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Vendredi 10 Juillet 2009
05:17
Les pays riches et puissances émergentes sont tombés d'accord jeudi pour résister aux sirènes du protectionnisme et boucler l'an prochain le cycle de négociations commerciales de Doha pour la libéralisation des échanges. Sur le climat en revanche, chaque camp attend des initiatives de l'autre.
Barack Obama et Stephen Harper, premier ministre du Canada
Au deuxième des trois jours du sommet du G-8 à L'Aquila, dans le centre de l'Italie, les huit (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Japon, Canada, Russie) ont été rejoints à la table des discussions par le G-5 des principales économies en développement: le Brésil, la Chine, l'Inde, le Mexique et l'Afrique du Sud, invités pour la cinquième année consécutive à réfléchir aux problèmes du monde, avec cette fois l'Egypte en invité spéciale. Le grand absent de ce rendez-vous économique mondial est le président chinois Hu Jintao, rentré précipitamment à Pékin pour cause de crise ouïghoure.
Conclure le cycle de Doha entamé en 2001 est devenu une priorité à l'heure où la crise économique pourrait inciter certains pays à se réfugier dans le protectionnisme, l'un des facteurs-clés de la Dépression des années 1930. Le G-8 et le G-5+1 s'engagent donc "à maintenir et promouvoir l'ouverture des marchés et à rejeter toute mesure protectionniste dans le commerce et l'investissement", selon un projet de déclaration signé par 17 pays (G-8, G-5+1, Australie, Indonésie et Corée du Sud) et dont l'Associated Press a obtenu une copie.
Initialement prévu pour s'achever en 2004, le cycle actuel de négociations à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) achoppe depuis plusieurs années sur la levée des barrières douanières et la suppression des subventions dans le monde. Les signataires de la déclaration de L'Aquila demandent aux ministres du Commerce de se réunir avant le sommet du G-20 -pays riches et en développement-à Pittsburgh (Pennsylvanie, est des Etats-Unis), les 24 et 25 septembre.
L'OMC a mis en garde contre des pratiques de plus en plus fréquentes de protectionnisme qui pourraient étrangler les échanges dans le monde. Le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, table sur un recul de 10% des échanges commerciaux cette année, au lieu des 9% anticipés jusque-là, voire 14% pour les exportations des pays riches et 7% pour celles des pays en développement.
De son côté, le G-5 s'estime victime d'une crise "dont il n'est pas à l'origine" et estime que conclure le cycle de Doha aiderait à "rétablir la confiance dans les marchés mondiaux et contrer les tendances protectionnistes émergentes".
Une trentaine de négociateurs commerciaux, notamment de l'Union européenne et des Etats-Unis, se retrouveront en Inde début septembre dans l'espoir d'accomplir des progrès vers l'élimination des barrières douanières et des subventions agricoles, les premiers depuis l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche en janvier. Les ministres feront le point sur l'état des travaux au G-20 de Pittsburgh, selon l'ambassadeur indien à l'OMC Ujal Singh Bhatia.
Le G-8 et le G-5 plus l'Egypte se sont par ailleurs engagés à éviter de recourir à la dévaluation de la monnaie pour avantager leurs exportations, afin de ne pas déstabiliser le système monétaire international. La ministre française de l'Economie Christine Lagarde s'est ainsi récemment élevée contre la dévaluation de la livre britannique par rapport à l'euro.
Quant au climat, il a donné lieu à l'habituelle partie de ping-pong entre pays riches et pays émergents jeudi, alors que la veille le G-8 s'était mis d'accord pour la première fois sur la nécessité de limiter l'élévation des températures à 2 degrés Celsius maximum, ainsi que sur une réduction des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 80% à l'horizon 2050. Les dirigeants n'ont cependant pas fixé d'objectif à court terme ni pris d'engagement financier ou technologique pour aider les pays pauvres confrontés au changement climatique.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a reproché leur timidité aux Huit jeudi, les exhortant à proposer des financements aux pays pauvres afin qu'ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre et s'adaptent aux effets du réchauffement climatique. "C'est un impératif politique et moral et une responsabilité historique des dirigeants pour l'avenir de l'humanité, et même pour l'avenir de la planète Terre", a-t-il déclaré en marge du sommet.
