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Avec la création de l’Union pour la Majorité Présidentielle Plurielle (UMPP), Yayi Boni et ses sbires ont récemment jeté un gros pavé dans la mare. Un pavé que l’opposition béninoise devait, en principe, saisir au bond. Mais comme à l'accoutumée, silence radio, les partis soi-disant d’opposition, sommeillent tranquillement, rêvant de la présidentielle 2011. Une présidentielle... qui leur tombera sûrement du ciel.
Les leaders des partis d'opposition
Yayi Boni ne se fait plus de soucis pour 2011. Entre son hypocrisie de se faire passer pour un homme apolitique et la nécessité pour un Président de disposer d’une machine électorale, il n’a pas eu le choix. La voie semble désormais tout tracée. Le destin de l’homme qui se dit providentiel, coquille vide et grand marchand d’illusion devait continuer sans grand souci si les choses restaient en l’état. Le tout-puissant Président béninois peut désormais dormir sur ses lauriers. L’opposition politique béninoise semble ne pas exister pour lui donner des insomnies. L’UMPP est née et la machine de la gagne est plus que jamais mise en place.
L’UMPP n'est pourtant que la copie littérale de l’UMP, le mouvement politique créé par le Président français Nicolas Sarkozy et qui a avalé tous les autres partis se réclamant de la droite française. Yayi Boni et ceux qui le soutiennent, ne sont pas allés chercher loin. Ils ont seulement fait un copier-coller de ce qui a été fait en France en prenant soin d’ajouter «Plurielle » pour faire moins dans le plagiat flagrant. Comme on peut le voir, il n’y eu ni effort de réflexion, ni souci d’originalité. Après tout, il n’y a pas de honte à copier ce qui se fait de bon sous d’autres cieux. Mais le seul problème, c’est que l’UMP n’est pas totalement l’UMPP. L’UMP est un parti rigoureusement structuré créé dans une vieille démocratie. Une démocratie dans laquelle, on observe la séparation des pouvoirs et dans laquelle les postes de responsabilité sont attribués non pas selon la religion, la région, la proximité ethnique, etc. mais selon la compétence de chacun. L’UMPP par contre, est un machin, tout le contraire de l’UMP. C’est un outil officiel pour gagner à tout prix la présidentielle de 2011. C’est également une machine de répression de journalistes et d’opposants politique. Tous les membres de l’UMPP y sont non pas par conviction politique mais par intérêt politique. C’est pour cela qu’on y observe déjà une guerre de leadership.
Si Abdoulaye Wade a «re-gagné» la présidentielle sénégalaise de 2007, c’est grâce au trucage du fichier électronique. La fraude a été organisée en amont sans que personne ne s’en rende compte. Les fraudeurs ont fini par faire des révélations des mois après la prestation de serment du Président sénégalais. L’opposition béninoise n’a jusqu’ici émis aucune réserve par rapport à la liste électorale permanente informatisée (LEPI) et cela est bien inquiétant. Dans un pays où la seule manière de s’en mettre rapidement plein les poches passe par la politique, il est rarissime de rencontrer des personnes se réclamant de l’opposition. On préfère faire allégeance au chef de l’Etat même si on n’apprécie pas sa politique plutôt que de se retrouver dans une traversée de désert qui peut parfois durer le temps d’un mandat. L’UMPP apparaît donc comme le rassemblement cynique des assoiffés d’argent facile et de profiteurs de régime. Yayi Boni n’avait pas besoin d’un tel appareil politique pour nous faire croire qu’il se préparait ardemment pour l’échéance présidentielle prochaine. L’UMPP montre de façon trop ostentatoire à quel point Yayi Boni veut tout faire pour conserver le pouvoir en 2011. Et plus inquiétant, off the record, Yayi Boni a commencé à rencontrer un par un les membres de l’opposition sans que personne ne sache ce qui se trame. L’opposition béninoise est en train de se faire ridiculiser et c'est le moins qu'on puisse dire. Elle ressemble de plus en plus à une opposition de pacotille qui ne réagit que pour défendre ses propres intérêts égoïstes. Elle est déjà gravement passée à côté de l’emprisonnement d’Andoche Amègnissè ainsi que de sa libération. Elle n’a plus de marge de manœuvre. Passer sous silence, la création de l’UMPP est criminel et croire que Yayi Boni a désormais toutes les chances de son côté est une grave erreur qu’elle devra regretter en 2011.
