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Mardi 21 Juillet 2009
Les entreprises béninoises marquent peu d’intérêt à la bourse régional des valeurs mobilières qui offre, pourtant, des avantages certains en termes de mobilisation de l’épargne et de financement de l’économie. Nécessité de discrétion ou ignorance des opportunités du marché financier ?
Le constat est assez frappant pour peu qu’on s’intéresse au marché financier régional. Sur les 40 sociétés cotées à la bourse régionale des valeurs mobilières, rue Joseph Anoma à Abidjan, une seule porte la marque BN, identifiant du titre béninois : La Banque of Africa Bénin. Seule, cette société fait porter haut le flambeau du Bénin sur le marché financier régional, à travers les cours appréciables de ses valeurs qui comptent parmi les mieux cotées de la BRVM. Les autres grandes entreprises béninoises brillent par leur absence alors qu’elles ont pas mal d’atouts à valoir en termes mobilisation de l’épargne des citoyens de la sous-région et de financement des investissements public et privé. Pourtant quatre sociétés de gestion d’intermédiation (SGI) opèrent depuis Cotonou et participent quotidiennement à l’animation du marché financier régional.
Le peu d’intérêt qu’accordent les sociétés béninoises au marché financier régional a toujours été un sujet de préoccupation pour Nicolas Adagbé, administrateur de la BRVM qui s’en défend à chaque assemblée générale annuelle de l’antenne de Cotonou, sis à la chambre de commerce et d’industrie du Bénin. Selon lui, la première raison est sans doute l’absence d’une culture boursière au sein de l’espace Uemoa. La BRVM a démarré ses activités, il y a seulement 11 ans, en héritant de la bourse d’Abidjan qui était constituée uniquement d’entreprises ivoiriennes. Elle a connu une période de balbutiement avant de retrouver l’essor qu’on lui connaît aujourd’hui. Il a fallu donc du temps pour convaincre les entreprises d’autres pays de l’espace à intégrer le marché en construction. Le Bénin serait également dans cette dynamique d’observation.
Rendez-vous manqué de la privatisation
Mais en créant ce marché régional, les autorités de la région avaient surtout misé sur la réussite des opérations de privatisation des entreprises nationales pour renforcer les rangs des sociétés cotées à la bourse. Au Bénin, aucune société privatisée ne s’est inscrite à la côte de la BRVM. Sont-elles réticentes à se soumettre aux exigences de transparence de la bourse et ont-elles peur des risques ? Aucune étude ne s’est réellement penchée sur la question. Toujours est-il que les responsables de la BRVM et les sociétés de gestion d’intermédiation (SGI) gardent toujours l’espoir que les grandes entreprises béninoises qui disposent d’ailleurs d’une solidité financière appréciable vont se rallier pour renforcer le marché. A cet effet, il est déjà annoncé une possible cotation de Bénin Télécoms, après sa privatisation. Il ne peut d’ailleurs en être autrement lorsqu’on connaît les succès éclatants enregistrés par la SONATEL (Société sénégalaise des télécommunications) dont le cours est passé de 10.000 à 200.000 francs dans un passé récent. Même des conducteurs de taxi sénégalais ont fait fortune en achetant des actions SONATEL.
Une autre raison qui justifie l’absence des entreprises béninoises sur le marché est liée au type d’entreprises dont le pays regorge. La plupart des sociétés béninoises sont non seulement des PME mais surtout des entreprises de type familial et unipersonnel, comme l’explique Jean Paul Gillet, directeur général de la BRVM. Des « SARL », c’est le terme économique consacré ! Or, ce sont les sociétés anonymes qui animent le marché financier car l’actionnariat n’est pas détenu par une seule personne mais ouvert au public. Il s’agit d’un constat général qui touche l’ensemble des économies de la région. Et pour marquer l’intérêt de ce type de société au marché financier, les autorités de la BRVM travaillent aujourd’hui à développer des produits spécifiques à l’endroit des PME/PMI.
Les avantages de la bourse
En réalité, la bourse présente des avantages certains aussi bien pour les entreprises que l’Etat et le public. « Une bourse est un baromètre de l’économie », soutient Khassim Diop, chargé du développement du marché à la BRVM. Pour preuve, l’impact de la crise économique mondiale sur les économies de la région s’est révélé, à la BRVM, à travers par exemple, les valeurs qui exportent de l’huile de palme et de l’hévéa. Ces sociétés, à l’instar de SAPH CI, ont vu leur cours chuté.
« La bourse traduit l’ensemble des jugements que portent les investisseurs sur les sociétés dont ils négocient les valeurs », poursuit Khassim Diop pour montrer comment une société cotée peut gagner en notoriété et en bonne gouvernance grâce à l’information boursière. Selon lui, l’évolution des cours peut servir de référence à l’appréciation des perspectives de la société cotée, de la faible ou grande crédibilité de ses organes de gestion, de l’augmentation ou la baisse de ses activités, de la notoriété de l’entreprise dans son secteur et de la valeur du produit sur le marché, de manière orienter le choix de l’investisseur.
