Rédigé le 10/01/2012 Dernière modification le 10/01/2012 - 14:05

Guinée-Bissau : l'opposition refuse Raimundo Pereira comme président intérimaire



Un Collectif de quatorze partis d'opposition de Guinée-Bissau a annoncé mardi qu'il refusait que le président de l'Assemblée nationale, Raimundo Pereira, assure l'intérim du chef de l'Etat Malam Bacaï Sanha décédé lundi à Paris, comme le prévoit la Constitution.



Le président par intérim de Guinée-Bissau, Raimundo Pereira, le 3 mars 2009 à Bissau
Le président par intérim de Guinée-Bissau, Raimundo Pereira, le 3 mars 2009 à Bissau
"Le Collectif de l'opposition démocratique manifeste son total rejet à l'ascension de Raimundo Pereira, actuel président de l'Assemblée nationale, au poste de président intérimaire" de Guinée-Bissau, indique un communiqué transmis mardi à l'AFP à Bissau.

Il dit "ne pouvoir cautionner une personnalité qui, dans l'exercice de ses fonctions de président intérimaire, a des prérogatives pouvant aboutir au limogeage de l'actuel procureur général".

La crainte de ces partis est qu'un tel limogeage permettrait "de ne pas envoyer devant les tribunaux les personnalités suspectées dans l'assassinat en 2009 du président Joao Bernardo Vieira, du chef d'Etat-major général de l'armée Batista Tagmé Na Waïe" et d'autres hommes politiques, ajoute le communiqué.

Le texte est signé par 14 des 35 partis d'opposition bissau-guinéens. Trois de ces 14 partis ont des élus à l'Assemblée nationale, largement dominée par le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, au pouvoir).

Ces partis ne proposent cependant aucun nom pour assurer l'intérim du président Malam Bacaï Sanha décédé lundi à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce de Paris à l'âge de 64 ans des suites d'une maladie inconnue.

Selon la Constitution bissau-guinéenne, le président de l'Assemblée nationale doit assurer l'intérim en cas de vacance du pouvoir et organiser une nouvelle élection présidentielle dans un délai de 60 jours (bien 60 jours).

M. Sanha avait été élu en juillet 2009 à la tête de ce pays lusophone d'Afrique de l'Ouest confronté régulièrement à une instabilité politique et militaire dans laquelle les militaires jouent un rôle prépondérant.

© AFP
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