Après près d’un an en prison, Andoche Amègnissè, Président de l'Union des Laissés pour Compte a finalement recouvré la liberté. La pression a eu raison de Yayi Boni et de son gouvernement. Mais la libération du premier opposant au régime dit de changement ne doit pas nous faire oublier que nous sommes tous des Andoche Amègnissè et que l’épée de Damoclès plane toujours sur nous tous. Le Bénin vit des moments dangereux depuis 2006 et il faut le dire. Il n’est plus seulement question de l’embrigadement de nos libertés individuelles par ce régime mais il apparaît que nous faisons face à un pouvoir cynique bâti sur du mensonge permanent. Les promesses (pour ne pas dire comédies) électorales de l’économiste-Président sont malheureusement devenues de simples paperasses archivées et le rêve de milliers de Béninois est dangereusement devenu un cauchemar. Retour sur quelques promesses oubliées depuis trois ans.
Les observateurs politiques accordent souvent à juste titre de longs mois de temps de grâce à un nouveau gouvernement. C’est en fait, la période d’attente normale au cours de laquelle le gouvernement se met en place et au-delà de laquelle un jugement sérieux et raisonnable peut être politiquement correct. Certains observateurs accordent au nouvel élu le bénéfice du doute pendant un an mais au-delà de cette période, dans un pays démocratique, le gouvernement n’a plus droit au free pass. Il est logiquement confronté aux critiques du peuple, des médias et de l’opposition. Mais dans le cas de Yayi Boni, Président d’un pays en récession permanente, les Béninois et les médias ont tendance à lui décerner un laisser-passer gratuit qui va probablement durer cinq ans. Le Président béninois gouverne comme s’il était dans un pays autocratique. Il pilote le pays comme bon lui semble et selon ses humeurs. Il s’est accaparé de tous les pouvoirs et réprime inlassablement les moindres soupçons de critiques à son égard. Il a pourtant promis en son temps de «consolider et d’enraciner la démocratie, l’unité nationale et la paix». Des mots, rien que de mots vides pour tromper la vigilance du peuple béninois. Le Président Béninois est un égoïte imbu de sa personnalité et trop préoccupé par son image de marque. c'est un homme qui ne laisse aucune place à l'érection de point de vue divergeant sur ses décisions politiques. Il réprime toutes contradictions et toutes critiques. Depuis son élection à la tête du pays, il a réellement mis en danger notre démocratie.
Yayi Boni a promis aux Béninois «des travaux d’assainissement de Cotonou pour mettre fin aux inondations récurrentes provoquées par les eaux fluviales.» On ne lui reproche pas à mi-mandat, de n’avoir pas respecté sa promesse mais ce qu’on lui reproche, c’est sa passivité et son insouciance face aux inondations qui deviennent récurrentes année après année et qui ne donnent qu’une image pitoyable de notre pays. Mais ici, c’est silence radio, personne ne critique le Président, il réalise des échangeurs partout à Cotonou ! Tout va bien et les Cotonois sont contents.
Yayi Boni a promis aux Béninois de «mobiliser avec urgence, les financements nécessaires pour en finir avec le délestage». On a trop souvent l’impression que le Président et le peuple vivent dans deux mondes différents. Le délestage est aujourd'hui au Bénin, la chose la mieux partagée par tous. Même s’il est un peu difficile de lui reprocher de n’avoir pas respecté cette promesse en trois ans, on peut facilement lui reprocher son indifférence, son manque d’audace et son manque de créativité. On a trop souvent l'impression que Yayi Boni s'en fout !
