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Bien qu’aucune statistique officielle n’a encore été rendue publique sur la recrudescence de l’insécurité, les Béninois se sentent depuis quelques temps chaque jour un peu plus menacés, malgré les dispositions sécuritaires mises en place par les autorités en charge du secteur.
Déjà perceptible dans les marchés et certaines places publiques à la tombée de la nuit, le banditisme s’est accentué depuis quelques temps avec la crise liée à la flambée des prix des produits de première nécessité. A Pobé (localité du sud-est, située à environ 100 km de Cotonou), un opérateur économique qui n’habite pourtant pas la périphérie, à qui ces brigands ont rendu une visite apparemment bien préparée, avait dû prendre ses jambes à son cou devant la mort de son gardien qui tentait de défendre les lieux. Il a été évacué sur Cotonou pour guérir des blessures de ballesa, alors que les malfrats ont réussi à emporter de l’argent et des objets de valeur.
A Abomey-Calavi, localité dortoir située à environ 15 km de Cotonou, une famille avait été également surprise dans son sommeil à 2h du matin par une horde de bandits bien armés. Après avoir défoncé la fenêtre, roué de coups et blessé de balles de fabrication artisanale le maître des lieux, menaçant même d’emporter son bébé, les bandits ont forcé ce dernier a leur remettre argent et objets de valeur.
La veille, un autre appartement du même quartier avait été fouillé de fonds en comble par les mêmes malfrats qui, à chaque fois, réussissent leur coup. Dans le Nord du pays, il ne se passe de semaine sans que la voie inter-Etats Cotonou-Ouagadougou n’enregistre son lot de coupeurs de route. En octobre dernier, les forces de l’ordre avaient démantelé à Parakou (principale ville du Nord située à 450 km de Cotonou), un réseau de malfaiteurs spécialisé dans les vols qualifiés. Les braquages à mains armées sont les méthodes utilisées par ce gang pour atteindre son objectif. Le réseau est composé de trois hommes et de deux femmes et dispose d’un véhicule servant à transporter les biens volés. Les quartiers populaires des grandes villes, qui bénéficient pourtant de plusieurs opérations de sécurisation et de déguerpissement des hors-la-loi depuis quelques temps, n’en sont pas plus assainis.
Délogés de leurs fiefs habituels, les bandits, tels des fauves enragés, n’hésitent pas à attaquer en plein jour les populations, surtout les femmes, qu’ils dépouillent de leurs téléphones portables et de leur porte-monnaies. Les abords des pharmacies, les parkings et abords de voies publiques sont devenus les endroits de refuge de ces voleurs qui imaginent chaque jour de nouvelles stratégies pour déjouer les plans mis en place par la Police.
Clémentine A., opératrice de saisie dans une entreprise de la place, frissonne encore lorsqu’elle se rappelle l’audace d’un jeune homme dont le physique ne trahissait en rien la réelle intention, qui lui déroba ses deux portables et un billet de 10.000 FCFA en plein jour. "Bonsoir tanti, lui avait pourtant gentiment dit le jeune homme, avant de lui montrer discrètement un couteau, menaçant de la poignarder si elle s’évertuait à le dénoncer". Malgré la densité de la circulation, à cette heure de la journée, la victime n’a eu d’autre choix que de céder à la demande du délinquant, par crainte de représailles. Sa collègue a été plus chanceuse, les deux voleurs qui l’avaient abordée avec le même scénario ont pris la poudre d’escampette à la vue d’un véhicule de la Police.
Celle–ci rentrait du service à 18h 30 quand les deux jeunes lui firent signe de s’arrêter comme pour la prévenir d’un danger. Il la saluèrent gentiment et la prièrent d’aider l’un d’entre eux à se rendre à deux rues de là. Voulant répliquer qu’elle n’était pas un taxi-moto, ils lui montrèrent chacun le bout du couteau soigneusement dissimulé dans la poche de leur pantalon et lui demandèrent de choisir, quand par hasard, la sirène de la Police retentit et les fit détaler.
Pana
lesdessousdelapolitique@ebeninois.com
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