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Trois mois après avoir survécu à une tentative d'assassinat, le chef de la junte guinéenne, Moussa Dadis Camara vit reclus à Ouagadougou dans une luxueuse villa, hors de vue des médias.
L'ancien chef de la junte guinéenne, Moussa Dadis Camara
Ici, pas d'escouades de "bérets rouges", comme au camp militaire Alpha Yaya Diallo de Conakry où "Dadis" était constamment entouré de soldats, depuis le putsch qui l'avait porté au pouvoir fin 2008.
Dans le quartier huppé de Ouaga 2000, aucun garde n’est visible devant la maison que la présidence burkinabè a attribuée au dirigeant guinéen pour sa convalescence, à quelques centaines de mètres du palais présidentiel.
Seuls "six ou sept militaires" sont postés dans la cour, selon des proches du chef de l'Etat burkinabè Blaise Compaoré qui viennent s’entretenir régulièrement avec Dadis, rompant ainsi son isolement.
Depuis le 3 décembre 2009, la vie du chef de la junte a basculé.
Ce jour-là, dans un camp militaire de Conakry, c'est son propre aide de camp, le lieutenant Aboubakar Sidiki Diakité dit "Toumba", qui a tenté de le tuer par balles. Tous deux se seraient querellés au sujet de leur responsabilité dans le massacre d'opposants du 28 septembre 2009 (qui a fait au moins 156 morts selon l'ONU).
Blessé à la tête, le chef de la junte a ensuite été soigné durant cinq semaines à l'hôpital militaire de Rabat, avant d'arriver, par surprise, le 12 janvier, à Ouagadougou.
Peu après, c'est un Dadis amaigri, méconnaissable, qui était apparu devant les caméras. Dépourvu de son habituel béret rouge, il laissait voir une longue cicatrice sur son crâne. Son regard, derrière de nouvelles lunettes de vue, avait perdu de sa vivacité.
Laborieusement, il avait alors lu un message entérinant le choix du général Sékouba Konaté pour diriger le pays pendant une transition de six mois devant conduire à l'organisation d'une élection présidentielle.
A présent, trois médecins - deux Marocains et un Guinéen - suivent l'évolution de son état de santé. Au programme: des exercices de rééducation de ses deux bras et de son pied droit. Mais le capitaine Camara doit aussi se remettre, selon son entourage, d'une embolie pulmonaire.
Une source militaire affirme que son épouse, Jeanne, se trouve à son côté, de même que son neveu "Théo", "l'homme de confiance qui fait ses courses"...
"Théo", c'est le diminutif de Theodore Kourouma, un officier de gendarmerie également mis en cause dans la tuerie perpétrée le 28 septembre.
Extrêmement volubile avant le 3 décembre, Dadis avait l'habitude de recevoir longuement les reporters. Et il avait marqué ses compatriotes par ses nombreuses diatribes à la télévision guinéenne, dans des programmes rebaptisés le "Dadis show": il attaquait alors, en direct, des militaires, diplomates ou ministres.
A présent, "compte tenu de son état, il ne veut pas voir les médias", explique un haut gradé de l'armée burkinabè qui lui rend visite "presque chaque jour".
Le chef de la junte "ne sort presque jamais mais téléphone beaucoup", selon la même source.
Lundi, il a reçu le gouverneur de la Banque centrale guinéenne, Alassane Barry, une semaine après avoir rencontré l'opposant sénégalais Jean-Paul Dias Mendes (Bloc des centristes Gaïndé) et le Guinéen Antoine Soromou (Alliance nationale pour la démocratie).
Ironie du sort, la maison où il vit cloîtré accueillait avant lui l'homme politique guinéen Alpha Condé, un des leaders de l'opposition que Dadis vouait aux gémonies.
Avec l'AFP
Dans le quartier huppé de Ouaga 2000, aucun garde n’est visible devant la maison que la présidence burkinabè a attribuée au dirigeant guinéen pour sa convalescence, à quelques centaines de mètres du palais présidentiel.
Seuls "six ou sept militaires" sont postés dans la cour, selon des proches du chef de l'Etat burkinabè Blaise Compaoré qui viennent s’entretenir régulièrement avec Dadis, rompant ainsi son isolement.
Depuis le 3 décembre 2009, la vie du chef de la junte a basculé.
Ce jour-là, dans un camp militaire de Conakry, c'est son propre aide de camp, le lieutenant Aboubakar Sidiki Diakité dit "Toumba", qui a tenté de le tuer par balles. Tous deux se seraient querellés au sujet de leur responsabilité dans le massacre d'opposants du 28 septembre 2009 (qui a fait au moins 156 morts selon l'ONU).
Blessé à la tête, le chef de la junte a ensuite été soigné durant cinq semaines à l'hôpital militaire de Rabat, avant d'arriver, par surprise, le 12 janvier, à Ouagadougou.
