Les dessous de la politique

MARQUEE avec une BORDURE
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Si la réhabilitation annoncée, il y a quelques jours, du ministre de l’Urbanisme François Noudégbêssi est avérée, il y a de quoi commencer à avoir peur du leadership et des discours de Yayi Boni.


François Noudégbêssi, ministre de l’Urbanisme. Que voit-il lorsqu'il se regarde dans le miroir ?
François Noudégbêssi, ministre de l’Urbanisme. Que voit-il lorsqu'il se regarde dans le miroir ?

Yayi Boni doit être le seul Président au monde qui vomit et qui ravale ses vomissures. Quand est-ce que le Président béninois cessera-t-il de se couvrir de honte ? Comment peut-on soi-même creuser sa propre tombe politique ? Yayi Boni a-t-il oublié qu’il se bat bec et ongle pour sauver son fauteuil en 2011 ? Quel gâteau offre-t-il ainsi à l’opposition ? L’opposition saura-t-elle s’en saisir ? Quelle que soit la décision de la commission Stanislas Pognon, commission soi-disant indépendante ayant enquêté sur l’implication ou non du ministre de l’urbanisme dans l’affaire Cen-Sad, il n’est normalement pas question de le réhabiliter dans sa fonction de ministre. Qui conseille Yayi Boni dans ses décisions ? Ce Président a-t-il perdu la tête ? La décision de Yayi Boni est une décision immature, fantaisiste, inintelligente et trop flagrante de par l’incurie de son auteur. La précipitation qui l’a accompagnée est le reflet de l’amateurisme bâti sur fond de mensonges avec lequel il a dirigé le pays jusqu’aujourd’hui. Les Béninois avaient trop vite fait de tirer un coup de chapeau au Président de la République lors du conseil des ministres du 10 juillet dernier. Mais ceci se justifiait dans l’imaginaire collectif d’autant que comme le dossier Cen-sad a fait l’objet d’un grand débat national, le commun des Béninois croyait que le Président avait ainsi tapé du point sur la table. On a pu tout lui reprocher mais il est indéniable de ne pas reconnaître qu’il disait parfois la vérité. Félix Houphouët Boigny avait toujours hurlé qu’on ne gouverne pas un pays avec un cœur de femme. Les événements nous montrent aujourd’hui au Bénin que nous avons un Président qui gouverne avec un cœur de femme. Yayi Boni est un Président qui n’est pas capable de rester ferme et d’assumer ses décisions. Depuis qu’il est au pouvoir, il ne cesse de laisser transparaître qu’il n’est qu’un Président frêle et débile, facilement manipulable.  Pour des raisons électoralistes, Yayi Boni a simplement jeté les armes. En effet, les partisans du ministre démis ainsi que les militants-Fcbe (Forces cauris pour un Bénin émergent – Section Porto-Novo) n’avaient jamais digéré la révocation somme toute légitime de leur protégé. Ils ont menacé de faire voir de toutes les couleurs à Yayi Boni à Avrankou au cours de la prochaine élection présidentielle si ce dernier ne revenait pas sur sa décision. Le Président béninois devenant de plus en plus dépendant du pouvoir, il a cédé. Il nous a maintenant montré qu’il est capable de vendre le pays pour se faire réélire. Mais ce qu’il oublie, c’est que l’histoire politique béninoise nous a toujours montré qu’Avrankou n’a jamais joué un rôle majeur dans le choix d’un Président. Doit-on faire plaisir à une localité au détriment de tout le pays ? Ce n’est pas Avrankou qui déterminera l’élection du prochain Président de la République du Bénin. Que ce soit clair pour les Béninois, François Gbénoukpo Noudégbêssi, ministre de l’Urbanisme, de l’habitat, de la réforme foncière et de la lutte contre l’érosion côtière qui a été déchargé n’est pas blanc comme neige dans cette affaire. Yayi Boni vient seulement de commettre une grosse erreur. Les derniers développements du dossier de corruption démontrent qu’il est bel et bien au cœur du scandale Cen-Sad. En l’occurrence, la dernière sortie médiatique du syndicat du secteur des finances l’a plongé complètement et si la commission Kpognon était aussi indépendante comme on essaie de nous le faire avaler, elle ne peut pas ne pas le savoir. Trêve de mensonges. M. Noudégbêssi a géré seul et de manière unilatérale tout le processus de passation de marché gré à gré avec l’Agetur. C’est inacceptable de le réhabiliter même si on accompagne le communiqué de la mention « Noudégbêssi demeure à la disposition de la justice ». Il est encore plus grave pour un gouvernement digne du nom de réhabiliter un ministre qui demeure à la disposition de la justice. Si le ridicule tuait au Bénin, le ministre lui-même n’accepterait pas de revenir aux affaires et comme le ridicule ne tue pas au Bénin, Yayi Boni nous en met désormais plein les yeux tout en oubliant que le jugement  de 2011 est déjà à nos portes.

Patient ATCHO



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