Avec de tels chiffres, le continent attire les investissements des grosses compagnies du secteur. Les investissements sur le continent ont donc progressé de 4% en 2009 alors qu’ils ont chuté de 16% au niveau mondial. Ils devraient atteindre 30% des investissements mondiaux dans l’offshore d’ici à 2030.
La production de pétrole en Afrique
L’Angola et le Nigeria sont désormais les deux premiers producteurs africains incontestés, devant l’Algérie et la Libye qui détiennent pourtant les plus importantes réserves de brut (56 milliards de barils estimés). L’Angola est devenu en 2009 le premier producteur du continent avec une production de 2 millions de barils/jour. Avec 1,9 millions de barils/jour, le Nigeria, longtemps principal producteur africain, a vu sa production baisser de 25% au cours des deux dernières années.
La Guinée Equatoriale, produit depuis 2004 environ 360 000 barils/jour. Le Soudan, avec une production d’environ 337 000 barils/jour, est aujourd’hui devant le Congo-Brazzaville (240 000 barils/jour) et le Gabon (235 000 barils/jour). Dernier producteur africain: le Ghana a récemment découvert des gisements de pétrole sur son territoire à Kubilee, Il produit 150 000 barils/jour.
Les Africains ont créé l’Association des Pays Producteurs Africains (APPA) – qui couvre aussi l’Afrique du Nord – pour défendre leurs intérêts communs. Mais la majorité des réserves africaines de pétrole est exploitée par les majors occidentales que l’on appelle les « Big Five » (Total, BP, Chevron, Shell et Exxon Mobil) auxquels les Etats africains vendent des concessions.
Le pétrole africain couvre actuellement près du cinquième des importations américaines et le tiers des importations chinoises
Plusieurs facteurs expliquent le regain d’intérêt que suscite le pétrole africain. D’abord, les événements du 11 septembre 2001 ont déclenché une véritable ruée des Etats Unis vers le pétrole africain dans le but de réduire leur dépendance historique à l’égard du Moyen Orient. Dès 2002, les responsables américains ont reconnu la valeur « stratégique » des réserves d’hydrocarbures du continent africain.
Parallèlement à l’intérêt des Etats Unis, l’émergence de la Chine a également contribué à l’essor du pétrole africain. Avec un taux de croissance de 10% par an, la Chine est le deuxième consommateur au monde de pétrole et l'Afrique fournit aujourd'hui à l'empire du Milieu plus du tiers de son brut. Conséquence: la Chine cherche à s’installer durablement en Afrique et les grandes majors chinoises du pétrole comme CNPC (China National Petroleum Corporation), Sinopec (la corporation pétrochimique de Chine, deuxième plus grand compagnie pétrolière chinoise), CNOOC (China National Offshore Oil Corporation) ont depuis quelques années une politique active d'acquisition du pétrole.
Les Chinois investissent dans le pétrole africain et concurrencent les compagnies occidentales
SINOPEC, en rachetant la compagnie canadienne Addax Petroleum en août 2009, a acquis plusieurs permis d’exploration et de production pétrolières au Nigeria. Quelque mois plus tard, c’est la Chinese National Offshore Oil Corporation (Cnooc) qui a proposé au Nigéria 50 milliards de dollars pour acquérir des parts détenues par l’État dans vingt-trois permis exploités par des compagnies européennes et américaines (Royal Dutch Shell, Total, Eni/Agip, ExxonMobil, Chevron). L’objectif chinois est donc de pénétrer le marché africain et de concurrencer les firmes occidentales traditionnelles que constituent les Big Five (Total, BP, Chevron, Shell et Exxon Mobil).
La concurrence des grandes compagnies pétrolières sur le continent africain n’en est qu’au début car le pétrole africain intéresse aujourd’hui tous les pays émergents que sont l’Inde, la Russie et le Brésil.
Avec Afrique Avenir