Les dessous de la politique

MARQUEE avec une BORDURE
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Les hôpitaux au Bénin, traversent une crise sans précédent. Le constat est frappant partout. Cette crise est souvent liée au fonctionnement et a pour noms : manque de médicaments, manque de matériels médico-chirurgicaux, vétustés et insalubrités des locaux, un personnel mal formé et recruté sur la base du clientélisme, un clivage entre les personnels technique et administratif, qui ont du mal à se faire confiance, chacun jetant l’anathème sur l’autre. Dans ce contexte totalement hostile à la performance, la non-qualité et l’incompétence sont devenus des styles de service.


Le Bénin, malade de ses hôpitaux : Comment sortir de la léthargie ?




Le clivage entre le personnel technique et le personnel dit administratif est une réalité dans nos structures. Ces deux catégories professionnelles cohabitent dans les hôpitaux et ne collaborent presque pas ou peu. L’autorité de l’administration est contestée, on lui fait un procès d’incompétence et souvent à juste titre, posant ainsi de réels problèmes de management au niveau de ces établissements. La réalité, c’est que les directions des hôpitaux sont occupées par des gens qui n’ont rien à voir avec la pratique médicale. Les directeurs des hôpitaux sont, pour la plupart, des fonctionnaires qui appartiennent à d’autres catégories professionnelles, qui ont fait ou non le module de gestion hospitalière, et qu’on a parachutés à la tête des hôpitaux pour manager un personnel qui a ses réalités et ses exigences.
Un chirurgien qui a fait un Bac plus douze, soit quatre années d’études après son Doctorat, se voit souvent très mal se faire coacher par des gens qui ont à peine un Bac plus quatre pour les meilleurs d’entre eux, qui plus est, n’ont rien à voir avec la médecine, d’où la nécessité de rectifier le tir et corriger très vite cette aberration, en mettant à la direction des hôpitaux de véritables cadres médicaux (médecins, pharmaciens, dentistes), qui ont une expérience hospitalière et qui seront aussi formés dans le domaine de la gestion hospitalière. Cela aura le double avantage de régler les difficultés liées au clivage auxquels nous avons fait allusion, mais aussi les problèmes liés au management et à la gestion des priorités.
L’hôpital d’aujourd’hui ne peut plus se concevoir en dehors de la démarche entreprise. En réalité, cela devrait être l’esprit de la réforme hospitalière. Chaque hôpital, en ce qui le concerne, doit définir un projet d’établissement qui aboutirait à un désengagement progressif de l’Etat par la subvention qu’il alloue à ces structures. Les hôpitaux, par leur politique managériale, devraient définir des stratégies pour pouvoir fonctionner sur ressources propres. C’est la seule logique qui, si elle aboutit, pourrait sauver nos hôpitaux. Cette idée est d’autant plus pertinente que les plus grands spécialistes de l’hospitalisation pensent que notre problématique fondamentale au Bénin, réside dans des difficultés de trésorerie. La réponse à cette problématique coule de source, il faut mettre en place des stratégies pour équilibrer nos finances et faire face, avec beaucoup plus d’efficacité, à nos charges. Pour cela, il faut entre autres, appliquer la vérité des prix : les tarifs pratiqués à la tête du client pour les actes médicaux, les consultations et l’aide au diagnostic sont obsolètes et arrièrent le pays. La santé n’a pas de prix et elle un coût. Elle ne peut se concevoir que dans la qualité et les populations doivent participer à l’effort de santé. L’hôpital-dispensaire de nos grands parents est, désormais, derrière nous.
Les travailleurs, depuis les chefs de services jusqu’aux manœuvres, doivent s’approprier leurs outils de travail et faire leur boulot avec toute la conscience professionnelle que requiert le serment d’Hippocrate. Chacun doit se mettre dans la tête que chaque malade négligé ou détourné (dans le privé), chaque franc arnaqué, chaque heure de travail non honorée, nuit gravement à la bonne marche de l’entreprise qui, si elle tombe en faillite, va emporter dans sa chute tous les autres travailleurs. Les partenaires sociaux ont un grand rôle à jouer par rapport à cette thématique, leur vocation n’est pas seulement la revendication.
L’autre paradigme est la bonne gouvernance et la transparence dans la gestion des finances hospitalières. Et à ce niveau, c’est l’administration de l’hôpital qui est interpellée, car si chacun doit faire son travail, l’administration qui a la charge de la gestion des deniers de l’entreprise ne doit pas être à la traîne, sinon tout effort serait vain.




