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Dimanche 23 Août 2009
Aboutissement de mauvaises politiques de transport et d’urbanisme au Bénin. C’est la conclusion à laquelle on parvient lorsqu’on analyse de près l’épineux problème du stationnement anarchique des camions gros porteurs dans la ville de Cotonou.
Les Cotonois commencent à avoir assez des camions gros porteurs dans la capitale économique du Bénin. Sur toutes les grandes artères de la ville, les camions en attente de chargement au port autonome de Cotonou occupent les chaussées, laissant un passage étroit aux automobiles et autres motocyclistes. Pendant les heures de pointe, la circulation devient encore plus éprouvante pour les usagers condamnés à observer le « go slow » dans une atmosphère complètement surchauffée par les fumées que dégagent les gaz d’échappement des milliers de moteurs à deux roues.
La situation est devenue encore plus critique, ces dernières semaines sur le tronçon qui mène à la mosquée centrale de Zongo. Du fait de l’ouverture du port sec de Cotonou, de nombreux camions gros porteurs se sont créés des parkings plein air dans toutes les rues avoisinant la nouvelle zone portuaire, et plus particulièrement dans la voie qui passe devant la banque régionale de Solidarité. Stationnements anarchiques, blocages systématiques des voies, le tout sur fonds de démarrages incontrôlés des conducteurs inexpérimentés, font le lot quotidien des Béninois qui travaillent ou empruntent quotidiennement ces rues devenues de véritables couloirs de la mort. Sur ces tronçons, les risques d’accident sont élevés au rouge. Parlant d’accidents d’ailleurs, l’année 2007 aura été une année record pour les accidents de camions gros porteurs au Bénin et plus particulièrement dans la ville de Cotonou. Il ne se passe pas un mois sans qu’on enregistre un renversement de camions de marchandises, ou le pire, un conducteur de zémidjan ou un simple motocycliste fauché par les camions gros porteurs.
Pourtant, on ne peut pas dire que les gouvernements successifs ne se sont préoccupés du problème de la circulation des camions gros porteurs dans la ville de Cotonou. En dehors, de la réglementation des horaires de circulation dans la ville, que les conducteurs ne restent d’ailleurs plus, l’Etat a procédé à la construction des parkings gros porteurs afin de libérer les artères principales de la ville de Cotonou. En dehors du parking de Godomey (qui pose aussi problème du fait que la rue pavée bordant le parking est constamment pris en otage par les camions), la délocalisation des parcs de véhicules d’occasion vers Sèkandji et Ekpè ont permis de libérer des espaces pour les camions, notamment dans la bande des 200m et le parking des Cheminots. D’autres points de regroupement ont été créés à hauteur de Glodjigbé. Mais tout cela reste encore insuffisant car le nombre de camions à destination de Cotonou ne cesse d’augmenter du fait de l’accroissement du flux du trafic de marchandises au Port autonome de Cotonou.
Mauvaise politique d’urbanisme
L’ampleur du stationnement anarchique des camions gros porteurs dans la ville de Cotonou donne l’impression qu’il s’agit des solutions intermédiaires qui n’annihilent aucunement les problèmes de fonds.
En réalité, les conducteurs de camions gros qui contribuent pour une part importante au fonctionnement de l’économie nationale, ne sont que de simples boucs émissaires de mauvaises politiques d’urbanisme et de transport qui ont été développée jusqu’à présent au Bénin.
Nul n’ignore que la raison de la présence de ces camions dans les rues est le port de Cotonou.
Aujourd’hui, le port de Cotonou est complètement étouffé par la ville dont le peuplement rapide et l’intensité des activités économiques qu’elle abrite n’ont pas été suivis d’une bonne politique d’urbanisme. Les voies à l’intérieur de la ville sont trop exigus. Certes, il y a eu depuis quelques années, un effort de construction de tronçon sous forme d’autoroute. Mais, les largeurs des voies nouvellement construites ne sont toujours à la dimension de l’enjeu économique de la ville de Cotonou. Pour preuve, lorsque les camions stationnent sur une ligne de nos fameuses autoroutes, la circulation se trouve comprise. La construction des parkings gros porteurs dans les périphéries de la ville, qui constitue une très bonne initiative, ne facilite pas toujours les choses du fait des difficultés liées à la traversée de Cotonou. A toute cela, s’ajoute le transport en commun qui n’est encore une réalité au Bénin. Ce mode de transport devrait réduire sensiblement la circulation des moteurs à deux roues et favoriser par ricochet une fluidité du trafic dans la capitale économique du Bénin.
Les vrais défis
Une première solution au problème des camions gros-porteurs aurait été le développement d’un trafic ferroviaire qui servirait de liaison entre le port de Cotonou et des parkings gros porteurs construits à des dizaines de kilomètres de Cotonou ou même à Parakou. Cela permettrait alors aux camions qui desservent les pays de l’hinterland de ne plus encombrer la ville. Malheureusement, l’Ocbn (Organisation commune Bénin-Niger pour les chemins de fer) qui se trouve dans un état comateux n’est pas capable de répondre à un tel challenge. De même, un investissement privé dans ce secteur ne serait pas rentable, de l’avis d’un opérateur portuaire, à cause d’un coût élevé de l’investissement dans le chemin de fer et le délai assez long de son amortissement. D’autant que le Bénin avec son marché et son environnement (absence d’infrastructures ferroviaire) n’offre pas de garanties suffisantes à un opérateur privé pour investir dans les chemins de fer.
