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Rédigé le 09/08/2011 Dernière modification le 09/08/2011 - 18:54Nassirou Bako-Arifari : Un intrus chez les diplomatesMinistre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine, de la Francophonie et des Béninois de l’ExtérieurSocio-anthropologue de haut vol, Nassirou Bako-Arifari s’engage à relever ce qui constitue pour lui un nouveau défi. Après avoir réalisé de main de maître la Liste électorale permanente informatisée et s’être vu renouveler son mandat de député à l’Assemblée nationale, il est nommé ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine, de la Francophonie et des Béninois de l’Extérieur. Si la tâche s’annonce quelque peu difficile pour ce néophyte de la diplomatie béninoise, elle est loin de supplanter ses qualités et capacités intellectuelles et son leadership.
Nassirou Bako-Arifari, Ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine, de la Francophonie et des Béninois de l’Extérieur
A la tête du ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine, de la Francophonie et des Béninois de l’Extérieur, un diplomate de renom cède sa place à un intrus. L’opinion nationale est quelque peu interloquée par la nomination de Nassirou Bako-Arifari à ce poste et redoute des lendemains difficiles pour la diplomatie béninoise. En prenant les commandes du ministère en charge des Affaires étrangères des mains de son prédécesseur le 31 mai 2011, Nassirou Bako-Arifari a pleinement conscience de la tâche qui l’attend à la tête de ce département ministériel. Le député qui laisse désormais son titre pour celui de membre du gouvernement de Boni Yayi II est un homme de défi. Et s’imposer dans la maison des diplomates et valoriser davantage l’image du Bénin constitue le nouveau challenge pour lui qui a réussi à concrétiser le projet de réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (LEPI) contre vents et marées. Un projet fortement politisé qui ne s’est pas fait sans tumultes et autres remous. Si d’aucuns l’ont applaudi pour avoir su conduire à son terme ce projet, d’autres par contre continuent d’avoir des griefs contre le natif de Karimama, localité du Nord-Ouest du pays.
Comme s’il n’est fait que pour relever des missions impossibles, Nassirou Bako-Arifari entend faire de sa promotion à la tête des Affaires étrangères une opportunité pour relancer davantage la diplomatie béninoise. D’ailleurs le ministre Jean Marie Ehouzou, à l’occasion de la passation de service, n’a nullement douté des qualités et capacités intellectuelles et de leadership de son successeur à « réaliser ses ambitions de rendre la diplomatie béninoise plus rayonnante dans le monde ». Un solide bagage Déjà il devra s’atteler à préparer la visite au Bénin du Pape Benoît XVI du 18 au 20 novembre 2011, poursuivre les réformes structurelles au niveau du ministère en vue d’adapter l’appareil diplomatique aux nouveaux défis du monde contemporain, procéder à la relecture des textes régissant la matière administrative et financière dudit ministère, veiller à la gestion rationnelle de la carrière des agents du ministère et mettre en place des plans de carrière à leur profit. Au-delà de ces chantiers, maintenir le Bénin dans le concert des nations comme l’a su bien faire son prédécesseur à travers une diplomatie offensive, est une préoccupation essentielle. En bon politicien sachant apprécier les enjeux, il devra faire preuve de… diplomatie tout en n’étant pas de cet univers pour rallier à sa cause les cadres afin de mieux définir sa politique. Né le 30 octobre 1962, l’ancien député qui a connu sa première élection en 2007 s’est tôt révélé comme l’une des valeurs sûres de la politique nationale. Il aura été de ceux qui ont marqué la vie de la cinquième mandature de l’Assemblée nationale à travers sa participation aux débats parlementaires et au vote de lois engageant la vie de la Nation. Un des animateurs du groupe parlementaire G13, il prendra ses distances vis-à-vis de ses membres vers la fin de la cinquième mandature pour se consacrer exclusivement à sa mission de superviseur général de la CPS/LEPI. Une scission mise au goût du jour lors des élections législatives d’avril 2011 où il s’était engagé avec l’alliance Amana. Pour un coup d’essai avec cette coalition, ce fut un coup de maître puisqu’il sera réélu député. Une prouesse qu’il devra désormais prouver au poste de ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine, de la Francophonie et des Béninois de l’Extérieur. Par Gérard GUEDEGBE
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