La menace d'un échec planait mardi sur la conférence de Copenhague sur le climat, où l'Europe a réclamé plus d'engagements à la Chine et aux Etats-Unis, les deux principaux pollueurs de la planète, à trois jours du sommet des chefs d'Etat ou de gouvernement.


Climat : tractations sous tension à Copenhague dans la crainte d'un échec
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, est arrivé à Copenhague pour donner une nouvelle impulsion à la conférence et devait s'exprimer en fin d'après-midi en séance plénière. M. Ban avait averti lundi à New York que le temps des gesticulations était terminé, mettant en garde contre le risque d'un "échec aux conséquences potentiellement catastrophiques".
Mardi matin, un nouveau projet d'accord, qui laisse de côté la question des objectifs chiffrés des réductions d'émissions polluantes, confiée à des groupes de travail, a été soumis aux délégués. Un nouveau projet d'accord global, rédigé par la présidence danoise, était attendu pour mercredi.
L'idée reste de limiter le réchauffement de la planète à + 2 degrés. Ce qui implique des réductions drastiques et rapides des émissions de gaz à effet de serre. Le partage de l'effort suscite d'interminables tensions, en particulier entre la Chine et les Etats-Unis, les deux principaux pollueurs de la planète.
Haussant le ton, l'Union européenne a appelé Chinois et Américains à s'engager plus fortement.
"Il y a deux pays qui représentent la moitié des émissions mondiales", a déclaré le ministre suédois de l'Environnement, Andreas Carlgren, dont le pays préside actuellement l'UE. "Nous attendons toujours de leur part qu'ils relèvent leur niveau d'ambition en termes de réduction d'émissions".
Mais l'émissaire américain à la conférence, Todd Stern, a déclaré que les Etats-Unis n'envisageaient pas de revoir à la hausse leurs objectifs de réduction d'émission de gaz à effet de serre.
Dans une tribune publiée mardi par l'International Herald Tribune, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton souligne que la pression ne peut reposer exclusivement sur les épaules des pays industrialisés, même s'ils doivent montrer la voie.
"La réalité est très simple: pratiquement toute la croissance des émissions dans les 20 années à venir viendra des pays en développement. Sans leur participation et leur engagement, rien n'est possible", écrit-elle.
L'arrivée annoncée de quelque 120 chefs d'Etat ou de gouvernement "a un impact énorme sur les négociations", a déclaré Todd Stern. "C'est sans précédent, cela met la pression. Je pense que c'est plutôt une pression salutaire".
Le sentiment d'urgence s'accroît en tout cas d'heure en heure.
Interrogée à Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel s'est déclarée "quelque peu nerveuse" devant le risque d'un échec.
Une conférence téléphonique pour faire le point des négociations a eu lieu dans l'après-midi entre Mme Merkel, le président américain Barack Obama, le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown.

Un homme devant un globe lumineux au Bella center de Copenhague
Un homme devant un globe lumineux au Bella center de Copenhague
Le Premier ministre du pays hôte, le Danois Lars Loekke Rasmussen, s'est montré réservé. "Il n'est pas sûr qu'on aboutisse à un accord", a-t-il déclaré, tout en se disant "raisonnablement confiant".
L'avenir du protocole de Kyoto, seul traité international contraignant contre le réchauffement, dont la première période d'engagement s'achève fin 2012, reste un sujet de tensions. Y voyant la seule garantie crédible d'un engagement contraignant des pays riches, les pays en développement y sont farouchement attachés.
L'Union africaine a ainsi averti mardi dans un communiqué que le sommet de Copenhague risquait de déboucher sur "l'arrêt de mort du protocole de Kyoto", ce qui entraînerait "la mort de l'Afrique".
Mais l'intransigeance sur Kyoto irrite d'autres pays. "C'est inquiétant. La conférence ne progresse pas à cause de cela", a estimé le ministre japonais de l'Environnement, Sakihito Ozawa. "C'est impossible de mener les négociations sur cette base".
M. Sarkozy a annoncé que la France et l'Afrique publiaient mardi un "texte commun" sur la lutte contre le réchauffement climatique incluant des objectifs chiffrés, après une rencontre à Paris avec le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, qui représente à Copenhague les 53 Etats membres de l'Union Africaine.

© AFP

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