Les dessous de la politique


MARQUEE avec une BORDURE
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La crise post-électorale en Côte d'Ivoire, crise déclenchée par le refus catégorique et sans fondement du président sortant de rendre le pouvoir, risque de se transposer au Bénin, si l'on n'y prend garde...


Me Robert Dossou, nous t'avons bien à l'oeil...
Me Robert Dossou, nous t'avons bien à l'oeil...
« […] Ne vous y trompez pas : l’histoire est du côté de ces courageux Africains, et non dans le camp de ceux qui se servent de coups d’État ou qui modifient les constitutions pour rester au pouvoir. L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions ». Propos de Barack Obama lors de son discours prononcé le 12 juillet 2009 à Accra, au Ghana. Ce discours ne semble pas être un hasard d’autant que le Président américain sait comme tout le monde que les institutions en Afrique, ne sont souvent qu’au service des dirigeants. Des médias publics à la haute cour de justice en passant par la cour (conseil) constitutionnel(le), les heureux nommés par les tout-puissants chefs d’Etats africains sont généralement des plaisantins. Des personnes à la personnalité fragile qui se croient redevables aux chefs suprêmes de la République. Des personnes dépourvues de sens de moralité et toute dignité. A quoi sert-il alors d’effectuer des années d’études en droit si tout cela ne concourt qu’à servir un homme ou à imploser un pays ? C’est la question importante à laquelle, il convient d’inviter le Président du Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire à répondre. Paul Yao N’dré, membre influent du Front populaire ivoirien (FPI) croyait servir son peuple lors de ses ballets médiatiques sur la Radio Télévision Ivoirienne (RTI) quelques minutes avant et après la proclamation des résultats provisoires par la CEI. D’abord ignorant ou faisant fi du contenu du code électoral, il s’est permis comme toute la bande à Gbagbo, à croire qu’il était écrit qu’après trois jours, la CEI n’a plus compétence de publier les résultats provisoires. Ensuite, il est revenu encore sur cette même télévision de propagande Gbagbo quelques minutes après la publication des résultats de la CEI pour dire comme on le lui a recommandé, que ces résultats provisoires donnant Alassane Ouattara vainqueur, étaient nuls et non avenus et que dans les heures qui allaient suivre, les vrais chiffres seraient publiés par lui. Manque d’élégance ou simplement comble de l’amateurisme. Jamais on aurait vu un Président de conseil constitutionnel aussi militant et aussi ridicule. Et, comme on pouvait s’y attendre, il apparaît le lendemain à la télévision tout en sueur, pour proclamer ce qu’il appelle, les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Pauvre Yao N’dré ! Il croyait rendre service à son mentor mais il ne savait à pas quel point le processus électoral ivoirien avait été suivie et quadrillé par les Nations Unies qui avaient en dernier ressort la lourde mission de sa certification. Aujourd’hui, ce juriste tout de même chevronné dans sa discipline, le droit constitutionnel, fait la risée du monde entier de par la complaisance et le militantisme politique dont il a fait preuve et qui aujourd’hui plonge la Côte d’Ivoire dans une profonde impasse post-électorale.
Si Laurent Gbagbo conserve son fauteuil malgré tout l’isolement diplomatique et financier dont il est l’objet, cela créera en Afrique de l’Ouest un précédent assez déplorable qui permettra désormais aux chefs d’Etat de se foutre des CENI, des CEI ou des CENA qui constituent de façon légitime des institutions indépendantes ayant en charge l’organisation et la proclamation des résultats (provisoires). Yayi Boni qui joue aujourd’hui les médiateurs à la mission impossible de la Cedeao pour forcer un usurpateur, un nationaliste irrationnel à rendre le pouvoir, sera dans quelques mois devant le fait accompli et c’est à Maître Robert Dossou, président de la cour constitutionnelle du Bénin qu’il convient de dire le droit qui n’a pas été dit en Côte d’Ivoire. Il lui faudra absolument faire ce qui a fait sa réputation de par le monde : défendre le droit, la justice et dire le droit, rien que le droit. S’il faillit ou s’il réussit, c’est l’histoire du Bénin qui lui en revaudra dans un sens comme dans l’autre.

Adannongbogbèto AZALOU

L’Office de Radiodiffusion et Télévision du Bénin (ORTB) traverse en ce moment une très mauvaise passe. Il est attaqué de toutes parts par les Béninois comme étant au service d’un homme en l’occurrence le Président de la République. Les travailleurs de l’organe public ont crié leur ras-le-bol au travers d’un communiqué édifiant, au cours de la semaine écoulée. Ils pointent du doigt un homme, un soi-disant journaliste, un plaisantin qui détruit la maison commune et qui s’appelle Julien Akpaki.


