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Rédigé le 14/12/2010 Dernière modification le 14/12/2010 - 19:59Carte bancaire : Le Bénin à l’heure de la modernisation des moyens de paiementEn dépit du faible taux de bancarisation qu’il enregistre, le Bénin n’est pas en marge du processus de modernisation des systèmes de paiement que connaît le secteur bancaire. Aujourd’hui, l’usage des cartes bancaires et autres chèques est devenue monnaie courante.
Dans chaque quartier de Cotonou, les banques se bousculent pour marquer leur territoire. Objectif : être le plus proche possible de la clientèle à travers le réseau des agences. Mais ce qui frappe surtout dans cette stratégie d’expansion, c’est la tendance à monter des guichets automatiques. Du coup, avec leur carte bancaire, beaucoup de clients des banques ont perdu le chemin des guichets traditionnels. De jour comme nuit, ordinaire ou férié, les banques offrent désormais la possibilité aux Béninois de faire des opérations à tout instant, faisant ainsi un saut qualitatif dans la modernité. Dans certaines pharmacies, plus besoin d’avoir forcément des espèces pour payer ses médicaments. Une carte bancaire peut faire l’affaire. Tout comme dans certaines stations-services où l’achat de carburant s’opère à la carte.
L’usage des cartes bancaires ne constitue qu’un aspect des mutations opérées sur le marché bancaire ouest-africains aux fins d’encourager l’usage des moyens de paiements scripturaux au détriment des billets de banques. Aujourd’hui, cartes, chèques, virements bancaires connaissent un usage moins élitiste dans les transactions commerciales de la sous-région. Mutations rendues possibles grâce aux réformes entreprises par la banque centrale pour moderniser les systèmes de paiement au sein de l’UEMOA. Lancées en 1999, ces réformes ont pris un coup d’accélération à partir de 2004, avec la mise en place d’une série d’instruments, notamment le système d’interbancaire (RTGS), le système de transfert automatisé et de règlement de l’UEMOA (STAR-UEMOA), le système interbancaire de compensation automatisé (SICA-UEMOA). Toutes ces mesures seront renforcées par l’opérationnalisation du centre de traitement monétique qui a abouti à la création de la carte bancaire GIM-UEMOA Mais derrière ce besoin de modernisation se cache un souci de minimiser les coûts de la circulation fiduciaire devenue très onéreuse pour l’institut d’émission. « La banque centrale dépense chaque année des milliards pour permettre d’avoir des billets, parce que dans nos pays, culturellement, on a un usage des billets qui est totalement différent de ce qu’on doit faire. Les gens les mettent dans leurs poches au lieu de les ranger dans leur porte-monnaie. Notre compte d’exploitation supporte d’importantes charges liées à l’entretien des billets et des pièces », indique un cadre de la banque pour justifier le bienfondé des réformes. Pour l’usager, ce n’est que tout bénef. Les systèmes modernes de paiement offrent des garanties de sécurité pour le détenteur. Ils l’épargnent des pertes d’argent en cas de vol à main armée, d’incendies et facilitent les transactions commerciales. Dans le même temps, ils restreignent les opérations frauduleuses. Un individu qui détient par devers lui d’importantes sommes en espèces est déclaré suspect dans de nombreux pays. Le défi de la bancarisation La modernisation des systèmes de paiement au niveau des banques contraste avec le taux de pénétration du marché bancaire. Le taux de bancarisation est estimé à 3,4%, soit un guichet pour 33 325 habitants, selon les chiffres de la BCEAO. On est en deçà de la moyenne au niveau de l’UEMOA qui se situe autour de 9%. Dans le même temps, la France table aujourd’hui sur un taux de bancarisation de 99%, la Tunisie 60% et le Maroc 40%. L’incitation des populations à aller vers les services financiers classiques est devenue un défi majeur pour les autorités monétaires de la région qui s’évertuent bon an mal an à aiguiser l’appétit des clients potentiels. Aujourd’hui, presque toutes les banques offrent la possibilité à un salarié qui gagne au moins 50.000 francs CFA par mois de disposer d’un compte bancaire contre zéro franc. De plus, selon une disposition de la BCEAO, tout règlement d’un montant supérieur ou égal à 100.000 francs CFA se fait à partir d’un chèque. D’autres mesures fiscales incitatives accompagnent l’ambition des autorités monétaires de rendre la banque accessible à tous. Mais la réalité est là et démontre toujours la réticence des populations à accompagner les réformes. La banque centrale a entrepris une compagne de communication en la matière. Que l’expérience soit véritablement concluante. Par Gnona AFANGBEDJI
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