La solution la plus plausible serait de construire un nouveau port. Ce à quoi réfléchit le pouvoir politique actuel. Mais pour optimiser l’investissement, il est très important de réfléchir au choix du site ainsi que des voies d’accès, dans le sens d’une politique intégrée qui prend en compte toutes les perspectives d’urbanisation de la localité afin que le site ne subisse pas dans les années à venir le sort de Cotonou. En attendant que ces solutions arrivent, les Cotonois continuent de subir la loi des camions gros porteurs qui font planer sur eux, chaque jour encore plus, le spectre d’une sortie sans espoir de retour à la maison.
Gnona AFANGBEDJI
La situation est devenue encore plus critique, ces dernières semaines sur le tronçon qui mène à la mosquée centrale de Zongo. Du fait de l’ouverture du port sec de Cotonou, de nombreux camions gros porteurs se sont créés des parkings plein air dans toutes les rues avoisinant la nouvelle zone portuaire, et plus particulièrement dans la voie qui passe devant la banque régionale de Solidarité. Stationnements anarchiques, blocages systématiques des voies, le tout sur fonds de démarrages incontrôlés des conducteurs inexpérimentés, font le lot quotidien des Béninois qui travaillent ou empruntent quotidiennement ces rues devenues de véritables couloirs de la mort. Sur ces tronçons, les risques d’accident sont élevés au rouge. Parlant d’accidents d’ailleurs, l’année 2007 aura été une année record pour les accidents de camions gros porteurs au Bénin et plus particulièrement dans la ville de Cotonou. Il ne se passe pas un mois sans qu’on enregistre un renversement de camions de marchandises, ou le pire, un conducteur de zémidjan ou un simple motocycliste fauché par les camions gros porteurs.
Pourtant, on ne peut pas dire que les gouvernements successifs ne se sont préoccupés du problème de la circulation des camions gros porteurs dans la ville de Cotonou. En dehors, de la réglementation des horaires de circulation dans la ville, que les conducteurs ne restent d’ailleurs plus, l’Etat a procédé à la construction des parkings gros porteurs afin de libérer les artères principales de la ville de Cotonou. En dehors du parking de Godomey (qui pose aussi problème du fait que la rue pavée bordant le parking est constamment pris en otage par les camions), la délocalisation des parcs de véhicules d’occasion vers Sèkandji et Ekpè ont permis de libérer des espaces pour les camions, notamment dans la bande des 200m et le parking des Cheminots. D’autres points de regroupement ont été créés à hauteur de Glodjigbé. Mais tout cela reste encore insuffisant car le nombre de camions à destination de Cotonou ne cesse d’augmenter du fait de l’accroissement du flux du trafic de marchandises au Port autonome de Cotonou.
Mauvaise politique d’urbanisme
L’ampleur du stationnement anarchique des camions gros porteurs dans la ville de Cotonou donne l’impression qu’il s’agit des solutions intermédiaires qui n’annihilent aucunement les problèmes de fonds.
En réalité, les conducteurs de camions gros qui contribuent pour une part importante au fonctionnement de l’économie nationale, ne sont que de simples boucs émissaires de mauvaises politiques d’urbanisme et de transport qui ont été développée jusqu’à présent au Bénin.
Nul n’ignore que la raison de la présence de ces camions dans les rues est le port de Cotonou.
Aujourd’hui, le port de Cotonou est complètement étouffé par la ville dont le peuplement rapide et l’intensité des activités économiques qu’elle abrite n’ont pas été suivis d’une bonne politique d’urbanisme. Les voies à l’intérieur de la ville sont trop exigus. Certes, il y a eu depuis quelques années, un effort de construction de tronçon sous forme d’autoroute. Mais, les largeurs des voies nouvellement construites ne sont toujours à la dimension de l’enjeu économique de la ville de Cotonou. Pour preuve, lorsque les camions stationnent sur une ligne de nos fameuses autoroutes, la circulation se trouve comprise. La construction des parkings gros porteurs dans les périphéries de la ville, qui constitue une très bonne initiative, ne facilite pas toujours les choses du fait des difficultés liées à la traversée de Cotonou. A toute cela, s’ajoute le transport en commun qui n’est encore une réalité au Bénin. Ce mode de transport devrait réduire sensiblement la circulation des moteurs à deux roues et favoriser par ricochet une fluidité du trafic dans la capitale économique du Bénin.
Les vrais défis
Une première solution au problème des camions gros-porteurs aurait été le développement d’un trafic ferroviaire qui servirait de liaison entre le port de Cotonou et des parkings gros porteurs construits à des dizaines de kilomètres de Cotonou ou même à Parakou. Cela permettrait alors aux camions qui desservent les pays de l’hinterland de ne plus encombrer la ville. Malheureusement, l’Ocbn (Organisation commune Bénin-Niger pour les chemins de fer) qui se trouve dans un état comateux n’est pas capable de répondre à un tel challenge. De même, un investissement privé dans ce secteur ne serait pas rentable, de l’avis d’un opérateur portuaire, à cause d’un coût élevé de l’investissement dans le chemin de fer et le délai assez long de son amortissement. D’autant que le Bénin avec son marché et son environnement (absence d’infrastructures ferroviaire) n’offre pas de garanties suffisantes à un opérateur privé pour investir dans les chemins de fer.
La solution la plus plausible serait de construire un nouveau port. Ce à quoi réfléchit le pouvoir politique actuel. Mais pour optimiser l’investissement, il est très important de réfléchir au choix du site ainsi que des voies d’accès, dans le sens d’une politique intégrée qui prend en compte toutes les perspectives d’urbanisation de la localité afin que le site ne subisse pas dans les années à venir le sort de Cotonou. En attendant que ces solutions arrivent, les Cotonois continuent de subir la loi des camions gros porteurs qui font planer sur eux, chaque jour encore plus, le spectre d’une sortie sans espoir de retour à la maison.
Gnona AFANGBEDJI
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