Rédigé le 25/06/2010 Dernière modification le 25/06/2010 - 04:51

Le boom de la production du pétrole en Afrique



Avec près de 10 % des ré­serves de pé­trole de la pla­nète, le conti­nent afri­cain est plus que ja­mais au centre de toutes les at­ten­tions. Pro­dui­sant au­tant que l’Iran, le Ve­ne­zue­la et le Mexique réunis, la pro­duc­tion pé­tro­lière afri­caine a aug­men­té de 40% entre 1990 et 2004 et de­vrait re­pré­sen­ter près de 15% de la pro­duc­tion mon­diale vers 2020.



Carte de pays producteurs du pétrole en Afrique
Carte de pays producteurs du pétrole en Afrique
Avec de tels chiffres, le conti­nent at­tire les in­ves­tis­se­ments des grosses com­pa­gnies du sec­teur. Les in­ves­tis­se­ments sur le conti­nent ont donc pro­gres­sé de 4% en 2009 alors qu’ils ont chuté de 16% au ni­veau mon­dial. Ils de­vraient at­teindre 30% des in­ves­tis­se­ments mon­diaux dans l’off­shore d’ici à 2030.

La pro­duc­tion de pé­trole en Afrique

L’An­go­la et le Ni­ge­ria sont dé­sor­mais les deux pre­miers pro­duc­teurs afri­cains in­con­tes­tés, de­vant l’Al­gé­rie et la Libye qui dé­tiennent pour­tant les plus im­por­tantes ré­serves de brut (56 mil­liards de ba­rils es­ti­més). L’An­go­la est de­ve­nu en 2009 le pre­mier pro­duc­teur du conti­nent avec une pro­duc­tion de 2 mil­lions de ba­rils/jour. Avec 1,9 mil­lions de ba­rils/jour, le Ni­ge­ria, long­temps prin­ci­pal pro­duc­teur afri­cain, a vu sa pro­duc­tion bais­ser de 25% au cours des deux der­nières an­nées.
La Gui­née Equa­to­riale, pro­duit de­puis 2004 en­vi­ron 360 000 ba­rils/jour. Le Sou­dan, avec une pro­duc­tion d’en­vi­ron 337 000 ba­rils/jour, est au­jourd’hui de­vant le Congo-​Braz­za­ville (240 000 ba­rils/jour) et le Gabon (235 000 ba­rils/jour). Der­nier pro­duc­teur afri­cain: le Ghana a ré­cem­ment dé­cou­vert des gi­se­ments de pé­trole sur son ter­ri­toire à Ku­bi­lee, Il pro­duit 150 000 ba­rils/jour.
Les Afri­cains ont créé l’As­so­cia­tion des Pays Pro­duc­teurs Afri­cains (APPA) – qui couvre aussi l’Afrique du Nord – pour dé­fendre leurs in­té­rêts com­muns. Mais la ma­jo­ri­té des ré­serves afri­caines de pé­trole est ex­ploi­tée par les ma­jors oc­ci­den­tales que l’on ap­pelle les « Big Five » (Total, BP, Che­vron, Shell et Exxon Mobil) aux­quels les Etats afri­cains vendent des conces­sions.


Le pé­trole afri­cain couvre ac­tuel­le­ment près du cin­quième des im­por­ta­tions amé­ri­caines et le tiers des im­por­ta­tions chi­noises

Plu­sieurs fac­teurs ex­pliquent le re­gain d’in­té­rêt que sus­cite le pé­trole afri­cain. D’abord, les évé­ne­ments du 11 sep­tembre 2001 ont dé­clen­ché une vé­ri­table ruée des Etats Unis vers le pé­trole afri­cain dans le but de ré­duire leur dé­pen­dance his­to­rique à l’égard du Moyen Orient. Dès 2002, les res­pon­sables amé­ri­cains ont re­con­nu la va­leur « stra­té­gique » des ré­serves d’hy­dro­car­bures du conti­nent afri­cain.
Pa­ral­lè­le­ment à l’in­té­rêt des Etats Unis, l’émer­gence de la Chine a éga­le­ment contri­bué à l’essor du pé­trole afri­cain. Avec un taux de crois­sance de 10% par an, la Chine est le deuxième consom­ma­teur au monde de pé­trole et l'Afrique four­nit au­jourd'hui à l'em­pire du Mi­lieu plus du tiers de son brut. Consé­quence: la Chine cherche à s’ins­tal­ler du­ra­ble­ment en Afrique et les grandes ma­jors chi­noises du pé­trole comme CNPC (China Na­tio­nal Pe­tro­leum Cor­po­ra­tion), Si­no­pec (la cor­po­ra­tion pé­tro­chi­mique de Chine, deuxième plus grand com­pa­gnie pé­tro­lière chi­noise), CNOOC (China Na­tio­nal Off­shore Oil Cor­po­ra­tion) ont de­puis quelques an­nées une po­li­tique ac­tive d'ac­qui­si­tion du pé­trole.

Les Chi­nois in­ves­tissent dans le pé­trole afri­cain et concur­rencent les com­pa­gnies oc­ci­den­tales

SI­NO­PEC, en ra­che­tant la com­pa­gnie ca­na­dienne Addax Pe­tro­leum en août 2009, a ac­quis plu­sieurs per­mis d’ex­plo­ra­tion et de pro­duc­tion pé­tro­lières au Ni­ge­ria. Quelque mois plus tard, c’est la Chi­nese Na­tio­nal Off­shore Oil Cor­po­ra­tion (Cnooc) qui a pro­po­sé au Ni­gé­ria 50 mil­liards de dol­lars pour ac­qué­rir des parts dé­te­nues par l’État dans vingt-​trois per­mis ex­ploi­tés par des com­pa­gnies eu­ro­péennes et amé­ri­caines (Royal Dutch Shell, Total, Eni/Agip, Exxon­Mo­bil, Che­vron). L’ob­jec­tif chi­nois est donc de pé­né­trer le mar­ché afri­cain et de concur­ren­cer les firmes oc­ci­den­tales tra­di­tion­nelles que consti­tuent les Big Five (Total, BP, Che­vron, Shell et Exxon Mobil).
La concur­rence des grandes com­pa­gnies pé­tro­lières sur le conti­nent afri­cain n’en est qu’au début car le pé­trole afri­cain in­té­resse au­jourd’hui tous les pays émer­gents que sont l’Inde, la Rus­sie et le Bré­sil.

Avec Afrique Avenir
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