Rédigé le 02/08/2009 Dernière modification le 02/08/2009 - 01:01

La récession s'atténue mais la consommation chute aux Etats-Unis



La récession la plus grave aux Etats-Unis depuis la Grande Dépression des années 1930 s'est atténuée au deuxième trimestre, ce qui ravive les espoirs d'un retour à la croissance au second semestre mais la reprise pourrait être fragile car les consommateurs continuent de se serrer la ceinture.



La récession s'atténue mais la consommation chute aux Etats-Unis
Le produit intérieur brut (PIB), qui mesure l'ensemble des biens et services produits à l'intérieur des frontières américaines, a reculé de 1,0% en rythme annualisé sur la période avril-juin, d'après la première estimation publiée vendredi par le département du Commerce. Les économistes interrogés par Reuters tablaient en moyenne sur un recul de 1,5%.
Le PIB avait précédemment chuté de 6,4% sur la période allant de janvier à mars, une baisse sans précédent depuis le premier trimestre 1982. La précédente estimation du PIB pour le premier trimestre faisait ressortir une baisse de 5,5%.
Sur un an, le PIB a reculé de 3,9% au deuxième trimestre, une baisse record. Le PIB enregistre ainsi son quatrième trimestre de baisse d'affilée, du jamais vu depuis la création de la série statistique en 1947.
Pour les économistes, ces chiffres, en montrant une modération du rythme de la contraction de postes clés comme l'investissement des entreprises ou les exportations, est la preuve la plus claire à ce jour que la récession touche à sa fin.
"La récession vit ses dernière heures. Les chiffres d'aujourd'hui montrent que les lueurs d'espoirs recommencent à briller et que l'économie a fini par prendre le chemin de la reprise", a estimé Chris Rupkey, chef économiste de Bank of Tokyo-Mitsubishi à New York.
Mais la reprise annoncée sera sans doute ténue.
La consommation des ménages, qui représente à elle seule plus de deux tiers de l'activité économique a reculé de 1,2% au deuxième trimestre alors qu'elle avait augmenté de 0,6% sur les trois premiers mois de l'année. Cette baisse a amputé le PIB d'avril-juin de 0,88 point de pourcentage.
"L'amélioration du second semestre sera sans doute irrégulière et l'économie ne fonctionnera pas à plein régime avant que les dépenses de consommation et l'investissement des entreprises, qui représentent trois quarts du PIB, reviennent à la normale", estime Chris Rupkey.

OBAMA PRUDEMMENT OPTIMISTE

Wall Street était en légère hausse dans l'après-midi après ces chiffres, la Bourse profitant aussi d'un autre indicateur reflétant une amélioration de l'activité dans la région de Chicago à son meilleur niveau depuis septembre dernier.
A la Maison blanche, Barack Obama s'est dit "prudemment optimiste" sur l'évolution de la situation économique même s'il a reconnu que les chiffres de l'emploi en juillet, attendus vendredi prochain, devraient encore montrer des suppressions de postes "bien trop nombreuses". Les économistes interrogés par Reuters estiment que 320.000 emplois ont été supprimés en juillet.
"Le PIB d'aujourd'hui est un signe important montrant que l'économie est orientée dans la bonne direction et que l'investissement des entreprises, qui s'effondrait ces derniers mois, montre des signes de stabilisation", a ajouté le président.
L'enquête du département du Commerce montre en effet que les investissements des entreprises ont diminué de 8,9% au deuxième trimestre après avoir chuté de 39,2% au trimestre précédent.
Les investissements dans l'immobilier résidentiel, dont la contraction a été l'un des principaux facteurs de la récession, ont reculé de 29,3% d'avril à juin, après avoir chuté de 38,2% au premier trimestre.
Les stocks des entreprises ont parallèlement continué de peser sur le PIB, affichant une baisse record de 141,1 milliards de dollars au deuxième trimestre, après une chute de 113,9 milliards au cours des trois premiers mois de l'année.
Cette nouvelle baisse a amputé le PIB de 0,83 point de pourcentage, mais ce déstockage massif pourrait favoriser le rebond attendu au troisième trimestre.
"Cela ouvre vraiment la voie à un chiffre de croissance positif au troisième trimestre, peut-être même à un rebond assez marqué étant donné l'ampleur de la réduction des stocks", a dit John Ryding, chef économiste de RDQ Economics à New York.
De fait, si l'on exclut les stocks, le PIB a baissé de seulement 0,2% au deuxième trimestre après un recul de 4,1% lors des trois mois précédents, a précisé le département du Commerce. La chute des exportations a en revanche été enrayée. Elles ont baissé de 7,0%, après une chute de 29,9% au premier trimestre.
Le coût de la main d'oeuvre a par ailleurs augmenté de 0,4% au deuxième trimestre, davantage que ce qu'attendaient les analystes.
Le département du Commerce a en outre révisé les statistiques de l'année 2008 qui a enregistré une croissance de 0,4%, la plus faible depuis 1991, alors que la dernière estimation faisait état d'une progression de 1,1%.

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