Le blog de Gnona


MARQUEE avec une BORDURE
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C’est un euphémisme que d’affirmer l’économie béninoise va actuellement mal. Problèmes de communications, crise énergétiques, difficultés des entreprises à recouvrer les dettes de l’Etat… le cocktail est assez explosif pour aboutir que le gouvernement n’atteigne pas ses objectifs de croissance.


Cotonou, la capitale économique du Bénin
Cotonou, la capitale économique du Bénin
Le gouvernement béninois, à travers le ministre du commerce a fait, fin décembre, le constat amer que la morosité économique qui tenaille le Bénin depuis bientôt trois ans, persiste toujours. Et au ministre de faire des promesses d’une relance économique avec à la clé un paquet de mesures devant permettre au secteur privé de souffler. La situation semble se dégrader au point que, dans les discussions privées, certains chefs d’entreprises évoquent la possibilité d’envoyer une partie de leur personnel au chômage technique. Au départ, la morosité économique du Bénin était, principalement, liée à deux facteurs exogènes à savoir les mesures restrictives prises par le Nigéria et la flambée du prix du pétrole conjuguée avec la baisse du cours du dollar. Mais en 2006 déjà, la situation des opérateurs économiques, qui espérait le retour à la croissance, avec le nouveau régime, s’était compliquée avec les mesures prises par le gouvernement pour une gestion plus rationnelle de la dette intérieure. Conséquence : beaucoup d’entreprises ont vu leurs créances mises en quarantaine sous prétexte que les pratiques de règlement de la commande publique, sous l’ancien régime, étaient loin de l’orthodoxie financière. Des dizaines de milliards de francs Cfa de dettes sont restées à ce jour impayé, le gouvernement voulant, semble-t-il, voir clair dans la situation. Même si l’on doit accorder au gouvernement, le crédit de vouloir renouer avec une gestion saine des finances publiques, il se trouve que le temps mis pour remettre les choses en ordre, a affecté sérieusement les créanciers de l’Etat. L’une des raisons de ce retard, c’est la passe d’arme entre le gouvernement et le secteur privé qui n’accordent pas leurs violons ni sur le montant réel de la dette et les modalités de remboursement.

Une crise énergétique qui n’en finit pas

A côté des difficultés des opérateurs économiques actuellement à recouvrer leurs créances vis-à-vis de l’Etat, la crise énergétique, qui sévit toujours, n’est pas de nature à arranger les choses. Les entreprises tournent, aujourd’hui au rythme des coupures d’électricité avec leur cortège de désagréments divers qui affectent le fonctionnement normal des entreprises. La régression de l’activité industrielle est évidente. Dans le même temps, le Bénin a toujours du mal à sortir du bug des télécommunications, depuis que les installations des opérateurs GSM ont été démantelées. La coupe est assez pleine pour que les indicateurs déjà alarmants de l’économie béninoise virent davantage au rouge. En attendant que la fourniture de l’énergie électrique soit normalisée, à partir des turbines à gaz promises par le gouvernement, il devient impérieux d’éjecter de l’argent frais dans l’économie.

Par Gnona AFANGBEDJI


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On ne le dira pas assez, nous ramons toujours, au Bénin, à contre courant de l’évolution technologique, à cause de cette tendance viscérale que nous avons à mettre toujours la charrue avant les bœufs.


Les téléchargements de musique demeurent encore un calvaire au Bénin
Les téléchargements de musique demeurent encore un calvaire au Bénin
L’Internet est un outil efficace qui a révolutionné le monde et on ne peut pas dire aujourd’hui que le Bénin a raté la coche de la nouvelle société de l’Information. Bien au contraire ! Malheureusement, il se fait que l’usage efficient de cet outil est plombé par le manque d’infrastructures en matières de télécommunications.
J’ai assisté ce matin à une formation des associations professionnelles du secteur privé sur l’usage de l’Internet. Mais quel était le désarroi, du formateur venu de Paris, qui avait eu toutes les peines du monde à ouvrir une page en image. On était, pourtant, dans une grande structure de formation à distance où l’usage de l’Internet est la chose la mieux partagée. La connexion était nulle, pour utiliser le jargon des internautes.
La raison de ce black-out est simple. Notre bande passante est très faible. Pourtant le Bénin a dépensé plus de 30 milliards de francs Cfa pour obtenir la fibre optique. A peine 12% de cette fibre est actuellement utilisé. Un collègue, revenu récemment d’une tournée de Ouagadougou (Burkina) et de Bamako (Mali), me parlait hier du confort qu’il a eu à naviguer dans ces deux capitales africaines. Au Ghana, au Sénégal, c’est nickel.
Apparemment, le problème n’est plus un problème africain mais plutôt béninois. Si nous tenons à faire de ce pays, ‘’un pays émergent’’, comme disent les politiciens, il va falloir travailler sérieusement sur les facteurs de production. La fibre optique est un.

Gnona AFANGBEDJI

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Le nouvel échec des négociations du cycle de Doha à Postdam, en Allemagne, constitue une difficulté supplémentaire pour le coton, plombée par les subventions accordées aux agriculteurs des pays développés.


Ce petit producteur malien est forcément dans la merde
Ce petit producteur malien est forcément dans la merde
La réunion de dernière chance tenue la semaine dernière entre les Etats-Unis, le Brésil, l’Inde et l’Union européenne pour sauver le cycle de Doha a tourné au fiasco. Loin de trouver un compris sur les questions essentielles concernant l’ouverture des marchés des pays émergents et du Sud aux productions industrielles de ceux du Nord contre un abaissement des barrières douanières et une suppression des subventions agricoles, ces pays se retrouvés pour faire simplement le constat de leur désaccord, renvoyant ainsi les attentes des cotonculteurs africains aux calendes grecques.

