Rédigé le 24/01/2012 Dernière modification le 24/01/2012 - 12:18

CAN - Côte d’Ivoire : Et si c’est l’année du sacre !





L'Ivoirien Yaya Touré, ballon d'or africain 2011
L'Ivoirien Yaya Touré, ballon d'or africain 2011
Didier Drogba, Yaya Touré, Kolo Touré, Zokora Didier, Kader Kéita… porteurs de tous les espoirs, font partie d’une génération surdouée - presqu’en fin de cycle pour certains - mais qui n’a jamais rien gagné. Pour les populations ivoiriennes, 2012 est le rendez-vous de la dernière chance. A Malabo où ils sont basés, les Eléphants de Côte d’Ivoire ne seront guère dépaysés. Une centaine de supporteurs y ont été convoyés par les soins sur Comité national de soutien aux Eléphants (Cnse) pour constituer le douzième homme de l’équipe. En Côte d’Ivoire, le peuple attend de voir des joueurs soudés, débarrassés de leurs égos, afin de justifier leur statut de favoris après avoir manqué le coche en 2006, 2008 et 2010. A côté des favoris, il y a les pays que l’on présente comme les outsiders, c’est-à-dire les chevaux qui ne sont pas parmi les favoris, mais qui, de notre point de vue, peuvent créer la surprise. Il s’agit du Maroc bien que battu par la Tunisie, il conserve tout de même ses chances de se qualifier. Il y a également la Tunisie, le Mali, et à un degré moindre l’Angola. Les deux pays organisateurs, le Gabon et la Guinée Equatoriale, forment avec le Soudan, la Libye et la Zambie les trouble-fêtes, c’est-à-dire ceux qui pourraient empêcher de tourner en rond. Mais leur esprit (ou pied ?) de génie suffira-t-il à empêcher la Côte d’Ivoire d’être championne ? Les jours qui viennent nous édifieront.

Une CAN pas cadeau !

Une chose reste cependant préoccupante au moment de la fête du football africain : les droits de retransmission particulièrement exorbitants. Ces droits s’élèvent pour les pays d’Afrique du Nord à 7,8 millions d’euros soit environ 5 milliards de Fcfa pour dix matchs contre 1 million d’euros soit environ 655 millions de Fcfa pour les pays subsahariens. C’est à prendre ou à «priver» son pays de la Can. A la vérité, ces montants restent encore très excessifs pour de nombreux pays, même qualifiés, qui ne veulent pas priver les téléspectateurs des matchs de leur équipe. A leurs corps défendant, les gouvernements de certains pays cassent la tirelire, dans un contexte économique difficile, afin de mettre leurs populations en mode Can. Aussi bien pour les outsiders que pour les favoris, quel plaisir peut-il y avoir même à remporter une Can si les populations n’ont pu suivre la compétition en direct et vibrer ensemble avec leur équipe ? Mais cela saurait-il justifier ce diktat des chaînes de télévision comme Al-Jazeera et LC2 Afnex qui sont les grossistes tous les droits de télévision et qui revendent les images de la compétition à prix d’or aux télévisions qui en ont les moyens ? Pour notre part, les droits de télévision devaient fluctuer en fonction des pays qualifiés, c’est-à-dire des forces en présence. C’est vrai que pour la Can 2012, il y a la Côte d’Ivoire avec ses stars, le Ghana quart finaliste de la Coupe du monde 2010 et le Sénégal, la Tunisie, etc. mais il est aussi à constater que des pays comme l’Egypte, sept fois championne d’Afrique, le Cameroun, quatre fois vainqueur de la Can et le Nigeria deux fois, manquent au rendez-vous. On aurait pu penser que les effets de la crise, combinés à l’échec de ces grandes équipes auraient fait chuter les prix de diffusion, mais c’était sans compter avec l’esprit marketing des télévisions qatarie et béninoise. L’absence des grandes nations n’a donc pas dévalué la CAN. L’argument avancé est que les équipes qui les ont disqualifiées sont forcément au niveau, et que le spectacle est garanti en conséquence. S’agissant de la compétition elle-même, il faut dire que l’Afrique s’attend à un beau spectacle. Environ une cinquantaine d’athlètes qui animent les championnats européens sont présents. Seuls les acteurs du match opposant la Tunisie et le Maroc ont pu jusqu’ici produire du bon jeu. Mais l’appétit venant en mangeant, on espère que les prochaines rencontres tiendront toutes les promesses attendues.

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CAN : qui paie quoi ?

Dans une correspondance envoyée à toutes les chaînes de télévision africaines en date du 7 novembre 2009, le patron de LC2-AFNEX, le Béninois Christian Lagnidé, a fixé les montants pour l'acquisition des droits de retransmission TV de cet événement. Ces montants sont repartis en cinq catégories. Ainsi, le Nigeria, qui est seul dans la première catégorie doit payer 3 500 000 euros( soit plus de 2,2 milliards FCFA) , La CRTV et les chaînes des pays qualifiés à la phase finale comme le Bénin, la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso, le ORTM, le Gabon, le Ghana, le Mozambique, le Togo et la Zambie, doivent débourser 1 500 000 euros( un milliard pour les 32 matches de la CAN). La troisième catégorie concerne l'Ethiopie, la Guinée Equatoriale, le Kenya, le Madagascar, le Tchad, l'Ouganda, la République Démocratique du Congo, la Tanzanie, le Sénégal, le Zimbabwe et la Guinée Conakry. Ces pays doivent payer 750 000 euros (500 millions FCFA). Le Burundi, le Malawi, le Niger et le Rwanda qui doivent débourser 450 000 euros (300 millions de FCFA) sont dans la quatrième catégorie. Tandis que la cinquième catégorie concerne le Botswana, le Cap Vert, la Centrafrique, les Comores, le Congo Brazza, l'Erythrée, la Gambie, la Guinée Bissau, le Lesotho, le Libéria, l’Ile Maurice, la Namibie, la Sainte Hélène, Sao Tomé et Principe, les Seychelles et la Sierra Leone devront payer 350 000 euros (soit 230 millions FCFA).

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