Yayi Boni a promis aux Béninois de «restructurer les forces de sécurité publique, d’améliorer leurs formations et leurs conditions de travail afin qu’il n’y ait plus aucune excuse à l’insécurité dans notre pays… En tout état de cause, le grand banditisme sera éradiqué par tous les moyens légaux et très vite.» Il n’a même pas réussi à assurer sa propre sécurité en trois ans et le grand banditisme est de loin aujourd’hui au Bénin, l’activité criminelle la mieux sécurisée. Echec total sur toute la ligne.
Yayi Boni a promis qu’«En terme de création de richesse, la croissance économique réelle ressortirait à 6% dès 2006 puis à 7% et 8% en 2007 et 2008 pour atteindre ensuite 9 à 10% à partir de 2009. Une croissance réelle à deux chiffres devrait être réalisée à partir de 2010 et l’économie nationale sera durablement maintenue sur ce sentier.» Le climat des affaires est plus morose que jamais au Bénin. Aucun des chiffres évoqués dans le projet de société ne s’est (et ne sera) avéré. L’économiste-Président est conscient d’avoir menti et se plaît à ruiner progressivement le pays depuis trois ans. Masochiste sur les bords, il est insensible et Incapable de pouvoir maîtriser l’inflation et la hausse vertigineuse des prix des produits de premières nécessités, il s’est recroquevillé dans les sofas douillets de son bureau contemplant avec délectation la misère dans laquelle s’enlisent chaque jour des milliers de Béninois. Pour continuer de distraire les Béninois, il a créé la semaine dernière une commission nationale de gestion de l’impact de la crise économique et financière internationale sur le développement économique et social du Bénin. Une commission de plus pour attribuer des postes de responsabilités à ses proches ou à ses défenseurs religieux ou politiques.
Yayi Boni a promis aux Béninois de «renforcer la couverture sanitaire de tout le pays par l’implantation des centres de santé selon le ratio approprié, le déploiement du personnel nécessaire, l’amélioration des services ainsi que la réglementation de l’exercice des métiers de la santé.» Peut-être parlait-il d’un autre pays. Yayi Boni a convaincu certains Béninois que l’accouchement par césarienne est désormais gratuit mais dans le Bénin que nous connaissons jusqu’à présent, les femmes continuent d’accoucher à domicile, les nouveaux-nés et les mères continuent de mourir en masse faute de soins adéquats, les diplômés de la faculté de médecine continuent de refuser impunément de travailler dans des coins reculés de la ville et les hôpitaux sont toujours pour la plupart délabrés et dépourvus de tout.
Yayi Boni a également promis aux Béninois, de «s’appuyer sur des valeurs que sont la rigueur, le civisme, le bon comportement citoyen, la discipline, l’éthique, le respect de la chose publique, le travail bien fait, l’obligation de rendre compte et l’obligation de résultat... Tirant leçon de l’expérience de la gestion des affaires publiques dans notre pays et ailleurs dans le monde, je ferai en sorte à assurer une gouvernance de qualité basée sur une totale transparence et offrant la possibilité d’accéder librement à l’information à travers un « Cyber gouvernement » et d’autres modes accessibles à tous.» On n’a bien l’impression que s’il n’avait pas fait des études d’économie, il aurait pu choisir de faire la comédie. En proclamant à tue-tête «J'AI DECIDE DE DEMISSIONNER DE MES FONCTIONS DE PRESIDENT DE LA BOAD AFIN D'ETRE TOTALEMENT DISPONIBLE A VOS COTES POUR REALISER LE REVE QUE TOUS, VOUS CARESSEZ DEPUIS DES MOIS», Yayi Boni a prouvé à quel point il avait le contrôle de l’imaginaire des Béninois et qu’il peut faire le contraire de tout ce qu’il a promis sans que personne ne puisse lui reprocher quoi que ce soit. Il a réussi à nous faire croire qu’il était en mission divine et qu’il était le sauveur de la République, il a réussi à propager l’illusion qu’en cinq ans, il peut faire du Bénin un pays émergent, un Singapour de l’Afrique, un nouveau quartier Latin, un pays des droits de l’homme, une terre de toutes les opportunités, etc. etc. En mentant constamment, en érigeant la pensée unique comme modèle de gouvernement et en se présentant pour ce qu’il n’est pas, Yayi Boni a ruiné sa propre image et signe en douceur son arrêt de mort. Assurément, 2011 n’en sera que la consécration.