Peu après, c'est un Dadis amaigri, méconnaissable, qui était apparu devant les caméras. Dépourvu de son habituel béret rouge, il laissait voir une longue cicatrice sur son crâne. Son regard, derrière de nouvelles lunettes de vue, avait perdu de sa vivacité.
Laborieusement, il avait alors lu un message entérinant le choix du général Sékouba Konaté pour diriger le pays pendant une transition de six mois devant conduire à l'organisation d'une élection présidentielle.
A présent, trois médecins - deux Marocains et un Guinéen - suivent l'évolution de son état de santé. Au programme: des exercices de rééducation de ses deux bras et de son pied droit. Mais le capitaine Camara doit aussi se remettre, selon son entourage, d'une embolie pulmonaire.
Une source militaire affirme que son épouse, Jeanne, se trouve à son côté, de même que son neveu "Théo", "l'homme de confiance qui fait ses courses"...
"Théo", c'est le diminutif de Theodore Kourouma, un officier de gendarmerie également mis en cause dans la tuerie perpétrée le 28 septembre.
Extrêmement volubile avant le 3 décembre, Dadis avait l'habitude de recevoir longuement les reporters. Et il avait marqué ses compatriotes par ses nombreuses diatribes à la télévision guinéenne, dans des programmes rebaptisés le "Dadis show": il attaquait alors, en direct, des militaires, diplomates ou ministres.
A présent, "compte tenu de son état, il ne veut pas voir les médias", explique un haut gradé de l'armée burkinabè qui lui rend visite "presque chaque jour".
Le chef de la junte "ne sort presque jamais mais téléphone beaucoup", selon la même source.
Lundi, il a reçu le gouverneur de la Banque centrale guinéenne, Alassane Barry, une semaine après avoir rencontré l'opposant sénégalais Jean-Paul Dias Mendes (Bloc des centristes Gaïndé) et le Guinéen Antoine Soromou (Alliance nationale pour la démocratie).
Ironie du sort, la maison où il vit cloîtré accueillait avant lui l'homme politique guinéen Alpha Condé, un des leaders de l'opposition que Dadis vouait aux gémonies.
Avec l'AFP
15 octobre 1987-15 octobre 2009 : 22 ans que le capitaine Thomas Sankara a été assassiné et 22 ans également que Blaise Compaoré est assis sur le fauteuil du pouvoir suprême. Qu’est-ce qui n’a pas été dit depuis ces deux décennies sur cette page de notre histoire que les Burkinabè ne connaissent pas déjà ? Pratiquement rien, puisque des acteurs proches ou lointains du Conseil national de la Révolution (CNR) ont au fil du temps fait des révélations vraies ou fausses sur ce jour spécial.
Le capitaine Thomas Sankara
Ainsi régulièrement ou plutôt à certains anniversaires de cette date, un Alouna Traoré, le seul rescapé du carnage du conseil de l’entente, donne sa version des faits. Valère Somé, un ami du père la Révolution, penche pour la thèse du complot prémédité (1).
Ludo Martens met ces mots dans la bouche du colonel Gilbert Dienderé, l’actuel chef d’état-major particulier de Blaise : « Nous savions que Sankara avait une réunion à 16 h et nous avons décidé d’aller l’arrêter là-bas... (NDLR : au pavillon Haute-Volta du Conseil de l’Entente)... Sankara tenait comme toujours un pistolet automatique à la main, il a immédiatement tiré et tué un des nôtres. A ce moment, tous les hommes se sont déchaînés, tout le monde a fait feu et la situation a échappé à tout contrôle »(2).
Jacques Foccart, présenté comme l’homme des réseaux de la Françafrique, s’était confié au journaliste écrivain en ces termes : « Kadhafi a envoyé des armes à Sankara et lui a dit : maintenant tu ne dois plus attendre, tu dois te débarrasser de Blaise... ». Ce dernier, deux semaines après les évenements du 15, s’était confié à Jeune Afrique en ces termes : « C’est pour avoir voulu nous liquider, Jean-Baptiste Lingani, Henri Zongo et moi qu’il s’est fait abattre par les soldats qui me sont fidèles... » (3).
Bref 22 années après, les deux célèbres thèses continuent à avoir cours : Sankara préparait un coup à 20 heures le 15 octobre, c’est la version, bien sûr, des tenants du pouvoir ; Blaise a prémédité son coup depuis longtemps, soutiennent, par contre, les orphelins du patron du CNR.
La commémoration des 20 ans de cet assassinat de Sankara il y a deux ans (à laquelle sa veuve, Mariam a assisté) concomitamment avec celle célébrant les 20 ans de renaissance démocratique avec Blaise Compaoré fut d’ailleurs l’occasion de montrer à la face du monde qu’au Burkina la parenthèse Sankara n’est pas encore fermée pour certains, notamment les Sankaristes et tous ceux qui partagent son idéal, comme l’a montré l’immense foule qui a accompagné Mariam Sankara dans son pèlerinage au cimetière des Martyrs en octobre 2007.
