Rédigé le 20/01/2012 Dernière modification le 20/01/2012 - 15:29

Le géant allemand de la droguerie Schlecker en faillite



La chaîne allemande de droguerie Schlecker, confrontée à un manque de liquidités, a annoncé vendredi qu'elle allait "déposer le bilan très prochainement" afin d'obtenir un répit de ses créanciers et de pouvoir mener une restructuration.



Une femme passe devant une droguerie Schlecker en Allemagne
Une femme passe devant une droguerie Schlecker en Allemagne
Schlecker, entreprise familiale extrêmement secrète et souvent critiquée en Allemagne pour les conditions de travail dans ses magasins, a assuré dans un communiqué que son but était de garder "la majeure partie de ses succursales et emplois". Le groupe emploie 30.000 personnes en Allemagne et 17.000 dans d'autres pays, dont la France.

"L'activité continue sans changement et le paiement des salaires est garanti", a indiqué la société, qui dit que la famille propriétaire "a pris cette décision difficile (du dépôt de bilan) pour pouvoir avancer sur le chemin de la restructuration".

"Si nos créanciers suivent notre plan, la direction actuelle restera en place", a-t-elle précisé dans son communiqué.

Schlecker avait récemment fait état d'un recul de ses ventes en 2010, de 650 millions d'euros sur un an à 6,55 milliards d'euros, et table sur une nouvelle érosion en 2011.

La société ne donne traditionnellement aucune indication sur son bénéfice ou ses pertes. Les spécialistes du secteur de la distribution estiment toutefois qu'elle est déficitaire depuis trois ans.

Elle compte 7.000 magasins en Allemagne et 3.000 autres en Autriche, Espagne, France, Italie, République tchèque, Pologne et Portugal, dans lesquels on trouve aussi bien du shampoing que du liquide-vaisselle, de la nourriture pour chien ou du lait en poudre pour bébé.

Schlecker souffre d'une image vieillotte et de la concurrence de nouvelles chaînes de drogueries comme DM ou Rossmann, dont les magasins sont plus vastes et plus attrayants.

Le groupe est dans le viseur des syndicats depuis plusieurs années. Ils lui reprochent de soumettre ses salariés à des conditions de travail à la limite du supportable (contrats précaires, salaires très bas etc.) et à une pression psychologique très forte, allant jusqu'à l'espionnage.

© AFP
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