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Lundi 29 Juin 2009 04:43


Comme dans un cycle, des pans entiers de nos cahiers d’élèves reprenaient, chaque année, quelques leçons consacrées à l’Assemblée nationale. Enfants, on imaginait alors les députés, représentants élus du peuple, perdus dans d’interminables discussions où le sort des citoyens était engagé. Et la télévision a rayé de nos esprits cette image surfaite, offrant à nos regards la mine contrefaite d’un député somnolent ou assoupi, surpris par une irrévérencieuse caméra. Ce n’était pas méchant à nos yeux et notre jeune âge attribuait toutes ces images à ce qu’il y avait d’insolite, un peu comme le comique de situation. Mais ces petites scènes ont survécu au temps, devenant une sorte de norme.


Les mauvais élèves…


Car il ne s’agissait plus d’instants volés, c’était bien ceux de tous les jours. Dans la représentation populaire, impossible de chasser des esprits, sinon à coups de marteau, l’image d’un élu du peuple peu sérieux, laudateur et chahuteur. Dans les salons familiaux, face au petit écran, l’Assemblée nationale devient le petit coin « juste pour rire », celui où l’on est sûr d’entendre, sans être choqué parce qu’accoutumé, des inepties, le côté ridicule des choses, propos creux et sans intérêt. L’on est sûr qu’untel commettra une bourde, qu’un autre se laissera tenter par une digression, qu’un autre encore ne prendra la parole que parce qu’il aime le son de sa voix. On fait dans le verbiage, pousse l’humour -souvent d’un goût douteux- à l’extrême. Ici, le cousinage à plaisanterie n’est pas juste une agréable transition, c’est ce qu’on rabâche, lui donnant parfois des allures d’intenses et profonds débats entre députés. Ça vole si bas…
Alors impensable de prendre de la hauteur et l’Hémicycle se retrouve pris en otage, asphyxié par toute la légèreté ambiante (mais non, ce n’est pas grave !). Les représentants de notre peuple n’ont rien de solennel, peu nombreux sont ceux qui imposent le respect : ils ont l’injure à la bouche, ignorants de ce qu’exige leur statut, parce qu’inconscients tout simplement. Entre eux, ils ont le comportement de ces camarades de classe emportés par le jeu dans une aire de récréation. C’est cela en définitive que notre Assemblée nationale, un petit endroit sympathique où l’on s’interpelle à grands cris, tout juste comme dans une foire ou un marché hebdomadaire. On peut aussi se permettre d’entamer une conversation téléphonique, accessible à tous, de son siège de parlementaire avant de se diriger vers la sortie, à grands éclats de rire toujours.
Après tout, qu’est-ce qu’on manque ? Rien que ces éternelles conversations de paliers, dans un cercle où l’on accorde que très peu de crédit à la ponctualité. Vous verrez bien dans les semaines à venir, au cours du vote du budget gouvernemental, notre parlement reprendra des couleurs : corruption, retard, perte de temps, coup bas, discours creux et autres reprendront de plus belle. Mais là non plus ce n’est pas grave. Peu importe ce petit goût d’inachevé, peu importe cette impression de travail bâclé. On est enfin… député pour cinq ans au moins !





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Lundi 29 Juin 2009 04:41



Une démocratie ne se mesure ni par la pléthore de partis politiques ni par le nombre de journaux, encore moins par le nombre de radios ou chaînes de télévision qui l’enrichit, mais par l’indépendance de la justice, de la pensée, le respect des libertés et l’équilibre du pouvoir. Malheureusement au Bénin, l’acharnement gratuit et le musellement constant des médias sont en phase de tuer la démocratie. Tout le monde sait que le contre-pouvoir est pour la démocratie, ce que la virilité est pour l’homme car une démocratie sans contre-pouvoir n’est qu’une copie pâle de la monarchie. Mais face aux menaces sérieuses qui pèsent sur des journalistes politiquement incorrects, il existe dans la galaxie du pouvoir de très grosses gueules qui sont aujourd’hui, comme par enchantement, devenus des millionnaires du jour au lendemain. Ces corrompus de première classe ont l’habitude de dérouler un disque inamovible à refrain unique : notre Président-roi est un homme saint d’esprit qui a horreur du sang, de la violence, de l’injustice, des chantages... Toutes ces pratiques dignes d’un leveur de coude, ledit Président les entretient allègrement ! Et il faut croire que ses sujets ont été allaités à bonne dose, juste ce qu’il faut pour être capable de jeter des bouses de vache au domicile d’un ancien ministre, d’opposant politique, de brûler des domiciles de personnes privées, de synchroniser le saccage de rédactions sans défense et même de tuer en toute impunité… Ils sont très forts pour cela, mais assez mous également pour s’abriter derrière les moyens logistiques et financiers de l’Etat pour procéder à leurs forfaits. Et c’est justement pour cela qu’on peut affirmer que ces «tarés» au ventre plus impressionnant que l’intellect, ne sont ni plus ni moins que de pauvres lâches.


