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Lundi 7 Septembre 2009
Le Président de la République du Bénin, dans son interview télévisée du 1er Août, est encore revenu sur son ambition de diversifier l’agriculture béninoise. Diversification d’accord mais il faudra surtout éviter de confondre vitesse et précipitation afin que les diverses actions à entreprendre n’aboutissent pas, comme par le passé, à un constat d’échec.
Le Bénin sera émergent avec une agriculture diversifiée ou ne le sera pas. Le commandant de bord du navire du Changement l’a si bien compris qu’il fait de la diversification agricole un passage obligé pour atteindre le renouveau économique du Bénin. Le Président de la République a encore réaffirmé mercredi au cours de son interview télévisée du 1er Aout dernier sa détermination à sortir le Bénin du tout coton.
Contrairement à l’interprétation politique qu’on pourrait en faire, la diversification de l’agriculture béninoise loin d’être une option constitue un impératif de développement pour sortir le pays de la monoculture viscérale qui ne lui a pas rapporté grand-chose depuis 1960. Et comme on parle encore de l’indépendance, l’histoire retient que la diversification agricole avait déjà préoccupé les chantres d’une fédération de l’Afrique Occidentale française, comme Senghor au Sénégal et Modibo Kéîta au Mali qui depuis la fin des années 1950 avaient estimé que la région serait économique viable et puissante si toutes les colonies se mettaient ensemble pour sortir du cloisonnement économique dans lequel ils s’empêtraient. Malheureusement quatre sept ans après, la monoculture dicte toujours sa loi au Bénin, confinant ainsi le pays dans le triste système de ‘’ quand le coton va, tout va’’.
Mais, bien qu’on en soit toujours à l’étape de discours et de déclarations d’intentions, le régime actuel semble résolu à faire disparaître le syndrome de la monoculture. Qu’a cela ne tienne.
Toutefois, à l’étape actuelle du débat sur la diversification, il serait utile de s’interroger sur la vision et les stratégies qui sous-tendent la diversification. Et quand on parle de vision et de stratégies, cela suppose l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique cohérente de diversification agricole qui s’inspire des expériences passées en la matière et propose des innovations par rapport au nouveau contexte économique. Il ne s’agit donc pas d’opérer un saut dans l’inconnu du genre, ‘’ nous sommes en train d’importer de l’engrais du Nigéria pour faire le khénafe, le maïs ….’’.
Diversifier quoi et comment?
Il s’agira plutôt de faire des options de promotion de filière de produits bien ciblés. L’économie béninoise dans son essence est diversifiée d’autant qu’il y a une multitude de spéculations qui sont développées au Bénin en dehors du coton. Mais en terme de valeur ajoutée, ces produits n’apportent sensiblement rien à la croissance économique du pays.
Une récente étude de l’Adex (Association pour le développement des exportations) a démontré qu’en dehors du coton, le commerce de réexportation vers le Nigéria constitue le principal produit d’exportation du Bénin. En 2002, la part des recettes dans les exportations s’élevait à 104 milliards de francs Cfa soit 35% du total des exportations. Ce serait donc hasardeux pour un pays qui se veut émergent de porter ses espoirs sur le commerce de réexportation. Pire, l’étude réalisée par le cabinet AGRER indique que sept produits d’exportation (l’anacarde, l’ananas, le manioc, le karité, les produits de mers, le tourisme et le textile) ne pourront avoir à court terme qu’un impact limité sur la balance commerciale. Mais il est possible de renverser la tendance si l’Etat décide de s’investir dans la promotion de ces différents produits.
Une diversification méthodique et planifiée
Mais l’adage selon lequel ‘’ qui trop m’embrasse mal étreint’’ devra orienter le gouvernement dans sa politique de diversification. Au lieu, diversifier pour diversifier, il serait judicieux de procéder de façon progressive en organisant d’abord des filières porteuses à l’exportation (ananas, noix de cajou, produits de mers), en promouvant des matières premières importantes pour l’industrialisation (manioc, soja) ainsi que des spéculations stratégiques pour la sécurité alimentaire (maïs, riz, etc). Ces filières doivent être bien pensées depuis la production jusqu’à l’exportation pour les unes, à l’industrialisation et à la consommation pour les autres.
