Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exhorté lundi les négociateurs de la conférence climat de Copenhague à "redoubler d'efforts" pour parvenir à un accord, après que les pays africains eurent brièvement suspendu leur participation pour exprimer leur frustration.


Présentation d'un rapport sur la fonte des glaces au Groenland à Copenhague
Présentation d'un rapport sur la fonte des glaces au Groenland à Copenhague
Depuis New York, M. Ban a rappelé que le temps était "compté". "Ce n'est plus le moment de gesticuler (...) chaque pays doit prendre sa part pour sceller un accord à Copenhague", a-t-il lancé.
"Si on laisse aux dirigeants le soin de tout régler à la dernière minute, on risque d'avoir un accord faible, ou pas d'accord du tout", a mis en garde le chef de l'ONU.
Les délégués de 193 pays - dont plus de 110 chefs d'Etat attendus en sommet le 18 décembre - doivent s'accorder d'ici vendredi sur la meilleure façon de limiter le réchauffement à 2°C, au-dessus des niveaux pré-industriels pour éviter le chaos climatique.
Le président américain Barack Obama, attendu vendredi matin, entend aboutir à un accord "qui exige des pays qu'ils prennent des mesures significatives", a souligné à Washington Robert Gibbs, porte-parole de la Maison Blanche.
A l'ouverture de la deuxième semaine des négociations, des maladresses de procédure ont exacerbé la frustration des pays africains qui ont brièvement suspendu leur participation aux travaux.
A la fin d'une journée marquée par les tensions, la présidente danoise de la conférence, Connie Hedegaard, a dédramatisé la colère africaine, tout en prédisant d'autres "mini-crises" d'ici vendredi car il y a "beaucoup d'intérêts en jeu", a-t-elle expliqué à la télévision danoise TV2 News.
Les 53 pays africains, emmenés par l'Algérie, ont suspendu pendant quelques heures leur participation aux groupes de travail pour protester contre le manque d'attention portée à l'avenir du Protocole de Kyoto, qui impose des contraintes aux pays développés jusqu'à fin 2012.
"C'est le seul instrument qui nous garantisse que les uns et les autres prendront des engagements minimaux" pour réduire les gaz à effet de serre au-delà de 2012, plaide le délégué du Gabon, Etienne Massard Makaga.

Manifestations à Copenhague
Manifestations à Copenhague
"Pour les Africains et la plupart des pays en développement, un bon Kyoto vaut mieux que deux tu l'auras", note l'ambassadeur de France pour le climat, Brice Lalonde.
Mais Japon et Australie refusent de discuter de nouveaux engagements tant que les débats ne progressent pas sur ceux des Etats-Unis et des grands pays émergents. Et l'Union européenne répugne à froisser les milieux économiques en affichant des ambitions que d'autres ne partageraient pas, selon M. Lalonde.
Mais selon un observateur européen, la crise a surtout pris racine en raison d'une maladresse de la présidence danoise, qui a "voulu avancer trop vite" en réunissant dès samedi, et de nouveau dimanche, les premiers ministres de l'environnement arrivés à Copenhague, alors que la plupart des pays n'enverront les leurs qu'à partir de mardi soir.
Reste que la conférence a perdu une demi-journée de travail, à quatre jours de l'échéance et alors que des divergences importantes continuent d'opposer pays développés - parfois entre eux - et pays en développement sur les points cruciaux : financement de l'accord, engagements de réductions d'émissions et mécanismes de contrôle.
De nombreuses questions sont à résoudre dans les prochains jours", a prévenu le ministre britannique du Climat, Ed Miliband, déjà arrivé à Copenhague. "Les dirigeants sont pratiquement en route. Leur rôle est important, mais les négociateurs et les ministres ne peuvent pas tout leur laisser" à trancher.
De son côté, le Premier ministre australien Kevin Rudd, depuis Sydney, a exhorté chacun à davantage de souplesse : "Pour parvenir à un accord fort, il va falloir plus de compromis, de toutes parts", a-t-il dit en évoquant un "risque d'échec" encore possible.
D'avance, la Chine a exclu toute responsabilité dans un éventuel échec. "Je sais que certains diront que c'est la faute de la Chine s'il n'y pas d'accord. C'est une ruse des pays développés. Qu'ils considèrent leurs propres positions sans utiliser la Chine comme prétexte", a lancé le vice-ministre des Affaires étrangères He Yafei, interviewé par le Financial Times à Copenhague.

© AFP

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