Yayi Boni a promis aux Béninois «des travaux d’assainissement de Cotonou pour mettre fin aux inondations récurrentes provoquées par les eaux fluviales.» On ne lui reproche pas à mi-mandat, de n’avoir pas respecté sa promesse mais ce qu’on lui reproche, c’est sa passivité et son insouciance face aux inondations qui deviennent récurrentes année après année et qui ne donnent qu’une image pitoyable de notre pays. Mais ici, c’est silence radio, personne ne critique le Président, il réalise des échangeurs partout à Cotonou ! Tout va bien et les Cotonois sont contents.
Yayi Boni a promis aux Béninois de «mobiliser avec urgence, les financements nécessaires pour en finir avec le délestage». On a trop souvent l’impression que le Président et le peuple vivent dans deux mondes différents. Le délestage est aujourd'hui au Bénin, la chose la mieux partagée par tous. Même s’il est un peu difficile de lui reprocher de n’avoir pas respecté cette promesse en trois ans, on peut facilement lui reprocher son indifférence, son manque d’audace et son manque de créativité. On a trop souvent l'impression que Yayi Boni s'en fout !
Yayi Boni a promis aux Béninois de «restructurer les forces de sécurité publique, d’améliorer leurs formations et leurs conditions de travail afin qu’il n’y ait plus aucune excuse à l’insécurité dans notre pays… En tout état de cause, le grand banditisme sera éradiqué par tous les moyens légaux et très vite.» Il n’a même pas réussi à assurer sa propre sécurité en trois ans et le grand banditisme est de loin aujourd’hui au Bénin, l’activité criminelle la mieux sécurisée. Echec total sur toute la ligne.
Yayi Boni a promis qu’«En terme de création de richesse, la croissance économique réelle ressortirait à 6% dès 2006 puis à 7% et 8% en 2007 et 2008 pour atteindre ensuite 9 à 10% à partir de 2009. Une croissance réelle à deux chiffres devrait être réalisée à partir de 2010 et l’économie nationale sera durablement maintenue sur ce sentier.» Le climat des affaires est plus morose que jamais au Bénin. Aucun des chiffres évoqués dans le projet de société ne s’est (et ne sera) avéré. L’économiste-Président est conscient d’avoir menti et se plaît à ruiner progressivement le pays depuis trois ans. Masochiste sur les bords, il est insensible et Incapable de pouvoir maîtriser l’inflation et la hausse vertigineuse des prix des produits de premières nécessités, il s’est recroquevillé dans les sofas douillets de son bureau contemplant avec délectation la misère dans laquelle s’enlisent chaque jour des milliers de Béninois. Pour continuer de distraire les Béninois, il a créé la semaine dernière une commission nationale de gestion de l’impact de la crise économique et financière internationale sur le développement économique et social du Bénin. Une commission de plus pour attribuer des postes de responsabilités à ses proches ou à ses défenseurs religieux ou politiques.
Yayi Boni a promis aux Béninois de «renforcer la couverture sanitaire de tout le pays par l’implantation des centres de santé selon le ratio approprié, le déploiement du personnel nécessaire, l’amélioration des services ainsi que la réglementation de l’exercice des métiers de la santé.» Peut-être parlait-il d’un autre pays. Yayi Boni a convaincu certains Béninois que l’accouchement par césarienne est désormais gratuit mais dans le Bénin que nous connaissons jusqu’à présent, les femmes continuent d’accoucher à domicile, les nouveaux-nés et les mères continuent de mourir en masse faute de soins adéquats, les diplômés de la faculté de médecine continuent de refuser impunément de travailler dans des coins reculés de la ville et les hôpitaux sont toujours pour la plupart délabrés et dépourvus de tout.