22 années après,les sankaristes continuent à s‘étriper même s’il y a souvent des embellies avec des tentatives de regroupement, qui font long feu. En tout cas, signe des temps, en cet octobre 2009, c’est bien à un sankariste qu’a échu le titre de chef de file de l’opposition. Enfin un cadre institutionnel dans lequel l’opposition pourra agir selon des droits et des devoirs à lui reconnus ? Sans doute, puisque la loi y relative date de 2000, et de toilettage en toilettage, elle est aujourd’hui assez claire.
Pendant longtemps, l’une des faiblesses criardes de l’opposition a été son introuvable unité. De Me Hemann Yaméogo à Me Beninwendé Sankara, beaucoup d’encre et de salive a coulé tant dans le camp du pouvoir que dans celui des opposants. Le patron de l’UNIR/PS réussira-t-il là où ses devanciers ont échoué ? Il a en tout cas beaucoup de cartes en main, et s’il sait manœuvrer, il pourra ratisser large. Certes des opposants font entendre déjà des voix discordantes, mais, dans l’ensemble, l’homme part avec un préjugé favorable.
Pourvu que ses collègues opposants le poussent et que lui aussi à labour se montre efficace, c’est à ce prix que l’unité de l’opposition ne sera plus une arlésienne.
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
Ludo Martens met ces mots dans la bouche du colonel Gilbert Dienderé, l’actuel chef d’état-major particulier de Blaise : « Nous savions que Sankara avait une réunion à 16 h et nous avons décidé d’aller l’arrêter là-bas... (NDLR : au pavillon Haute-Volta du Conseil de l’Entente)... Sankara tenait comme toujours un pistolet automatique à la main, il a immédiatement tiré et tué un des nôtres. A ce moment, tous les hommes se sont déchaînés, tout le monde a fait feu et la situation a échappé à tout contrôle »(2).
Jacques Foccart, présenté comme l’homme des réseaux de la Françafrique, s’était confié au journaliste écrivain en ces termes : « Kadhafi a envoyé des armes à Sankara et lui a dit : maintenant tu ne dois plus attendre, tu dois te débarrasser de Blaise... ». Ce dernier, deux semaines après les évenements du 15, s’était confié à Jeune Afrique en ces termes : « C’est pour avoir voulu nous liquider, Jean-Baptiste Lingani, Henri Zongo et moi qu’il s’est fait abattre par les soldats qui me sont fidèles... » (3).
Bref 22 années après, les deux célèbres thèses continuent à avoir cours : Sankara préparait un coup à 20 heures le 15 octobre, c’est la version, bien sûr, des tenants du pouvoir ; Blaise a prémédité son coup depuis longtemps, soutiennent, par contre, les orphelins du patron du CNR.
La commémoration des 20 ans de cet assassinat de Sankara il y a deux ans (à laquelle sa veuve, Mariam a assisté) concomitamment avec celle célébrant les 20 ans de renaissance démocratique avec Blaise Compaoré fut d’ailleurs l’occasion de montrer à la face du monde qu’au Burkina la parenthèse Sankara n’est pas encore fermée pour certains, notamment les Sankaristes et tous ceux qui partagent son idéal, comme l’a montré l’immense foule qui a accompagné Mariam Sankara dans son pèlerinage au cimetière des Martyrs en octobre 2007.
22 années après,les sankaristes continuent à s‘étriper même s’il y a souvent des embellies avec des tentatives de regroupement, qui font long feu. En tout cas, signe des temps, en cet octobre 2009, c’est bien à un sankariste qu’a échu le titre de chef de file de l’opposition. Enfin un cadre institutionnel dans lequel l’opposition pourra agir selon des droits et des devoirs à lui reconnus ? Sans doute, puisque la loi y relative date de 2000, et de toilettage en toilettage, elle est aujourd’hui assez claire.
Pendant longtemps, l’une des faiblesses criardes de l’opposition a été son introuvable unité. De Me Hemann Yaméogo à Me Beninwendé Sankara, beaucoup d’encre et de salive a coulé tant dans le camp du pouvoir que dans celui des opposants. Le patron de l’UNIR/PS réussira-t-il là où ses devanciers ont échoué ? Il a en tout cas beaucoup de cartes en main, et s’il sait manœuvrer, il pourra ratisser large. Certes des opposants font entendre déjà des voix discordantes, mais, dans l’ensemble, l’homme part avec un préjugé favorable.
Pourvu que ses collègues opposants le poussent et que lui aussi à labour se montre efficace, c’est à ce prix que l’unité de l’opposition ne sera plus une arlésienne.
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
lesdessousdelapolitique@ebeninois.com
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