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L’avènement du gazoduc constitue, pour les autorités béninoises, une solution aux problèmes énergétiques, dont le pays est confronté. Toutefois, selon un ancien ministre béninois, le gaz naturel est loin d’être une panacée.


Bénin : des inquiétudes sur le prix du gaz naturel
« Il ne faut pas se faire d’illusions, je ne pense pas que l’avènement du gazoduc puisse réduire d’un cran le prix du gaz naturel », a déclaré un ancien ministre béninois de l’énergie et des mines. Selon lui, si la mise en œuvre du gazoduc viendra régler la problème de la disponibilité du gaz, qui est déjà entré dans l’usage de nombreux ménages au Bénin, il n’est pas évident qu’on assiste du coup à une baisse du prix de ce combustible, comme veulent le laisser croire les discours politiques.
‘’ Le coût du gaz sera encore lié aux fluctuations du marché mondial de l’énergie. Et si le prix du brut monte, cela aura un effet immédiat sur le gaz’’, soutient-il.
Au-delà de la logique du marché, le ministre fonde son analyse sur le fait que le Gazoduc sera géré par le secteur privé, en l’occurrence les multinationales dont la plupart interviennent la production du pétrole brut dans le Delta du Niger au Nigéria.
Les actionnaires actuels de la Sogao (Société de gestion du gazoduc ouest-africain sont : la Chevron Texaco West African Gas Pipeline Company Ltd (38,2%) ; la Nigerian National Petroleum Corporation (26,0%) ; la Shell Overseas Holdings Ltd (18,8%) ; la Takoradi Power Company Ltd (17,0%). La société béninoise de gaz (Sobegaz) et la société togolaise de gaz (Sobegaz) annoncées au début pour une participation de 2% chacune ne figurent plus parmi les actionnaires de la Sogao.
Cet avis est contraire aux promoteurs du projet qui soutiennent bec et ongle que le prix du gaz reviendrait deux fois moins cher. Etant donné que le gaz, dérivé du pétrole brut, était brûlé à la torche, ils estiment que sa commercialisation devra du coup revenir moins cher, le produit étant a priori destiné à la destruction.
A cet argument, le ministre, très averti de la logique capitaliste des multinationales, évoque le problème de la graine de coton. ‘’ Depuis que les huileries ont commencé par transformer le graine de coton au Bénin, ce produit fait l’objet de surenchère alors qu’avant, la graine n’avait aucun débouché après l’égrenage du coton’’, rappelle-t-il.
Mais quoi qu’en soit le prix, l’arrivée du gazoduc présente un intérêt économique certain pour le Bénin. D’abord, en temps que source d’énergie, le gaz naturel viendra alimenter les turbines à gaz de la SBEE, lui permettant de réduire les charges liées à l’usage du gasoil, surtout en cette période de délestage. Pour les ménages, également, l’abondance du gaz pourrait favoriser une dépréciation du prix sur le marché.
Au plan industriel, le gaz constitue une matière première pour les industries chimiques, les industries de fabrication des ustensiles en plastiques ainsi que les verreries.

Gnona AFANGBEDJI


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