Les dessous de la politique


MARQUEE avec une BORDURE
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Lundi 11 Mai 2009 03:05



Lors de son dernier voyage en France, le Président béninois a rencontré les membres du Mouvement des Entrepreneurs de France (MEDEF). Il les a invités à venir investir au Bénin mais les patrons français n’apprécient pas la méthode Yayi qui consiste, depuis 2006, à traiter les opérateurs économiques français d’opérateurs bouche-trous occasionnels. Ainsi, pour une fois, il faut rendre à César ce qui est à César, Yayi Boni tient bien le coup.


MEDEF - France : Yayi Boni tient tête
Yayi Boni n’a de leçons à recevoir des investisseurs français. On sait depuis longtemps, et cela est également bien inscrit au fronton du MEDEF, «la France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts.» Si c’est donc le cas, pourquoi doit-on considérer que le Bénin devrait avoir des amis ? Le Bénin aussi n’a pas d’amis, il n’a que des intérêts et pour une fois, Yayi Boni l’a bien fait comprendre aux Français. Que reprochent donc les patrons français au premier des Béninois ? Son goût trop prononcé pour des véhicules allemands ou japonais ! Peut-on comparer Peugeot à Mercedes ou encore à Toyota ? Yayi Boni a-t-il un compte à rendre au Medef pour ses préférences ? L’arrogance des Français n’a jamais de limite par rapport aux pauvres pays africains. Le Medef reproche même au Président de n’avoir jamais participé à une manifestation officielle à bord d’une Peugeot. On a réellement envie de rire à gorge déployée… En tant que chef d’Etat d’un pays indépendant, Yayi Boni n’a-t-il pas le droit de choisir la voiture de son goût ? Pourquoi le groupe Bolloré s’irrite-t-il parce que le gouvernement piétine à lui attribuer les secteurs du port et de la manutention ? L’acquisition d’un marché béninois par des patrons français est-il est un droit ? Ne devons-nous pas nous aussi attribuer les marchés sur la base de nos intérêts ? Les Français veulent toujours tout contrôler en Afrique francophone et un Président pro français comme Matthieu Kérékou leur a fait croire que tout leur était permis. Yayi Boni qui, avouons-le, n’est pas moins francophile, essaie aujourd’hui de résister quelque peu à la pression française parce que la France n’est plus une si grande puissance économique et à côté d’elle, beaucoup d’autres forces émergentes ont vu le jour livrant la même prestation à un tarif concurrentiel. Les patrons français sont aujourd’hui amers et frustrés du fait que l’Etat béninois n’a plus recours aux appels d’offre et qu’il préfère attribuer les marchés à d’autres entreprises sur la base du gré à gré. Il est vrai que cette nouvelle attitude du gouvernement dit de Changement, n’honore pas notre pays mais qu’à cela ne tienne, le Bénin est un pays souverain qui peut décider de lui-même de son destin. Par contre, Yayi Boni et son gouvernement manquent de tact ; car on ne peut pas faire mine de tourner le dos à un pays et en même temps lui tendre la main. Il est aujourd’hui très peu évident que le Bénin puisse indépendamment vivre sans l’aide de la France. C’est seulement pour cette raison, qu’on peut quelque peu, reprocher à Yayi Boni le «drôle» de comportement qu’il entretient avec les patrons français.



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