Intitulée “Sous le feu des ondes”, une enquête diffusée sur Arte le 22 juillet, dresse un état des lieux des connaissances scientifiques sur les impacts des champs électromagnétiques. Sans parti pris, ce documentaire montre les enjeux sociaux, économiques et de santé publique liés au téléphone portable, appuyé par les commentaires de chercheurs spécialisés.
Qu’est-ce qu’une onde magnétique? Qu’est-ce que le “Das”? L’électrohypersensibilité? Les effets non thermiques? « Sous le feu des ondes » * aborde toutes ces questions, en montrant également la confusion qui règne aujourd’hui sur les réponses apportées par la communauté scientifique. Alors que la société attend des réponses, les chercheurs, eux, continuent à chercher… Et tentent de répondre à des questions d’une importance majeure : Comment les ondes interagissent-elles avec les organismes vivants ? Les rayonnements auxquels nous sommes exposés continuellement sont-ils perçus par les cellules humaines ? Quels sont les impacts sanitaires ?
En faisant état des recherches menées à travers le monde, ce documentaire donne au spectateur des clés pour connaître les impacts supposés et partiellement prouvés des champs électromagnétiques sur le cerveau humain. Et, comme la plupart de ces études, il ne tranche pas mais soulève des interrogations sur les risques réels que nous encourrons. Andrew Marino, chercheur qui a consacré sa vie professionnelle au sujet, rappelle également les enjeux économiques qui pèsent sur ces recherches. « Il y a 35 ans, lors de mes premières recherches, j’étais déjà victime des insultes des industriels, sans analyses ni arguments »,raconte-t-il. Andrew Marino continuera à accumuler des indices et a publié 150 articles depuis, à contre courant des propos rassurants des opérateurs de téléphonie.
Si, dans les années 70, les scientifiques ont statué en affirmant que la faible dose d’énergie produite par les ondes ne pouvait pas affecter le corps humain, ce constat a volé en éclats depuis. D’abord, en raison de la multiplication des appareils électroniques dans notre environnement, et ensuite parce que la norme internationale d’exposition du corps, - le DAS (Débit d’absorption Spécifique)-, est insuffisante. Comme le montre le documentaire, les ondes ont en réalité des effets en dessous cette limite maximale, définie par les opérateurs et les autorités sanitaires. D’autres effets biologiques, en dehors d’un échauffement de la peau ou des organes exposés, ont été constatés : des études montrent que l’exposition à des micro-ondes de faible intensité sur des plantes entraîne, dans les minutes qui suivent, des réactions de stress à, par la fabrication d’une protéine caractéristique d’une agression extérieure. Le biologiste Alain Vian a ainsi relancé le débat, en démontrant que les organismes vivants réagissaient aux ondes, sans pour autant en conclure que ce stress était "délétère" . Le neurologue suédois Olle Johansson, qui se bat pour la reconnaissance médicale et sociale de l' "hypersensibilité" aux ondes électromagnétiques est quant à lui plus catégorique, même si ce phénomène reste aujourd’hui encore une énigme médicale. Pour lui, le principe de précaution doit, quoi qu’il en soit, être appliqué, pour éviter de revivre un scandale sanitaire comme ce fut le cas avec l’amiante. Les citoyens ont le droit de savoir à quoi ils s’exposent et quels sont les risques, soulignent en substance certains scientifiques, tandis que d’autres estiment que les preuves restent insuffisantes pour alerter l’opinion publique. Trop tard, sans doute, car l’opinion s’inquiète déjà et attend des réponses, scientifiques et politiques.
*Le 22 juillet à 22H 15. Un documentaire écrit par Véronique Gaboriau, Maxence Layet et Jean-Christophe Ribot, réalisé par -Christophe Ribot. Production : Arte France, Mosaïque Films (2009-52 mn).
Par Véronique Smée / in Novethic
En faisant état des recherches menées à travers le monde, ce documentaire donne au spectateur des clés pour connaître les impacts supposés et partiellement prouvés des champs électromagnétiques sur le cerveau humain. Et, comme la plupart de ces études, il ne tranche pas mais soulève des interrogations sur les risques réels que nous encourrons. Andrew Marino, chercheur qui a consacré sa vie professionnelle au sujet, rappelle également les enjeux économiques qui pèsent sur ces recherches. « Il y a 35 ans, lors de mes premières recherches, j’étais déjà victime des insultes des industriels, sans analyses ni arguments »,raconte-t-il. Andrew Marino continuera à accumuler des indices et a publié 150 articles depuis, à contre courant des propos rassurants des opérateurs de téléphonie.
Si, dans les années 70, les scientifiques ont statué en affirmant que la faible dose d’énergie produite par les ondes ne pouvait pas affecter le corps humain, ce constat a volé en éclats depuis. D’abord, en raison de la multiplication des appareils électroniques dans notre environnement, et ensuite parce que la norme internationale d’exposition du corps, - le DAS (Débit d’absorption Spécifique)-, est insuffisante. Comme le montre le documentaire, les ondes ont en réalité des effets en dessous cette limite maximale, définie par les opérateurs et les autorités sanitaires. D’autres effets biologiques, en dehors d’un échauffement de la peau ou des organes exposés, ont été constatés : des études montrent que l’exposition à des micro-ondes de faible intensité sur des plantes entraîne, dans les minutes qui suivent, des réactions de stress à, par la fabrication d’une protéine caractéristique d’une agression extérieure. Le biologiste Alain Vian a ainsi relancé le débat, en démontrant que les organismes vivants réagissaient aux ondes, sans pour autant en conclure que ce stress était "délétère" . Le neurologue suédois Olle Johansson, qui se bat pour la reconnaissance médicale et sociale de l' "hypersensibilité" aux ondes électromagnétiques est quant à lui plus catégorique, même si ce phénomène reste aujourd’hui encore une énigme médicale. Pour lui, le principe de précaution doit, quoi qu’il en soit, être appliqué, pour éviter de revivre un scandale sanitaire comme ce fut le cas avec l’amiante. Les citoyens ont le droit de savoir à quoi ils s’exposent et quels sont les risques, soulignent en substance certains scientifiques, tandis que d’autres estiment que les preuves restent insuffisantes pour alerter l’opinion publique. Trop tard, sans doute, car l’opinion s’inquiète déjà et attend des réponses, scientifiques et politiques.
*Le 22 juillet à 22H 15. Un documentaire écrit par Véronique Gaboriau, Maxence Layet et Jean-Christophe Ribot, réalisé par -Christophe Ribot. Production : Arte France, Mosaïque Films (2009-52 mn).
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