Le prochain grand rendez-vous du climat sera celui de Copenhague, au Danemark, en décembre, pour la négociation d'un nouveau traité destiné à succéder au protocole de Kyoto de 1997, qui expire en 2012.
© The Associated press
Conclure le cycle de Doha entamé en 2001 est devenu une priorité à l'heure où la crise économique pourrait inciter certains pays à se réfugier dans le protectionnisme, l'un des facteurs-clés de la Dépression des années 1930. Le G-8 et le G-5+1 s'engagent donc "à maintenir et promouvoir l'ouverture des marchés et à rejeter toute mesure protectionniste dans le commerce et l'investissement", selon un projet de déclaration signé par 17 pays (G-8, G-5+1, Australie, Indonésie et Corée du Sud) et dont l'Associated Press a obtenu une copie.
Initialement prévu pour s'achever en 2004, le cycle actuel de négociations à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) achoppe depuis plusieurs années sur la levée des barrières douanières et la suppression des subventions dans le monde. Les signataires de la déclaration de L'Aquila demandent aux ministres du Commerce de se réunir avant le sommet du G-20 -pays riches et en développement-à Pittsburgh (Pennsylvanie, est des Etats-Unis), les 24 et 25 septembre.
L'OMC a mis en garde contre des pratiques de plus en plus fréquentes de protectionnisme qui pourraient étrangler les échanges dans le monde. Le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, table sur un recul de 10% des échanges commerciaux cette année, au lieu des 9% anticipés jusque-là, voire 14% pour les exportations des pays riches et 7% pour celles des pays en développement.
De son côté, le G-5 s'estime victime d'une crise "dont il n'est pas à l'origine" et estime que conclure le cycle de Doha aiderait à "rétablir la confiance dans les marchés mondiaux et contrer les tendances protectionnistes émergentes".
Une trentaine de négociateurs commerciaux, notamment de l'Union européenne et des Etats-Unis, se retrouveront en Inde début septembre dans l'espoir d'accomplir des progrès vers l'élimination des barrières douanières et des subventions agricoles, les premiers depuis l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche en janvier. Les ministres feront le point sur l'état des travaux au G-20 de Pittsburgh, selon l'ambassadeur indien à l'OMC Ujal Singh Bhatia.
Le G-8 et le G-5 plus l'Egypte se sont par ailleurs engagés à éviter de recourir à la dévaluation de la monnaie pour avantager leurs exportations, afin de ne pas déstabiliser le système monétaire international. La ministre française de l'Economie Christine Lagarde s'est ainsi récemment élevée contre la dévaluation de la livre britannique par rapport à l'euro.
Quant au climat, il a donné lieu à l'habituelle partie de ping-pong entre pays riches et pays émergents jeudi, alors que la veille le G-8 s'était mis d'accord pour la première fois sur la nécessité de limiter l'élévation des températures à 2 degrés Celsius maximum, ainsi que sur une réduction des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 80% à l'horizon 2050. Les dirigeants n'ont cependant pas fixé d'objectif à court terme ni pris d'engagement financier ou technologique pour aider les pays pauvres confrontés au changement climatique.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a reproché leur timidité aux Huit jeudi, les exhortant à proposer des financements aux pays pauvres afin qu'ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre et s'adaptent aux effets du réchauffement climatique. "C'est un impératif politique et moral et une responsabilité historique des dirigeants pour l'avenir de l'humanité, et même pour l'avenir de la planète Terre", a-t-il déclaré en marge du sommet.
Le prochain grand rendez-vous du climat sera celui de Copenhague, au Danemark, en décembre, pour la négociation d'un nouveau traité destiné à succéder au protocole de Kyoto de 1997, qui expire en 2012.
© The Associated press
lesdessousdelapolitique@ebeninois.com
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