gérer un portefeuille aussi important qu’est le cabinet civil du chef de l’Etat, qui est avant tout une marque de confiance entre. L’homme sait qu’il a perdu cette confiance et n’est plus en odeur de sainteté avec le patron. Par pudeur il faudrait qu’il accepte la décision. Mais s’il est sans pudeur, il peut continuer de suivre le président de la République dans ses déplacements. Il faudra lui souffler que ce n’est pas le rôle d’un directeur de cabinet de se transformer en un wagon que la locomotive, que représente le chef de l’Etat peut traîner en dehors du palais. Il devrait rester au poste en l’absence du président. C’est ce qui lui a le plus manqué depuis qu’il a été nommé directeur de cabinet. Tout le monde a su qu’il n’était pas à la hauteur. Sa page est tournée. Pourvu qu’une personne compétente prenne sa place. Le chef de l’Etat a-t-il trouvé cette compétence à travers la personne de Véronique Brun Hachémé, ex-préfet de l’Atlantique et du Littoral ? Toute la question est là aujourd’hui. Déjà en violation de la décision du chef de l’Etat, Nestor Dako met tout en place pour l’empêcher de prendre fonction. Il dit à l’ex-préfet de ne pas s’en faire, ironisant qu’il n’est pas question de rêver. Il a peut-être peur que la nouvelle directrice de cabinet lui face la leçon d’une bonne gestion. Le comble, c’est qui il exige un décret de nomination avant de se plier, espérant que cet acte ne sera jamais disponible. Il revient à partir de ce moment au chef de l’Etat de lui montrer le contraire et de le décourager.

In Le Matinal


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Les travailleurs réunis au sein des différentes centrales syndicales du Bénin observent depuis hier 28 juillet 2009 un mouvement de grève de 48 heures pour protester contre la confiscation des libertés syndicales. Visiblement, la menace de défalcation sur les salaires agitée par le gouvernement n’a pas émoussé leur ardeur. Il reste maintenant au Chef de l’Etat d’en tirer les conséquences.


Yayi Boni a menacé les travailleurs de défalcation sur salaire en cas de grève
Yayi Boni a menacé les travailleurs de défalcation sur salaire en cas de grève
En dehors de quelques services comme le Cnhu où le mouvement n’a pas été suivi à 100 %, la grève de 48 heures déclenchée depuis hier par les centrales syndicales du Bénin pour protester contre la confiscation de leurs libertés chèrement acquises à l’historique conférence des forces vives de la Nation au prix de hautes luttes a connu un grand succès sur toute l’étendue du territoire national. De Cotonou à Malanville en passant Natitingou, Djougou, Abomey, Bohicon, Porto-Novo, Lokossa…les travailleurs ont respecté le mot d’ordre de leurs centrales syndicales respectives. Pour le régime du Dr Boni Yayi qui a menacé de faire des défalcations sur salaire, il faut avouer qu’il s’agit là d’un grand camouflet. D’ailleurs dans sa déclaration à nos confrères de la chaîne de télévision privée Canal 3, le secrétaire général de la Cgtb a dit qu’on a déjà vu des éléphants danser dans ce pays. Son collègue de la Fédération des syndicats du ministère des finances ira loin disant que ce sont eux qui traitent les salaires et que rien ne peut leur arriver. Comme on peut le constater, loin de leur saper le moral, le communiqué diffusé par le gouvernement a plutôt apporté du tonus aux syndicalistes qui s’inscrivent désormais dans une logique jusqu’auboutiste. Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à mettre en garde le gouvernement si d’aventure, la marche qu’ils projettent pour le jeudi 30 juillet prochain étaient empêchée comme ce fut le cas le 21 juillet dernier. Visiblement, c’est désormais le bras de fer entre le gouvernement du Dr Boni Yayi et les responsables syndicaux qui reçoivent du soutien de jour en jour.

La grève des travailleurs a été largement suivie

La grève de quarante-huit (48) heures mise en exécution hier mardi a été un succès. C’est du moins l’avis de plusieurs secrétaires généraux qui ont reçu les échos venant du pays profond. Les travailleurs, dans un mouvement d’ensemble, ont observé à travers tout le pays, le mot d’ordre de grève lancé par leurs leaders syndicaux. La conséquence immédiate, c’est la paralysie de l’administration publique. Une paralysie qui, malheureusement, devrait continuer ce jour. A Cotonou, malgré ce que les syndicalistes appellent l’intimidation du gouvernement, aucune administration n’a fonctionné normalement. Que ce soit au ministère des finances et dans ses régies que sont le Trésor, l’Impôt, la Douane, que ce soit au ministère de la fonction publique ou celui de la santé, qu’il s’agisse des entreprises para publiques et autres, les travailleurs n’ont pas cédé aux menaces du communiqué du gouvernement qui qualifie la grève d’illégale et d’illégitime. Mieux, le spectre de la défalcation brandie sur les travailleurs par rapport à leurs salaires, n’a pas émoussé leur ardeur et leur détermination à aller jusqu’au bout. Comme l’ont soutenu certains secrétaires des centrales et confédérations syndicales des travailleurs du Bénin rencontrés à la Bourse du travail hier, la menace du gouvernement a été plutôt source de motivation. On avance même un taux de succès de la grève avoisinant les 95%. S’il est arrivé que même la chaîne de communication publique ne se soit limitée qu’à un service minimum, tout porte à croire que la cause est vraiment entendue. En témoignent les divers courriers adressés aux centrales et confédérations syndicales, pour soutenir le combat des travailleurs.