La bourse permet surtout le renforcement de l’épargne nationale qui reste encore très faible au Bénin. A travers les placements qu’ils effectuent les particuliers peuvent ainsi contribuer de façon significative au financement de l’économie. Selon le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (CREPMF), la contribution de la BRVM au financement des économies de l’Uemoa est passée de 1% en 2000 à 3% en 2004 et 7% en 2008. Les entreprises béninoises ne doivent plus rester en marge de ce regain d’activités sur le marché financier régional. En cette période de crise économique, le jeu en vaut vraiment la chandelle.
Par Gnona
Le peu d’intérêt qu’accordent les sociétés béninoises au marché financier régional a toujours été un sujet de préoccupation pour Nicolas Adagbé, administrateur de la BRVM qui s’en défend à chaque assemblée générale annuelle de l’antenne de Cotonou, sis à la chambre de commerce et d’industrie du Bénin. Selon lui, la première raison est sans doute l’absence d’une culture boursière au sein de l’espace Uemoa. La BRVM a démarré ses activités, il y a seulement 11 ans, en héritant de la bourse d’Abidjan qui était constituée uniquement d’entreprises ivoiriennes. Elle a connu une période de balbutiement avant de retrouver l’essor qu’on lui connaît aujourd’hui. Il a fallu donc du temps pour convaincre les entreprises d’autres pays de l’espace à intégrer le marché en construction. Le Bénin serait également dans cette dynamique d’observation.
Rendez-vous manqué de la privatisation
Mais en créant ce marché régional, les autorités de la région avaient surtout misé sur la réussite des opérations de privatisation des entreprises nationales pour renforcer les rangs des sociétés cotées à la bourse. Au Bénin, aucune société privatisée ne s’est inscrite à la côte de la BRVM. Sont-elles réticentes à se soumettre aux exigences de transparence de la bourse et ont-elles peur des risques ? Aucune étude ne s’est réellement penchée sur la question. Toujours est-il que les responsables de la BRVM et les sociétés de gestion d’intermédiation (SGI) gardent toujours l’espoir que les grandes entreprises béninoises qui disposent d’ailleurs d’une solidité financière appréciable vont se rallier pour renforcer le marché. A cet effet, il est déjà annoncé une possible cotation de Bénin Télécoms, après sa privatisation. Il ne peut d’ailleurs en être autrement lorsqu’on connaît les succès éclatants enregistrés par la SONATEL (Société sénégalaise des télécommunications) dont le cours est passé de 10.000 à 200.000 francs dans un passé récent. Même des conducteurs de taxi sénégalais ont fait fortune en achetant des actions SONATEL.
Une autre raison qui justifie l’absence des entreprises béninoises sur le marché est liée au type d’entreprises dont le pays regorge. La plupart des sociétés béninoises sont non seulement des PME mais surtout des entreprises de type familial et unipersonnel, comme l’explique Jean Paul Gillet, directeur général de la BRVM. Des « SARL », c’est le terme économique consacré ! Or, ce sont les sociétés anonymes qui animent le marché financier car l’actionnariat n’est pas détenu par une seule personne mais ouvert au public. Il s’agit d’un constat général qui touche l’ensemble des économies de la région. Et pour marquer l’intérêt de ce type de société au marché financier, les autorités de la BRVM travaillent aujourd’hui à développer des produits spécifiques à l’endroit des PME/PMI.
Les avantages de la bourse
En réalité, la bourse présente des avantages certains aussi bien pour les entreprises que l’Etat et le public. « Une bourse est un baromètre de l’économie », soutient Khassim Diop, chargé du développement du marché à la BRVM. Pour preuve, l’impact de la crise économique mondiale sur les économies de la région s’est révélé, à la BRVM, à travers par exemple, les valeurs qui exportent de l’huile de palme et de l’hévéa. Ces sociétés, à l’instar de SAPH CI, ont vu leur cours chuté.
« La bourse traduit l’ensemble des jugements que portent les investisseurs sur les sociétés dont ils négocient les valeurs », poursuit Khassim Diop pour montrer comment une société cotée peut gagner en notoriété et en bonne gouvernance grâce à l’information boursière. Selon lui, l’évolution des cours peut servir de référence à l’appréciation des perspectives de la société cotée, de la faible ou grande crédibilité de ses organes de gestion, de l’augmentation ou la baisse de ses activités, de la notoriété de l’entreprise dans son secteur et de la valeur du produit sur le marché, de manière orienter le choix de l’investisseur.
La bourse permet surtout le renforcement de l’épargne nationale qui reste encore très faible au Bénin. A travers les placements qu’ils effectuent les particuliers peuvent ainsi contribuer de façon significative au financement de l’économie. Selon le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (CREPMF), la contribution de la BRVM au financement des économies de l’Uemoa est passée de 1% en 2000 à 3% en 2004 et 7% en 2008. Les entreprises béninoises ne doivent plus rester en marge de ce regain d’activités sur le marché financier régional. En cette période de crise économique, le jeu en vaut vraiment la chandelle.
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