|
La démonopolisation des ondes dans les années 90, a radicalement changé le paysage audiovisuel béninois. Il existe aujourd’hui au Bénin un vrai pluralisme audiovisuel avec pratiquement six chaînes privées. A une exception près, toutes ces petites télévisions qui poussent un peu partout sont des télévisions commerciales c’est-à-dire des télévisions qui tirent leurs revenus à partir des recettes publicitaires. La télévision étant un investissement onéreux et audacieux, elle ne peut survivre et jouer son rôle que si elle bénéficie de la générosité des annonceurs. Mais malheureusement, au Bénin, la publicité n’est pas encore dans les mœurs des entreprises et nos télévisions n’ont d’ailleurs pas de politique de marketing assez offensive et professionnelle pour susciter l’intérêt des annonceurs.
Aujourd’hui, avec des miettes glanées çà et là, les télévisions béninoises essaient de survivre avec les conséquences que l’on connaît ou que l’on vit désormais à travers les petits écrans : absence de programmation, platitude du 20 heures et des émissions proposées avec son corollaire d’amateurisme et d'incompétence. A la télé au Bénin, si on n’a pas la chance de regarder des films et séries étrangers, on se rabat sur la musique. Il n’y a plus que ça à regarder le reste du temps. LC2 qui est la doyenne des chaînes privées annonce comme slogan «La télé plus près de vous» mais elle n’est que l’ombre d’elle-même. Elle n’est proche ni par sa programmation ni par sa volonté. Avec plus de dix années d’expériences, LC2 a profondément reculé et verse désormais dans la pure médiocrité. Depuis un certain temps, elle relaie aussi les «activités du chef de l’Etat». Au lieu de travailler à sa modernisation, les dirigeants de la chaîne préfèrent investir dans d’autres activités à l'étranger, probablement plus lucratives. On ne créé pas une télévision parce qu'on veut concurrencer la seule télévision publique. La télévision est un investissement audacieux et responsable qui s'améliore au fil des ans. Pourquoi LC2 ne fermerait-elle pas boutique si elle n'y arrive pas ? Pourquoi émet-elle 24/24 alors qu'elle n'en a pas les moyens ? Pourquoi continuer à se moquer des Béninois à travers le monde en s'établissant sur le net ? Comment recrute-t-on les journalistes de LC2, Comment les forme-t-on ? Comment sont-ils rémunérés, quels moyens a-t-on mis à leur disposition, bref que fait-on pour bâtir une télévision privée digne de ce qui se fait aujourd'hui à travers le monde ? Pourquoi avoir créé NTV2, une deuxième chaîne alors qu'on ne fait rien pour améliorer la première. Les dirigeants de Golf TV quant à eux, font à la fois de la radio, du journal papier et de la télévision. Les mêmes journalistes qui officient en radio ou dans la rédaction du journal participent également à l’animation de la télé. Ce n’est pas professionnel. Le concept flou et bâtard de «La télévision qui vous ressemble» qu’ils affichent est véritablement trompeur d’autant que rares sont les émissions proposées et qui ressemblent aux Béninois. Comment dire qu’on ressemble aux Béninois avec un contenu programmatique élaboré sous d’autres cieux ? Et, il en est de même pour toutes les autres chaînes y compris l’ORTB, la chaîne nationale qui se dit « chaîne mère» ou «chaîne des grands événements», n’a jamais fait figure d’exemple à suivre malgré le potentiel humain et financier dont elle dispose. Il y a donc, comme on le voit, une incapacité de nos télévisions à élaborer une production nationale conséquente et à assurer un pluralisme réel dans les contenus. Nombreux sont aujourd’hui les Béninois qui sont déçus de l’ORTB et qui croyaient fonder leurs espoirs sur l’émergence des télévisions privées dynamiques, entreprenantes avec des contenus qui seraient révolutionnaires, modernes un peu à l’image de se qui fait partout dans le monde. Avec la libéralisation des ondes, on se disait qu'on en finirait donc avec la consommation pour l'aliénation et que nos cultures, si riches et si expressives, seraient prises en compte et pour une large plage, dans les programmes. En particulier dans un contexte de mondialisation où chacun travaille à construire son « identité » dans le respect des différences. Or voilà : nos Tv privées ne font pas mieux que la ridicule ORTB et il n'est pas exagéré de dire qu'elles ont toutes trahi le contrat de confiance qui les lie aux Béninois. D’autres chaînes arrivent encore sûrement. Mais messieurs, si c’est pour davantage polluer l’atmosphère télévisuelle, de grâce, mieux vaut pas !
Patient ATCHO
Patient ATCHO
lesdessousdelapolitique@ebeninois.com
|
|
Les mots-clés
Dernières notes

A mon avis