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Le projet initial de ce blog reste et restera la mise en garde et le questionnement citoyen des actions du Président que nous avons massivement élu en 2006. Cette année, dans notre rôle de filtre et de tampon entre le pouvoir et les populations, nous irons encore à la rencontre des internautes béninois pour leur demander, s’ils avaient en face d’eux le président de la République, de formuler des questions qu’ils auraient bien voulu lui poser et les réponses qu’ils attendent de sa part. Ces interrogations citoyennes, nous allons volontiers les soumettre au chef de l’Etat par tous les moyens.


Adressez à Yayi Boni vos préoccupations... A Vos Questions !
Les pessimistes, parmi nous, quant aux réalisations des multiples promesses électorales de Yayi Boni, ont eu raison de ceux qui espéraient une lueur venant du Palais de la Marina. Si comme on peut s’y attendre, le Président n’est pas prêt à se livrer au jeu des blogueurs, nous livrerons les questions citoyennes à des experts, les ressources humaines étant un des rares domaines où le Bénin ne connaît pas de crise ou de pénurie. Et qui plus est, la parole a horreur du vide. A défaut du président de la République, ces experts, qui marquent, dans cet espace d’échanges, leur haute estime pour leurs concitoyens, s’évertueront à donner des réponses à leurs interrogations ; des réponses assorties d’analyses et de commentaires prospectifs, à une séquence temporelle où la formule consacrée par des publicitaires, «aujourd’hui, c’est déjà demain», revêt davantage toute sa pertinence. Ce blog est et sera l’arbre à palabre des Béninois. Ils nous parleront dans leurs diversités et sans tabou, de leur espace de vie, de leurs angoisses et de leurs espoirs, de leur peur et de leur courage, de leur pessimisme et de leur optimisme, de leurs inquiétudes et de leurs certitudes, de s’adresser à la première institution du pays, le président de la République, dépositaire mais aussi locataire de leurs suffrages. Notre prétention n’est pas de faire un sondage d’opinions au sens classique du terme, mais tout juste de faire émerger les échos parfois silencieux de quelques vécus pour les livrer, à la perspicacité du chef de l’Etat ou, à défaut, à celle d’experts, «le bon sens étant la chose la mieux partagée».
L’année 2008 a été socialement et économiquement époustouflante mais 2009 le sera encore plus d’autant que l’économie mondiale entre de plain-pied en récession. Il ne sera donc pas surprenant que les questions liées à la cherté de la vie, aux hausses vertigineuses des prix des denrées de première nécessité et à celles des (sur)factures d’électricité malgré les délestages récurrents, la lancinante équation de l’emploi, battent le record dans les préoccupations citoyennes. D’ailleurs, elles épousent les clameurs et les fracas de mouvements de révolte qui consacrent petit à petit l’arrachement de l’espace d’expressions à la classe politique et autres figures classiques qui avaient la mainmise sur la parole publique. Ainsi, trois ans après l’aurore du changement, une terrible et terrifiante question, doit être posée au Président de la République : «Où va le Benin ?» Cette interrogation, à elle seule, résume le mal-vivre profond et l’inquiétude saisissante des Béninois face à des lendemains incertains, mais aussi l’ampleur des déceptions face à des promesses de fleurs qui se fanent au jour le jour. S’interroger ainsi sur l’avenir du Benin, c’est aussi une quête de sens, un besoin de trouver des réponses qui fondent de nouvelles raisons d’espérer. Sous les marges de silence ou dans les flagrances des mots qui tissent les textes des experts, nous osons espérer que les Béninois puiseront un viatique d’espoir pour affronter, avec un optimisme constructeur, le dernier virage de ce gouvernement têtu, «ventilateur» et qui se meurt silencieusement. A vos questions donc !


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