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Mercredi 22 Juillet 2009
L’onde de choc de la récession économique du Nigéria commence à se répandre sur le Bénin qui tire une part importante de ses devises des échanges commerciaux florissants avec le Géant de l’Est.
C’est un secret de Polichinelle que d’affirmer que le Bénin est économiquement dépendant du Nigéria. Et dans ce nouveau contexte de crise financière et économique mondiale, cette dépendance se manifeste de façon très négative sur l’économie béninoise. Il y a quelques semaines, le Chef de l’Etat, en personne, a tenu une séance de travail, avec les services de la douane béninoise, étant préoccupé de la chute des recettes douanières au premier trimestre de l’année 2009. Cette situation n’est en réalité que la conséquence logique de la récession économique qui s’ouvre au Nigéria et qui se traduit par une baisse sensible de la demande dans ce pays riche d’environ 150 millions de consommateurs.
Le recul de la demande des matières premières, induite par la crise, a entraîné une chute brutale du cours des prix du pétrole brut au cours de ces derniers mois. Cette baisse accélérée du cours du brut a fortement grevé l’économie du Nigéria, premier producteur africain et 6è mondial, dont le pétrole occupe plus de 95% des recettes d’exportation. La perte considérable des revenus pétroliers, pendant ces derniers mois, a eu un effet d’entraînement sur les autres segments de l’économie du géant de l’Est, notamment de l’industrie automobile et le secteur textile. Aujourd’hui, Peugeot Nigeria est au bord de la faillite avec plus 25.000 emplois menacés. Autre signe frappant de cette récession économique, la bourse des Valeurs du Nigéria (NSE) dont les mérites sont vantés, depuis la réforme sur la recapitalisation des banques nigérianes, aurait enregistré une perte de plus de 10 milliards de dollars du fait de la crise. La fronde sociale bat son plein et les grèves perlées des puissants syndicats nigérians ne sont pas de nature à calmer la tempête.
Ce scénario catastrophe qui éponge une décennie de croissance forte dans la République fédérale étale déjà ses tentacules sur le Bénin, taxé « d’Etat-entrepôt du Nigéria ». La baisse des recettes douanières est un fait mais reste à évaluer l’impact réel de la récession économique nigériane sur le Bénin.
Selon le Laboratoire d’analyses régionales et d’expertise sociale (LARES) du Professeur John Igué, la réexportation procure plus du tiers des recettes douanières et environ 14% des recettes budgétaires totale. La marge brute des sociétés d’import-export de Cotonou est estimée à plus de 30 milliards de francs Cfa. Ce chiffre ne prend pas même en compte les coûts générés par l’ensemble des services liés à l’opération d’importation (port, transitaires, banques, manutention, etc.). L’addition risque donc d’être salée.
Les secteurs grippés
Parmi les secteurs menacés, celui des véhicules d’occasion occupe une place de choix. En dépit des mesures d’interdiction prises par le Nigéria depuis 2002, ce pays reste la principale destination des véhicules dits « venus de France ». Les récentes statistiques du ministère en charge de l’économie maritime indiquent que plus de 80% des véhicules parqués sur les sites de Sèkandji et Ekpè sont achetés par les Nigérians. Lorsqu’on sait qu’en deux ans, ce commerce a rapporté plus de 46 milliards francs Cfa au cordon douanier, il y a lieu de s’inquiéter du recul de la demande en provenance de Lagos.
Le commerce des textiles doit avoir aussi pris un coup de bambou, les textiles étant l’un des produits qui animent l’activité de réexportation vers le Nigéria. C’est donc une situation de mévente que les commerçants indo-pakistanais qui contrôlent cette activité vivent, actuellement, ainsi que les revendeurs de friperies dont plus de 90% de balles qui transitent par le port de Cotonou sont tournés vers le marché nigérian. Même son de cloche chez les importateurs des poulets congelés qui, malgré les mesures restrictives nigérianes, étaient toujours sollicités par leurs partenaires nigérians. D’autres produits alimentaires tels que les huiles, le riz, les pates alimentaires ne sont pas épargnées.