Yayi Boni a également promis aux Béninois, de «s’appuyer sur des valeurs que sont la rigueur, le civisme, le bon comportement citoyen, la discipline, l’éthique, le respect de la chose publique, le travail bien fait, l’obligation de rendre compte et l’obligation de résultat... Tirant leçon de l’expérience de la gestion des affaires publiques dans notre pays et ailleurs dans le monde, je ferai en sorte à assurer une gouvernance de qualité basée sur une totale transparence et offrant la possibilité d’accéder librement à l’information à travers un « Cyber gouvernement » et d’autres modes accessibles à tous.» On n’a bien l’impression que s’il n’avait pas fait des études d’économie, il aurait pu choisir de faire la comédie. En proclamant à tue-tête «J'AI DECIDE DE DEMISSIONNER DE MES FONCTIONS DE PRESIDENT DE LA BOAD AFIN D'ETRE TOTALEMENT DISPONIBLE A VOS COTES POUR REALISER LE REVE QUE TOUS, VOUS CARESSEZ DEPUIS DES MOIS», Yayi Boni a prouvé à quel point il avait le contrôle de l’imaginaire des Béninois et qu’il peut faire le contraire de tout ce qu’il a promis sans que personne ne puisse lui reprocher quoi que ce soit. Il a réussi à nous faire croire qu’il était en mission divine et qu’il était le sauveur de la République, il a réussi à propager l’illusion qu’en cinq ans, il peut faire du Bénin un pays émergent, un Singapour de l’Afrique, un nouveau quartier Latin, un pays des droits de l’homme, une terre de toutes les opportunités, etc. etc. En mentant constamment, en érigeant la pensée unique comme modèle de gouvernement et en se présentant pour ce qu’il n’est pas, Yayi Boni a ruiné sa propre image et signe en douceur son arrêt de mort. Assurément, 2011 n’en sera que la consécration.
Lors de son dernier voyage en France, le Président béninois a rencontré les membres du Mouvement des Entrepreneurs de France (MEDEF). Il les a invités à venir investir au Bénin mais les patrons français n’apprécient pas la méthode Yayi qui consiste, depuis 2006, à traiter les opérateurs économiques français d’opérateurs bouche-trous occasionnels. Ainsi, pour une fois, il faut rendre à César ce qui est à César, Yayi Boni tient bien le coup.
Yayi Boni n’a de leçons à recevoir des investisseurs français. On sait depuis longtemps, et cela est également bien inscrit au fronton du MEDEF, «la France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts.» Si c’est donc le cas, pourquoi doit-on considérer que le Bénin devrait avoir des amis ? Le Bénin aussi n’a pas d’amis, il n’a que des intérêts et pour une fois, Yayi Boni l’a bien fait comprendre aux Français. Que reprochent donc les patrons français au premier des Béninois ? Son goût trop prononcé pour des véhicules allemands ou japonais ! Peut-on comparer Peugeot à Mercedes ou encore à Toyota ? Yayi Boni a-t-il un compte à rendre au Medef pour ses préférences ? L’arrogance des Français n’a jamais de limite par rapport aux pauvres pays africains. Le Medef reproche même au Président de n’avoir jamais participé à une manifestation officielle à bord d’une Peugeot. On a réellement envie de rire à gorge déployée… En tant que chef d’Etat d’un pays indépendant, Yayi Boni n’a-t-il pas le droit de choisir la voiture de son goût ? Pourquoi le groupe Bolloré s’irrite-t-il parce que le gouvernement piétine à lui attribuer les secteurs du port et de la manutention ? L’acquisition d’un marché béninois par des patrons français est-il est un droit ? Ne devons-nous pas nous aussi attribuer les marchés sur la base de nos intérêts ? Les Français veulent toujours tout contrôler en Afrique francophone et un Président pro français comme Matthieu Kérékou leur a fait croire que tout leur était permis. Yayi Boni qui, avouons-le, n’est pas moins francophile, essaie aujourd’hui de résister quelque peu à la pression française parce que la France n’est plus une si grande puissance économique et à côté d’elle, beaucoup d’autres forces émergentes ont vu le jour livrant la même prestation à un tarif concurrentiel. Les patrons français sont aujourd’hui amers et frustrés du fait que l’Etat béninois n’a plus recours aux appels d’offre et qu’il préfère attribuer les marchés à d’autres entreprises sur la base du gré à gré. Il est vrai que cette nouvelle attitude du gouvernement dit de Changement, n’honore pas notre pays mais qu’à cela ne tienne, le Bénin est un pays souverain qui peut décider de lui-même de son destin. Par contre, Yayi Boni et son gouvernement manquent de tact ; car on ne peut pas faire mine de tourner le dos à un pays et en même temps lui tendre la main. Il est aujourd’hui très peu évident que le Bénin puisse indépendamment vivre sans l’aide de la France. C’est seulement pour cette raison, qu’on peut quelque peu, reprocher à Yayi Boni le «drôle» de comportement qu’il entretient avec les patrons français.