Pour certains spécialistes des négociations multilatérales, Postdam a sonné l’enterrement définitif du Cycle de Doha. Pourtant, l’aboutissement de ce cycle dit de développement, a-t-on annoncé, favorisé une concurrence loyale et des échanges équitables comme l’ont toujours demandé les producteurs africains.

Au sortir de la conférence ministérielle de Hong Kong en décembre 2005, la suppression des mesures de soutiens internes, à l’origine de la plupart des distorsions au commerce avait été soumise au progrès des négociations sur le cycle de Doha. Deux ans après ces négociations sont toujours au point mort. Pis encore, l’échec de Postdam laisse présager qu’il faudrait encore du temps pour revoir encore les grands tenants des négociations commerciales à la table de négociation. C’est dire que l’ouverture offerte par les pays riches, lors de la conférence de Hong Kong n’aura été que de la poudre aux yeux. En définitive, les pays africains n’avaient conclu qu’un marché de dupes.
Le doute qui s’installe autour de l’avenir du Cycle de Doha constitue une menace supplémentaire pour les filières cotonnières africaines qui constituent le gagne-pain de plus de 10 millions de paysans démunis. Car, le maintien du statu quo suppose la poursuite des subventions des pays riches qui ne font que tirer le prix du coton vers le bas.
Même si ces derniers jours, il a été noté un relèvement du cours du coton, il n’en demeure pas moins certain que le nouvel échec des négociations constitue un nouveau coup de assommoir sur le coton africain.
Déjà étranglés financièrement par le déficit de la campagne 2006-2007 estimé à 400 milliards de francs CFA pour l’Afrique de l’Ouest et Centre, les cotonculteurs devront affronter la campagne 2007-2008 sans l’avoir l’assurance que le commerce international pèserait en leur faveur. Pourtant ces paysans n’ont jamais demandé de cadeaux. Mais simplement un bon fonctionnement du marché international à travers l’application des principes de base de l’Organisation mondiale du Commerce (Omc). Quand on voit que ce sont les principaux pays donateurs de l’Afrique qui l’empêchent à commercer de façon équitable, il y a lieu de se poser des questions sur le sens du co-développement.

Gnona AFANGBEDJI

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L’avènement du gazoduc constitue, pour les autorités béninoises, une solution aux problèmes énergétiques, dont le pays est confronté. Toutefois, selon un ancien ministre béninois, le gaz naturel est loin d’être une panacée.


Bénin : des inquiétudes sur le prix du gaz naturel
« Il ne faut pas se faire d’illusions, je ne pense pas que l’avènement du gazoduc puisse réduire d’un cran le prix du gaz naturel », a déclaré un ancien ministre béninois de l’énergie et des mines. Selon lui, si la mise en œuvre du gazoduc viendra régler la problème de la disponibilité du gaz, qui est déjà entré dans l’usage de nombreux ménages au Bénin, il n’est pas évident qu’on assiste du coup à une baisse du prix de ce combustible, comme veulent le laisser croire les discours politiques.
‘’ Le coût du gaz sera encore lié aux fluctuations du marché mondial de l’énergie. Et si le prix du brut monte, cela aura un effet immédiat sur le gaz’’, soutient-il.
Au-delà de la logique du marché, le ministre fonde son analyse sur le fait que le Gazoduc sera géré par le secteur privé, en l’occurrence les multinationales dont la plupart interviennent la production du pétrole brut dans le Delta du Niger au Nigéria.
Les actionnaires actuels de la Sogao (Société de gestion du gazoduc ouest-africain sont : la Chevron Texaco West African Gas Pipeline Company Ltd (38,2%) ; la Nigerian National Petroleum Corporation (26,0%) ; la Shell Overseas Holdings Ltd (18,8%) ; la Takoradi Power Company Ltd (17,0%). La société béninoise de gaz (Sobegaz) et la société togolaise de gaz (Sobegaz) annoncées au début pour une participation de 2% chacune ne figurent plus parmi les actionnaires de la Sogao.
Cet avis est contraire aux promoteurs du projet qui soutiennent bec et ongle que le prix du gaz reviendrait deux fois moins cher. Etant donné que le gaz, dérivé du pétrole brut, était brûlé à la torche, ils estiment que sa commercialisation devra du coup revenir moins cher, le produit étant a priori destiné à la destruction.
A cet argument, le ministre, très averti de la logique capitaliste des multinationales, évoque le problème de la graine de coton. ‘’ Depuis que les huileries ont commencé par transformer le graine de coton au Bénin, ce produit fait l’objet de surenchère alors qu’avant, la graine n’avait aucun débouché après l’égrenage du coton’’, rappelle-t-il.
Mais quoi qu’en soit le prix, l’arrivée du gazoduc présente un intérêt économique certain pour le Bénin. D’abord, en temps que source d’énergie, le gaz naturel viendra alimenter les turbines à gaz de la SBEE, lui permettant de réduire les charges liées à l’usage du gasoil, surtout en cette période de délestage. Pour les ménages, également, l’abondance du gaz pourrait favoriser une dépréciation du prix sur le marché.
Au plan industriel, le gaz constitue une matière première pour les industries chimiques, les industries de fabrication des ustensiles en plastiques ainsi que les verreries.

Gnona AFANGBEDJI

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