Un locataire indésirable réside ici, à l'ORTB. Il doit partir...
Un locataire indésirable réside ici, à l'ORTB. Il doit partir...
On sait que Julien AKPAKI avait été mal nommé. On sait qu’il avait été injustement nommé par Yayi Boni qui par régionalisme, en début de mandat, souhaitait installer à la tête de la Radio et de la Télévision béninoise, un esprit cancre, faible et manipulable à souhait. Il a très vite jeté son dévolu sur Julien Akpaki qui en présentait le profil parfait foulant ainsi au pied, tous les moyens traditionnels et légaux qui régissaient la nomination d’un directeur général à la tête d’un organe aussi sensible et aussi stratégique. Pourquoi, par exemple, Yayi Boni n’avait-il pu nommer un Nicaise Miguel à l’ORTB ? Parce que ce journaliste est une tête brûlée qui n’a jamais peur de qui que ce soit. Même pas d’être viré ! A l’époque, nous avons tiré la sonnette d’alarme et nous avons adressé à l’heureux nommé, une lettre ouverte lui demandant d’être digne et de mettre en branle les réformes nécessaires (finir avec les audiences tous azimuts du chef de l’Etat, finir avec des séminaires institutionnels bref, concevoir un 20 heures plus proche des populations, inventer des émissions de qualité, revoir le statut des journalistes, procéder si possible à la hausse des salaires, etc.) afin que la télévision et les radios publiques jouent pleinement le rôle qui est le leur : servir un peuple et non servir un homme à l’heure dite de «changement». Le nouveau directeur a alors fait semblant d’avoir entendu l’appel en répondant personnellement à la lettre et en nous invitant à discuter avec lui. Comment ne pas croire que cet homme était de bonne foi ? Mais la déception a plus tard été à la mesure de l’attente : immense. Julien AKPAKI est un journaliste simplement malhonnête et qui a littéralement vendu son âme et son pays. Il a trahi les Béninois et a également trahi ses collègues qu’il a toujours chargés de faire le sale boulot de griots du régime. Nous n’en voudrons jamais à Stéphane Todomè. C’est le béni oui-oui du tandem Akpaki-Yayi qui normalement n’avait rien à faire à la tête de la télévision nationale. Ce qui se passe à l’ORTB est simplement hallucinant et affligeant. On nous abreuve du Yayisme à longueur de journée et même des émissions y sont conçues et diffusées clés en main par le pouvoir en place avec la bénédiction affichée de Julien Akpaki qui n’a ni la carrure ni l’intelligence nécessaires pour dire parfois NON. Après avoir réussi à interdire les débats politiques contradictoires à «Bonjour Citoyen», une des émissions phares et libres de la chaîne nationale, il enclenche désormais l’interdiction de toutes les émissions qui traitent des sujets de détournements qui mettent en accusation Yayi Boni et son gouvernement. Expert en manipulation et en désinformation, Julien AKPAKI croit pouvoir bercer et berner le peuple béninois en le sevrant du faux et de contrevérités. Mais le proverbe baoulé le dit si bien, on a beau cacher le soleil avec la main, il finit par se laisser apparaître. Trop, c’est trop et les travailleurs de l’ORTB en ont désormais jusqu’au cou. Ils n’en peuvent plus d’être les manipulateurs des contribuables qui assurent leurs miettes d’émoluments. Annick Balley, rédactrice en chef, claque la porte et des voix commencent se lever. La semaine dernière, les travailleurs ont tous fini par craquer et à révéler au grand jour, tout ce que M. Akpaki et ses sbires trament dans l’ombre de la télévision publique. Le peuple béninois est désormais au courant de tout le jeu d’influence et d’intoxication médiatique auquel il est victime depuis la nomination du directeur de l’ORTB. Julien Akpaki apparaît désormais comme un homme seul et fragilisé. Même au gouvernement du Président Yayi Boni actuellement aux abois et dont il est l’éminent serviteur, la nouvelle constitue un autre couteau dans la plaie. Les nouvelles ne sont pas bonnes et dans ces conditions, il ne lui reste plus grand-chose à faire à la tête de l’ORTB. Par respect pour sa petite famille, nous lui demandons de franchir le pas de la raison, de faire enfin le bon geste, de… démissionner. Tout simplement.
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