Les Béninois sont encore très nombreux à croire que le vodoun est l’émanation du diable. Une perception réductrice qui ne repose que sur des considérations religieuses trop simplistes et trop égoïstes pour convaincre.
Pour ceux qui y croient, le vodoun conjure le mauvais sort et comme toute religion, il a une tendance au pardon et à la paix. Le vodoun est donc une religion au même titre que le catholicisme, le protestantisme, l’islam, etc. Il a également un Dieu unique (Mahu) et n'a jamais cessé de battre au coeur du Bénin. Et spécialement à Ouidah, cité nonchalante au bord d'une mer étincelante. Le catholicisme s'est même superposé à lui sans le remplacer. D’ailleurs, quand les Portugais sont arrivés, nos vodounons leur ont offert le terrain pour construire leur basilique. C'est pour cela qu'elle est en face du temple du Python. Il y a quelques temps, dans une lettre ouverte, je proposais à Yayi Boni de se servir du Vodoun pour faire en sorte que notre pays soit un peu plus connu dans le monde. Je lui avais proposé le FIVOB (Festival International de Vodoun du Bénin) qui serait à mon avis, une grande occasion pour faire entrer du pognon dans le pays. Comment ne pas mettre en lumière Ouidah, Porto-Novo et Abomey ! Quand on repart de ces villes, on a toujours l'impression d'avoir effleuré un autre univers. C'est ici, chez nous, le long du golfe de Guinée, qu'est né le vodoun. Les esclaves l'ont emmené avec eux à Haïti, à Cuba et au Brésil. En 1993, sous le patronage de l'Unesco, un grand rassemblement de tous les vodounons du monde a officialisé cette tranche d'histoire africaine. Personne ne peut prouver que le vodoun n'est pas la religion originelle du Bénin mais on peut en revanche prouver que le christianisme est venu avec l’arrivée des Blancs prétextant de nous apporter la civilisation. Et sans juger ou condamner ceux qui le pratiquent, on peut même affirmer que le christianisme est une religion importée qui nous détourne de nos réalités endogènes. Mettre en valeur le vodoun pour vendre le Bénin à l’étranger, c’est réhabiliter certains aspects positifs de notre tradition et notre identité culturelle.
