On pouvait tout imaginer de la part de Yayi Boni car l’homme est capable de toutes les bêtises mais jamais au grand jamais, on ne pouvait penser qu’il tournerait le peuple béninois en bourrique. Il donne ainsi, un très mauvais coup à la démocratie béninoise. Yayi Boni s’est offert le coquet suffrage de 53% au premier tour. Du jamais vu dans la démocratie béninoise. A peine Yayi Boni serait-il qualifié pour le second tour mais le candidat a plusieurs tours dans son laboratoire obscur appelé Cauris. Au-delà de l'étrange achat de conscience jamais observé et dont il a été l’artisan tout au long de la campagne électorale, Yayi Boni disposait d’une machine de tripatouillage insoupçonné : la Lépi ! La liste électorale permanente informatisée est le piège tendu à l’opposition qui malheureusement, s’est empressée de s’y faire prendre. En fait, la liste électorale informatisée est présentée comme instrument anti-fraude mais en réalité, c’est un ingrédient nécessaire dans la conception de fraudes à la régulière. Pas de listes électorales affichées, pas de nombre d’électeurs affichés, exclusion d’une partie de l’électorat, urnes non scellées, transport illégal de bulletin par hélicoptère dans certaines régions du pays, bourrages d’urnes pré-estampillés bref on aura tout vu en 2011 au Bénin. Tout est mis en œuvre pour tromper la vigilance des observateurs électoraux (toujours prompts à faire des déclarations mensongères) ainsi que de la classe politique. Yayi Boni si «bien aimé » de son peuple, aurait même gagné dans les fiefs de… l’opposition ! Incroyable. L’opposition béninoise n’aurait jamais dû participer à la mascarade électorale orchestrée par Yayi Boni et ses affidés et qui démontre une nouvelle fois, à quel point le Président s’efforce à abrutir les Béninois. Le bilan des cinq dernières années de Yayi Boni a été catastrophique. Il faut avoir le courage de le dire. Incurie, irresponsabilité, incompétence, pilotage à vue, gabegie, corruption, détournement, enrichissement illicite, tout y passe mais comme un bon dictateur, c’est la théorie de l’après-moi, le déluge. J’y suis donc, j’y reste. Le gouvernement de Yayi Boni est une calamité et une honte à l’échelle nationale et internationale. Yayi Boni lui-même en tant que Président n’est pas digne du Bénin et ne fait pas du tout la fierté des Béninois dans les médias. Un discours vide, répétitif et empreint régulièrement de niaiseries telles «j’aime mon peuple, c’est Dieu qui donne le pouvoir, je demande pardon au peuple, seul le peuple béninois est souverain… ». Si tant est qu’il aimait le peuple béninois, il devrait comprendre que ce peuple l’a vomi et qu’il n’est pas prêt à lui confier gratis un second mandat. Comment le peuple béninois peut-il confier le pouvoir à un homme qui l’a fait souffrir pendant cinq ans ? Yayi Boni est un fraudeur qui se prend pour un ange au service du Bénin. C’est un voleur de suffrages comme la plupart de ses amis encore Présidents. Abdoulaye Wade est un ami intime de Yayi Boni et s’il a pu gagner la présidentielle de 2007 au Sénégal, c’est parce qu’il a fait exactement ce que Yayi Boni vient de faire avec la liste électorale informatisée. Les jeunes informaticiens ayant été à la base de la fraude, ont par la suite fait des révélations incroyables. Alors que tout le monde s’attendait à une défaite cuisante du Président Wade, le peuple sénégalais a été pris de court par sa victoire au premier tour. Une victoire qui a priori ne souffrait d’aucune contestation mais qui a livré ses secrets fatals, après sa validation par la cour constitutionnelle. C’était déjà trop tard pour une opposition trop attentiste et trop peu prévoyante. Une opposition à l’image aujourd’hui de celle du Bénin et Yayi Boni a dû recevoir des conseils de Wade pour y arriver. L’autre ami intime de Yayi Boni, c’est le soi-disant nationaliste Laurent Gbagbo, qui confisque le pouvoir depuis près de quatre mois en Côte d’Ivoire. A défaut de frauder à la régulière, on s’en remet à son ami Président de la cour constitutionnelle pour un passage en force au mépris de la volonté du peuple. Un dernier ami non moins intime de Yayi Boni, c’est le Burkinabé Blaise Compaoré qui nous a habitué aux scores à la soviétique dès le premier tour. Un contrefacteur de suffrages qu’on ne présente plus. Pour ces trois, on ne va pas aux élections, si c’est pour les perdre. Et comme qui s’assemble se ressemble, Yayi Boni applique désormais la recette au peuple béninois. C’est simplement pathétique pour un peuple épris de justice, de paix et démocratie. Yayi Boni vient littéralement de créer la chienlit. Il en assumera éventuellement les conséquences mais on se demande bien ce que peut encore Adrien Houngbédji (candidat supposé «malheureux ») face à un Président de la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA) acquis à Yayi Boni et qui affirme sans ambages à la face du monde que «le peuple a parlé ». De quel peuple parle-t-il ? Joseph Gnonlonfoun parle-t-il du peuple fictif de son mandant ? D’ailleurs, au nom de qui parle-t-il, lui qui est supposé être un artisan impartial du processus électoral ? Que peut encore Adrien Houngbédji face un Président de la cour constitutionnelle aux ordres de Yayi Boni ? Le Bénin est indubitablement à un tournant de son histoire. Yayi Boni a spolié le peuple béninois qui lui avait fait confiance au second tour en 2006. Il sait qu’un second tour avec Adrien Houngbédji ou Bio Tchané afficherait trop ses carences et son incompétence. Il a préféré la fuite en avant en se faisant déclarer vainqueur de la présidentielle au premier tour. Adrien Houngbédji doit-il mobiliser le peuple, le vrai peuple pour rendre le pays ingouvernable à Yayi Boni ? Doit-il simplement baisser les bras et voir ainsi s’évanouir sa cinquième et dernière tentative de briguer la magistrature suprême au Bénin ? Seul le bon sens, la tolérance et l’amour du pays peut encore lui servir de bouclier. Mais l’amour du pays, ne veut pas dire renoncer à son droit ou à la morale, au contraire, c’est veiller au grain, c’est le défendre à tout prix contre la l’arrogance inacceptable de l’usurpateur Yayi Boni.
Par
Patient ATCHO