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C’est un bon signe que la première démarche de la HAAC, quatrième mandature, soit orientée directement vers la gestion des tensions qui sont en train de faire jour entre les journalistes et un milieu d’activistes de tous bords, emballés par la situation socio-politique quelque peu tendue, que vit actuellement le Bénin, et qui est exacerbée par les batailles de tranchées que se livrent l’opposition et le régime du changement.
Le respect que les Béninois vouent aux décisions de dernier ressort, de la cour constitutionnelle, est là-aussi une preuve de leur souci de préserver les acquis de la conférence nationale, et par ricochet, de fonder les rapports politiques sur l’existence d’un consensus national indispensable pour la paix sociale et la concorde nationale. Cette volonté ne devrait pas être confondue avec un supposé manque de courage, d’esprit critique et d’intelligence de la part du peuple béninois. C’est certainement ce qui fait la particularité du Bénin par rapport aux autres démocraties africaines. Faire en sorte que l’alternance ait lieu quand il le faut, et ne pas faire basculer le pays dans la violence pour sauver un intérêt particulier à tout prix, voilà l’état d’esprit commun. Il ne faut donc pas qu’en plus de chercher tout le temps, et par tous les moyens, à instrumentaliser la presse par la désinformation et l’intoxication, les politiques et les activistes cherchent à utiliser les journalistes comme des matadors ou des samouraïs, au service des causes qui ne sont certainement pas celles du peuple, mais celles d’intérêts économiques et politiques particuliers. Il appartient donc aux responsables des journaux, des radios et des télévisions, de ne pas céder à la tentation de les transformer en combattants d’une cause politicienne et de les exposer, de ce fait, à des représailles de quelques activistes agités par des politiciens, ayant pignon sur rue, et qui se servent d’eux. Car, lorsque le journaliste dépasse les limites du commentaire objectif, impartial et mesuré, il s’expose de facto aux réactions déplorables et méprisables de ceux qui, par faiblesse en face de la puissance des médias, ne trouvent d’autres recours que la violence. Ce qui est déplorable. C’est gênant de penser que derrière les propos durs et les allégations médiatisés, pour détruire un adversaire, qu’il pourrait y avoir la main d’hommes politiques appelés malgré tout à veiller sur les acquis démocratiques et la paix sociale. Pourtant, rien n’est impossible en politique. Autant, il est de devoir de toute la presse de condamner avec la dernière rigueur, la tentation de la violence liberticide sur les journalistes, autant il est du devoir déontologique des journalistes de ne pas céder à l’autre tentation, pour une raison ou une autre, celle de servir consciemment, d’instruments et les causes particulières sans retenue. Il faut préserver la corporation des faiblesses qui pourraient l’entraîner dans des combats qui ne sont pas les siens au sens de son rôle dans la cité.
Léon BRATHIER in L'Autre quotidien
lesdessousdelapolitique@ebeninois.com
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