De nombreuses études déjà existantes sur ces produits méritent d’être actualisées et approfondies. Ce qui sous-tend que la diversification agricole est une affaire de longue haleine qui mérite d’être abordée avec une bonne méthodologie et une planification efficiente. Autrement, on aura investi dans la diversification sans obtenir les résultats escomptés. L’échec du projet manioc, un exemple de diversification agricole en est une illustration. Tous les gouvernements successifs depuis 1960 avaient la même ambition de faire de la diversification agricole. Mais tous ont échoué faute de méthode.
Gnona AFANGBEDJI
Contrairement à l’interprétation politique qu’on pourrait en faire, la diversification de l’agriculture béninoise loin d’être une option constitue un impératif de développement pour sortir le pays de la monoculture viscérale qui ne lui a pas rapporté grand-chose depuis 1960. Et comme on parle encore de l’indépendance, l’histoire retient que la diversification agricole avait déjà préoccupé les chantres d’une fédération de l’Afrique Occidentale française, comme Senghor au Sénégal et Modibo Kéîta au Mali qui depuis la fin des années 1950 avaient estimé que la région serait économique viable et puissante si toutes les colonies se mettaient ensemble pour sortir du cloisonnement économique dans lequel ils s’empêtraient. Malheureusement quatre sept ans après, la monoculture dicte toujours sa loi au Bénin, confinant ainsi le pays dans le triste système de ‘’ quand le coton va, tout va’’.
Mais, bien qu’on en soit toujours à l’étape de discours et de déclarations d’intentions, le régime actuel semble résolu à faire disparaître le syndrome de la monoculture. Qu’a cela ne tienne.
Toutefois, à l’étape actuelle du débat sur la diversification, il serait utile de s’interroger sur la vision et les stratégies qui sous-tendent la diversification. Et quand on parle de vision et de stratégies, cela suppose l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique cohérente de diversification agricole qui s’inspire des expériences passées en la matière et propose des innovations par rapport au nouveau contexte économique. Il ne s’agit donc pas d’opérer un saut dans l’inconnu du genre, ‘’ nous sommes en train d’importer de l’engrais du Nigéria pour faire le khénafe, le maïs ….’’.
Diversifier quoi et comment?
Il s’agira plutôt de faire des options de promotion de filière de produits bien ciblés. L’économie béninoise dans son essence est diversifiée d’autant qu’il y a une multitude de spéculations qui sont développées au Bénin en dehors du coton. Mais en terme de valeur ajoutée, ces produits n’apportent sensiblement rien à la croissance économique du pays.
Une récente étude de l’Adex (Association pour le développement des exportations) a démontré qu’en dehors du coton, le commerce de réexportation vers le Nigéria constitue le principal produit d’exportation du Bénin. En 2002, la part des recettes dans les exportations s’élevait à 104 milliards de francs Cfa soit 35% du total des exportations. Ce serait donc hasardeux pour un pays qui se veut émergent de porter ses espoirs sur le commerce de réexportation. Pire, l’étude réalisée par le cabinet AGRER indique que sept produits d’exportation (l’anacarde, l’ananas, le manioc, le karité, les produits de mers, le tourisme et le textile) ne pourront avoir à court terme qu’un impact limité sur la balance commerciale. Mais il est possible de renverser la tendance si l’Etat décide de s’investir dans la promotion de ces différents produits.
Une diversification méthodique et planifiée
Mais l’adage selon lequel ‘’ qui trop m’embrasse mal étreint’’ devra orienter le gouvernement dans sa politique de diversification. Au lieu, diversifier pour diversifier, il serait judicieux de procéder de façon progressive en organisant d’abord des filières porteuses à l’exportation (ananas, noix de cajou, produits de mers), en promouvant des matières premières importantes pour l’industrialisation (manioc, soja) ainsi que des spéculations stratégiques pour la sécurité alimentaire (maïs, riz, etc). Ces filières doivent être bien pensées depuis la production jusqu’à l’exportation pour les unes, à l’industrialisation et à la consommation pour les autres.
De nombreuses études déjà existantes sur ces produits méritent d’être actualisées et approfondies. Ce qui sous-tend que la diversification agricole est une affaire de longue haleine qui mérite d’être abordée avec une bonne méthodologie et une planification efficiente. Autrement, on aura investi dans la diversification sans obtenir les résultats escomptés. L’échec du projet manioc, un exemple de diversification agricole en est une illustration. Tous les gouvernements successifs depuis 1960 avaient la même ambition de faire de la diversification agricole. Mais tous ont échoué faute de méthode.
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