Le fait que l’économie du Bénin est arrimé à celle du Géant de l’Est comporte des avantages, mais aussi des inconvénients, en cas de problèmes. Cela se ressent d’ailleurs à chaque fois que le Nigéria prend des mesures d’interdictions et renforce surtout le contrôle sur les frontières terrestres avec le Bénin. Il s’agit donc d’un paramètre capital à analyser par la commission mise en place, la semaine dernière, par le président de la République, pour proposer des réponses de politique économique contre la crise qui n’a pas encore révélé tout son impact sur l’économie béninoise.
Par Gnona
Le recul de la demande des matières premières, induite par la crise, a entraîné une chute brutale du cours des prix du pétrole brut au cours de ces derniers mois. Cette baisse accélérée du cours du brut a fortement grevé l’économie du Nigéria, premier producteur africain et 6è mondial, dont le pétrole occupe plus de 95% des recettes d’exportation. La perte considérable des revenus pétroliers, pendant ces derniers mois, a eu un effet d’entraînement sur les autres segments de l’économie du géant de l’Est, notamment de l’industrie automobile et le secteur textile. Aujourd’hui, Peugeot Nigeria est au bord de la faillite avec plus 25.000 emplois menacés. Autre signe frappant de cette récession économique, la bourse des Valeurs du Nigéria (NSE) dont les mérites sont vantés, depuis la réforme sur la recapitalisation des banques nigérianes, aurait enregistré une perte de plus de 10 milliards de dollars du fait de la crise. La fronde sociale bat son plein et les grèves perlées des puissants syndicats nigérians ne sont pas de nature à calmer la tempête.
Ce scénario catastrophe qui éponge une décennie de croissance forte dans la République fédérale étale déjà ses tentacules sur le Bénin, taxé « d’Etat-entrepôt du Nigéria ». La baisse des recettes douanières est un fait mais reste à évaluer l’impact réel de la récession économique nigériane sur le Bénin.
Selon le Laboratoire d’analyses régionales et d’expertise sociale (LARES) du Professeur John Igué, la réexportation procure plus du tiers des recettes douanières et environ 14% des recettes budgétaires totale. La marge brute des sociétés d’import-export de Cotonou est estimée à plus de 30 milliards de francs Cfa. Ce chiffre ne prend pas même en compte les coûts générés par l’ensemble des services liés à l’opération d’importation (port, transitaires, banques, manutention, etc.). L’addition risque donc d’être salée.
Les secteurs grippés
Parmi les secteurs menacés, celui des véhicules d’occasion occupe une place de choix. En dépit des mesures d’interdiction prises par le Nigéria depuis 2002, ce pays reste la principale destination des véhicules dits « venus de France ». Les récentes statistiques du ministère en charge de l’économie maritime indiquent que plus de 80% des véhicules parqués sur les sites de Sèkandji et Ekpè sont achetés par les Nigérians. Lorsqu’on sait qu’en deux ans, ce commerce a rapporté plus de 46 milliards francs Cfa au cordon douanier, il y a lieu de s’inquiéter du recul de la demande en provenance de Lagos.
Le commerce des textiles doit avoir aussi pris un coup de bambou, les textiles étant l’un des produits qui animent l’activité de réexportation vers le Nigéria. C’est donc une situation de mévente que les commerçants indo-pakistanais qui contrôlent cette activité vivent, actuellement, ainsi que les revendeurs de friperies dont plus de 90% de balles qui transitent par le port de Cotonou sont tournés vers le marché nigérian. Même son de cloche chez les importateurs des poulets congelés qui, malgré les mesures restrictives nigérianes, étaient toujours sollicités par leurs partenaires nigérians. D’autres produits alimentaires tels que les huiles, le riz, les pates alimentaires ne sont pas épargnées.
Le fait que l’économie du Bénin est arrimé à celle du Géant de l’Est comporte des avantages, mais aussi des inconvénients, en cas de problèmes. Cela se ressent d’ailleurs à chaque fois que le Nigéria prend des mesures d’interdictions et renforce surtout le contrôle sur les frontières terrestres avec le Bénin. Il s’agit donc d’un paramètre capital à analyser par la commission mise en place, la semaine dernière, par le président de la République, pour proposer des réponses de politique économique contre la crise qui n’a pas encore révélé tout son impact sur l’économie béninoise.
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