La marche a reçu un large soutien

La grève des travailleurs contre la violation des libertés syndicales au Bénin, a eu des soutiens divers. Le plus expressif est celui adressé hier aux secrétaires généraux de la Cstb, de la Cosi, de la Csa-Bénin, de la Cgtb et de l’Unstb, par la Confédération générale du travail (Cgt) de France. La motion de soutien partie de Montreuil le 28 juillet 2009, stipule que  » la Cgt de France, attentive aux luttes que vous menez, vous apporte tout son soutien, particulièrement dans cette période aux difficultés accrues pour les travailleuses et travailleurs béninois…..La Cgt et ses affiliés se retrouvent pleinement dans votre combat contre un gouvernement qui, comme vous l’écriviez avec justesse et pertinence dans votre motion commune,  » s’acharne à noyer les travailleurs et les populations des villages et des quartiers de ville dans les effets meurtriers de cette crise pour sauver le capital financier dont il a la garde et la défense…..Nous vous souhaitons plein succès dans vos revendications …….et vous  demandons de transmettre à tous vos affilié(e)s…l’expression de notre solidarité pleine et entière….  » Outre la Cgt, les centrales syndicales ont aussi reçu le soutien des organisations de la société civile. Hier, elles étaient allées rencontrer les responsables des centrales. A la Bourse du travail où les deux parties ont eu une séance d’écoute et d’échange sur la situation socio politique actuelle au Bénin, notamment celle relative aux atteintes aux libertés individuelles et collectives, il dégage que ces dérives conduisent inexorablement le Bénin vers un recul de la démocratie, de la paix sociale et des autres acquis de la conférence nationale. Face à ceci, il a été décidé, entre autres, de la création des forces positives pour combattre les déviances qui mettent dangereusement en péril nos acquis démocratiques. Les travailleurs de Bénin Télécom Sa, ne sont pas restés en marge des messages de soutien. Pour ceux réunis au sein du Syndicat libre des travailleurs de Bénin Télécom Sa (Syltra-Bt), c’est un combat partagé par tous ses acteurs qui en appellent à la mobilisation de tous les travailleurs pour la marche du jeudi 30 juillet prochain.



Des responsables syndicaux apprécient




Gaston Azoua, Cstb

 Les travailleurs viennent de déclencher une grève pour protester contre la mauvaise gestion du pays et la violation des libertés individuelles et collectives. Ils exigent du gouvernement le respect scrupuleux des libertés démocratiques et syndicales… Je puis vous assurer que la grève est bien suivie sur toute l’étendue du territoire national depuis ce matin. Il suffit de s’en rendre compte à travers toute l’administration centrale des finances, à la Sobemap, à l’Ortb, au ministère de la fonction publique et ailleurs dans les autres ministères. Le peuple ayant compris que nous nous installons progressivement dans un régime totalitaire, il était temps de se lever pour barrer la route à un gouvernement anti-populaire et anti-démocratique. Voilà ce qui explique ce sursaut patriotique national qui dénonce la nature tyrannique du gouvernement.

Emmanuel Zounon, Unstb

Nous sommes satisfaits du mouvement de grève. On ne s’attendait pas à un tel résultat. Le communiqué du gouvernement au contraire nous a aidés. A l’Unstb, nous faisons la part entre la lutte politique et la lutte syndicale. Dès lors que les libertés démocratiques sont touchées, il n’y a plus de raison que l’Unstb soit en marge de cette lutte. Et c’est à ce titre que nos militants ont participé à la lutte tant dans les administrations que dans les collectivités locales. Même les tribunaux de première instance, que ce soit à Porto-Novo, à Abomey, à Parakou, à Kandi et à Lokossa sont bloqués. C’est la preuve que le pouvoir appartient aux travailleurs. C’est un signal fort au gouvernement du Dr Boni Yayi qu’il n’a aucun intérêt à bloquer la marche de jeudi prochain. S’agissant de la mesure de défalcation proférée par le gouvernement, c’est un faux-fuyant. Le peuple a compris que le pouvoir est aux abois et qu’on lui cachait quelque chose. La menace de défalcation est apparue comme pour galvaniser l’ardeur des travailleurs. La mesure paraît illégale, puisqu’elle viole le droit des travailleurs. Et ce sont là des dérives sur lesquelles se fondent les travailleurs pour défendre leurs acquis.

Dieudonné Lokossou, Csa-Bénin



Le mouvement que nous avons déclenché pour protester contre l’interdiction de la marche du mardi 21 juillet dernier, est suivi par tous les travailleurs. Le constat que nous avons fait nous conforte que le mouvement est suivi à 95%. S’agissant de la mesure de défalcation dont parle le gouvernement, il faut comprendre que c’est une manœuvre dilatoire qui constitue en même temps un élément de motivation supplémentaire pour les travailleurs. Le gouvernement ne s’est pas arrêté à son communiqué. Il a recruté des laquais pour constituer une certaine association des fonctionnaires ni mouvanciers ni opposants, dirigée par un certain Cyriaque Agboton et, une autre union dite de travailleurs libres que dirigerait un certain Guy Lagoyi, des individus que nous ne connaissons pas en tant que syndicalistes… En tout cas, ces menaces de déstabilisation et de brisure  de mouvement se sont heurtées à la résistance des travailleurs qui savent où ils vont. Je crois qu’il faut remercier tous les travailleurs qui ont répondu positivement au mot d’ordre de grève.  Nous rassurons que ce n’est pas une grève dirigée contre un gouvernement, mais contre une pratique que nous avions décriée hier, à savoir la prédation des libertés publiques et des libertés d’expression. C’est cette confusion que fait le gouvernement qui va contre lui, lorsqu’il gère mal les relations sociales en banalisant les travailleurs.



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