Le vodoun et la politique
Au Bénin, le vodoun est devenu un enjeu politique. En 1996, l'Eglise a ouvertement soutenu le candidat Matthieu Kérékou qui a fait campagne la bible en main. Et les candidats à l’élection présidentielle ne se gênent pas pour invoquer le nom de Dieu à chaque sortie publique. En 2006, une messe ayant été dite à l’église Notre Dame pour une présidentielle pacifique, a connu la présence de presque tous les candidats. A la sortie de la messe, les discours étaient affûtés : «Nous gagnerons les élections s’il plaît à Dieu », « Nous passerons dès le 1er tour par la grâce de Dieu», «Nous ferons un bon score si Dieu le veut». C’est dire que les hommes politiques béninois sont trop facilement arrivés à conclure qu’en brandissant la bible et le nom de Dieu, ils arriveraient à leurs fins. Et ils n’ont pas tort ! L’élection de Kérékou et celle plus récente de Yayi Boni en sont des preuves majeures. Les Béninois sont souvent trop rapidement convaincus qu’un candidat qui ne parle que de Dieu est capable d’être un président intègre et juste. Mais l’histoire est là pour nous prouver le contraire. Quel crime a commis Nicéphore Soglo, lui qui a parrainé la Journée du vodoun de l'Unesco et qui a institué la «Journée des religions traditionnelles» ? Tout le monde lui en a voulu comme si ce faisant, il avait commis un sacrilège. Instaurer une journée de vodoun est-il plus dangereux que de piller l’économie d’un pays ? Kérékou par démagogie, avait identifié l'ennemi pour son libéralisme et son attachement aux traditions : «Nicéphore Soglo a vendu le Bénin aux forces de l'argent et aux puissances de la nuit.» affirme-t-il et dans le même temps, le Cardinal Bernadin Gantin (paix, tout de même, à son âme) qui n’a pas digéré l’institution d’une telle journée, a aussitôt décrété une campagne du tout sauf Soglo. Le rôle de ce leader d’opinion dans le choix des électeurs béninois a été alors fatal pour le pays. C’est ainsi qu’il faudra lire en partie, l’échec de Soglo à l’élection présidentielle à l’époque. Toute autre explication relèverait de la pure invention et de l’hypocrisie. On estime aujourd’hui à 60% le nombre de pratiquants béninois de cette religion et si elle était aussi dangereuse que certains tentent de le démontrer, on peut bien se demander ce que le pape Jean-Paul II est allé chercher dans ses couvents lors de son voyage en 1993 au Bénin.
«Le vodoun existe»
Y a-t-il un mal de créer le FIVOB qui va permettre aux Béninois d’ici et de la diaspora de s’octroyer une fois l’an, des moments de joie, de rencontres, de retrouvailles et de loisirs au travers des danses de revenants ou autres dans les rues au son des tambours ? Y a-t-il quelque chose de choquant de faire du Bénin la plate-forme culturelle du monde le temps d’un festival international du vodoun auquel participeraient les touristes du monde ? Pourquoi ne veut-on pas de se servir de cette immense richesse que nos ancêtres nous ont léguée pour faire de notre pays un grand pays touristique ? Pourquoi des intellectuels vont-ils continuer à élucubrer et à s’engouffrer dans des débats triviaux tels que «le vodoun est la source de nos malheurs» ou encore «le vodoun est responsable de la pauvreté du Bénin» ? Le Bénin a été le quartier latin de l’Afrique dans années 60 et entendre des Béninois raisonner ainsi aujourd’hui montre que d’autres pays ont bien fait de nous ravir ce titre. Rien ne saurait justifier la remise en question de l’organisation du FIVOB encore moins celle de la journée du Vodoun si ce n’est le fanatisme débridé et arriérant des néo-chrétiens que nous avons au pouvoir et qui ne peuvent pas concevoir que d’autres puissent croire à autre chose qu’à «leur» Dieu. «Si vous me demandez si je crois au vodoun. Je vous répondrai que le vodoun existe», dixit le Professeur Honnorat Aguessy, fondateur de l'Institut de développement et d'échanges endogènes (Idee). Diriez-vous du professeur qu’il est un rigolo, lui qui chaque année assure des modules de 200 heures destinés aux étudiants des universités, où l'on enseigne les traditions africaines et les secrets du vodoun ? Et que dire du père Jacob Agossou, qui officie à la cathédrale Sainte-Rita et qui reconnaît que «Toute religion est ouverture vers le spirituel.» Et qu’ «il y a dans le christianisme une dimension insaisissable que nous avons héritée des religions traditionnelles» ? Le débat est donc plus que jamais ouvert, s'il est dépassionné.
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Patient ATCHO
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