Rédigé le 10/09/2009 Dernière modification le 10/09/2009 - 03:18

L'aide internationale afflue pour les 150.000 sinistrés de "Ouaga"



De la farine, des moustiquaires, du savon et des millions: l'aide internationale afflue au Burkina Faso, une semaine après les pluies diluviennes qui ont tué huit personnes dans le pays et détruit plus de 24.000 habitations dans la capitale.



Des Burkinabès dans une rue inondée de Ouagadougou
Des Burkinabès dans une rue inondée de Ouagadougou
De la farine, des moustiquaires, du savon et des millions: l'aide internationale afflue au Burkina Faso, une semaine après les pluies diluviennes qui ont tué huit personnes dans le pays et détruit plus de 24.000 habitations dans la capitale.
Face à la "catastrophe la plus grave jamais vécue par la ville de Ouagadougou", le Premier ministre Tertius Zongo avait appelé la semaine dernière à la "solidarité nationale et internationale".
Depuis, l'Union européenne a débloqué 2 millions d?euros pour la fourniture de vivres, de médicaments, de moustiquaires, d'eau potable et de vêtements. Les Etats-Unis apporteront 50.000 dollars et la France a attribué mercredi 100.000 euros à l'organisation Action contre la faim pour la viabilisation des sites de regroupement des sinistrés à Ouagadougou.
Le Japon, le Canada, l'Allemagne, Taiwan ou encore la Côte d'Ivoire ont également annoncé des dons, selon M. Zongo.
Une douzaine de pays d'Afrique de l'Ouest, dont le Burkina Faso, souffrent de graves inondations qui, depuis juin, ont fait plus de 159 morts et affecté près de 600.000 personnes, dans des villes et localités mal préparées pour faire face aux pluies saisonnières de plus en plus abondantes.
"Nous déposons ici quatre-vingts balles de nattes, cinq de couverture, trois de friperie, vingt sacs de farine, de l'huile, dix cartons de savon et des moustiquaires", énumère Paul Zoungrana, qui distribue l'aide recueillie à la mairie de l'arrondissement de Baskuy, l'un des plus touchés de "Ouaga".
Le conducteur de la camionnette bâchée manoeuvre pour se garer quand des dizaines de sinistrés approchent pour palper son chargement. "Il me faut une moustiquaire" lance une sinistrée qui calme difficilement un bébé en larmes sur son dos.
"Il y a trop de moustiques ici, on ne dort pas la nuit", dit-elle au maire de Ouagadougou, Simon Compaoré venu s'enquérir des conditions de vie des 1.737 personnes "réfugiés" à l'école Nemnin.
Au total, 150.000 Ouagalais se retrouvent sans abri depuis les inondations du 1er septembre selon le gouvernement.
Des experts de l'ONU sont venus sur place "évaluer la situation" afin d'apporter "l'aide appropriée" a indiqué à l'AFP le coordinateur du système des Nations unies au Burkina, Babacar Cissé.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a débuté les distributions de nourriture, pour couvrir les besoins des sinistrés pendant deux semaines. Les organisations humanitaires CRS (Catholic relief services) et Africare apporteront des vivres pour deux autres semaines.
Le Bureau local de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a offert 96 millions de FCFA (146.000 euros). Et l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa, 8 pays), dont le siège à Ouagadougou a été inondé, a débloqué 250 millions de FCFA (381.000 euros) pour le gouvernement burkinabè.
"Dès le déclenchement de la catastrophe", la Croix-rouge a distribué des nattes, des couvertures, des savons et des bidons aux sinistrés, assure son responsable local, Bana Ouandaogo.
De son côté, Oxfam International fournira bientôt des réservoirs de stockage de l'eau, des latrines et douches mobiles ainsi que divers produits de première nécessité d'une valeur de 50.000 euros, selon son responsable au Burkina, Papa Sosthène Konaté.
Le gouvernement avait estimé la semaine dernière que 7 milliards de FCFA (10,6 millions d'euros) étaient immédiatement nécessaires pour l'aide humanitaire et la réhabilitation en urgence des infrastructures routières endommagées.
A plus long terme, il chiffre à 70 milliards de FCFA (106 millions d'euros) ses besoins, pour réaliser des ouvrages plus performants d'assainissement et d'écoulement des eaux ou mettre en place un plan Orsec (organisation des secours).

© AFP

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