Les dessous de la politique

MARQUEE avec une BORDURE
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Du constat quotidien d’une gestion cacophonique du pouvoir, aux inquiétudes réelles des barons et fidèles du pouvoir Yayi Boni, en passant par le verdict des oracles, tous sont formels : le Président béninois va droit vers un échec en 2011, sauf circonstance exceptionnelle.




Lorsque le Président, ou plus exactement le Docteur Yayi Boni, comme aiment le qualifier les jouisseurs, a été élu en 2006, il a réalisé quelque chose d’inédit dans l’arène politique au Bénin. D’une part, un illustre inconnu, du moins au plan politique réalise un score sans appel : plus de 75%, presqu’un plébiscite, puisqu’il y avait 25 candidats en lice, et, d’autre part, le seul Président bien élu depuis le renouveau démocratique ; son élection n’a été contestée ni par les autres candidats, ni par le peuple, chose plutôt rare dans un pays où le recours quasi systématique de tout à l’arbitrage de la Cour Constitutionnelle est ancrée dans les mœurs.

Pourtant, à deux ans de fin de mandat, le Président-Docteur s’est curieusement illustré par sa capacité à sécréter lui-même une opposition foudroyante, par ses méthodes cacophoniques de travail, son absence emblématique à identifier les collaborateurs compétents (ce que les américains qualifient d’erreur de jugement), sa puissance légendaire à éjecter les collaborateurs qui acquièrent une popularité par leur maîtrise technique des dossiers. Bref, sa gestion se fait sans pédagogie aucune, dans le flottement le plus profond (des ministres nommés sans consultation qui déclinent l’offre empoissonnée, des personnalités nommées sans enquête de moralité préalable, des conseillers d’une incompétence mythologique, etc.), tout ceci dans l’imprévisibilité absolue.

C’est du député Edgar Alia, baron du régime, ancien ministre du tout puissant ministère de l’intérieur, qu’est récemment venue une analyse assez surprenante de la situation politique du pays. En fin connaisseur des arcanes du pouvoir, Edgar Alia a publiquement révélé que le régime de Yayi Boni donnait des signes prémonitoires d’un cuisant échec en 2011. Qui peut donc dire mieux ? Celui qui est au cœur du pouvoir et qui renseigne sur sa gestion est plus crédible que tous ceux qui font des élucubrations et autres supputations. La thèse d’Edgar Alia s’appuie sur deux constats non moins solides.

Dans un premier temps, son diagnostic est emprunt des faits incontestables de corruption, à hauteur de scandales. Le régime Yayi Boni est corrompu jusqu’aux moelles épinière et osseuse. Par une clause de style, Mr Alia nous informe que même Yayi Boni est corrompu. Les termes employés sont assez claires : il y a des corrompus dans le cercle rapproché de Yayi Boni, un cercle que le Président protège et entretient. Lorsque la corruption atteint ce degré, avec des contrats de gré à gré de l’ordre de quatre milliard de francs FCA, un collectif budgétaire aux chiffres faramineux déjà exécuté sans autorisation du parlement, toute chose contraire à l’orthodoxie financière, le peuple n’a qu’une seule sanction dans l’isoloir : carton rouge.

Dans un deuxième temps, l’honorable Alia pioche dans la rencontre des forces politiques récemment tenue à Bohicon. Il est, on ne peut plus catégorique : une opposition foudroyante s’organise et risque de faire très mal à Yayi Boni. En fait, Mr Alia touche quelque chose que le profane ignore, la stratégie politique. Et le député de conclure : en son temps nous allons les dénoncer, nous serons aux trousses de ces corrompus qui exploitent le peuple et qui prétendent œuvrer pour son bonheur dans de grosses cylindrées de dernières marques. A en croire l’ancien ministre, Yayi Boni ne veut pas, ou ne peut plus lutter contre la corruption. Ses descentes improvisées et ses discours intempestifs sur le phénomène ne sont ni plus ni moins que de la poudre aux yeux. Mais tout cela suffit-il à affirmer que Yayi Boni peut perdre les élections 2011 ? Déjà, malgré le mécontentement de la quasi-totalité de la classe politique béninoise, un consensus surprenant a été noté il y a quelques semaines : les parlementaires ont voté à l’unanimité le budget 2009, après avoir critiqué et rejeté un mois auparavant son contenu ainsi que le collectif budgétaire. D’autres surprises attendent encore les Béninois et tout le monde sait que Yayi Boni a plus d’un tour dans son sac. Just wait and see.




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