Les autorités béninoises et notamment le ministre de l’Intérieur a fait une déclaration quelques heures après cette marche des syndicats qui n’a pu se tenir. Le ministre de la sécurité a clairement fait savoir, contrairement aux informations qui circulent et les déclarations des syndicalistes que le président Boni Yayi et son ministre chargé de la sécurité, Armand Zinzindohoué, n’ont jamais interdit la marche des syndicalistes. La vérité selon le ministre est que les Centrales syndicales n’ont pas reçu l’autorisation qu’il faut au niveau des autorités compétentes et qui devait leur permettre de manifester. Cela sous entend que les syndicats devraient recevoir l’avis favorable de la préfecture et de la mairie de Cotonou puis par la suite du ministre de l’Intérieur avant de conduire leurs militants dans la rue. Or ce n’est pas ici le cas. On se demandait donc pourquoi cette marche n’a pas été autorisée et pourquoi les syndicats sans autorisation s’étaient-ils entêtés pour aller dans la rue affronter les forces de l’ordre ? Le gouvernement pour sa part veut éviter des troubles à l’ordre public parce que la plupart de ces syndicats selon des proches du pouvoir sont manipulés par des politiciens assoiffés du pouvoir. Les syndicats de leur côté tenaient malgré le refus d’autorisation à marcher ce qui pourrait déboucher sur des affrontements et la violence dans les rues, ce qu’il faut à tout prix éviter. En réalité, ce comportement des syndicats est considéré par les hommes au pouvoir comme étant une violation des lois en vigueur d’autant plus que des dispositions prévoient la démarche à suivre et les conditions dans lesquelles de telles marches peuvent être organisées. Pendant que les syndicats qui n’ont pu se manifester dénoncent les mesures prises par les autorités pour sécuriser les lieux, le ministre de la sécurité déclare que ni le chef de l’Etat, ni son gouvernement n’a l’intention d’empêcher la jouissance des libertés publiques ainsi que la liberté de la presse.
In le Matin