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Rédigé le 16/10/2009 Dernière modification le 16/10/2009 - 03:09Botswana : Khama favori des élections, malgré la criseLes habitants du Botswana devraient reconduire au pouvoir leur président Ian Khama lors des élections de vendredi, bien que celui-ci soit confronté à la pire crise économique de l'histoire de ce pays riche en diamants.
Le Président Ian Khama à Gaborone
Plus de 720.000 électeurs, sur 1,9 million d'habitants, renouvellent 57 sièges de députés, qui éliront ensuite le chef de l'Etat de ce pays quasi-désertique d'Afrique australe réputé pour sa stabilité.
Ian Khama, au pouvoir depuis avril 2008, mène la liste du Parti démocratique du Botswana (BDP) qui dirige cette ancienne colonie britannique depuis son indépendance en 1966. Fils du président-fondateur du pays Sereste Khama, il est populaire dans les zones rurales et jouit du respect dû à son statut de chef de la tribu majoritaire, les Bangwatos. Mais cet ancien militaire âgé de 56 ans, qui dirige par directive sans consulter son gouvernement ni les membres de son parti, met mal à l'aise les élites urbaines. Son style a également créé des divisions au sein du BDP. "Le parti au pouvoir va gagner malgré tous ses problèmes parce que l'opposition est en plein désarroi", estime Jackson Madzima de l'Institut pour les études de sécurité, en Afrique du Sud. "La plupart des gens vont préférer s'abstenir que de voter pour l'opposition." Le président Khama devra ensuite gérer le mécontentement croissant d'une population frappée de plein fouet par la crise mondiale. Le Botswana a bâti sa richesse sur ses ressources en diamants, découverts après l'indépendance. Devenu premier producteur mondial de cette pierre précieuse, il a enregistré une croissance de 9% en moyenne jusqu'en 2006. Bien géré, peu corrompu, le pays est régulièrement classé en haut des tableaux de bonne gouvernance en Afrique. Si 47% de la population vit encore avec moins d'un dollar par jour, elle bénéficie de nombreux programmes sociaux, notamment dans les domaines de la santé et de l'éducation. La crise pourrait cependant bouleverser cet édifice. La production de diamants doit être divisée par deux en 2009 et la croissance sera négative, à -12% en 2009 avant une reprise prévue à 3,2% en 2010, selon l'unité de recherche Economist Intelligence Unit. Le ralentissement de la croissance affecte les finances publiques, avec un déficit prévu de 9,7% du PIB cette année, et remet en cause les dépenses sociales du gouvernement. Quelque 5.000 bourses universitaires ont déjà été supprimées. Le Botswana, célèbre pour avoir été le premier pays du continent à distribuer gratuitement des antirétroviraux à sa population, aura également du mal à maintenir les programmes de lutte contre le sida, qui touche un adulte sur quatre. "Si vous comparez le Botswana au reste de l'Afrique, cela reste un pays leader. Mais par rapport à lui-même, il a fait un pas en arrière", commente l'analyste Madzima. La crise pourrait toutefois avoir une vertu: celle de forcer le pays à diversifier son économie. D'autant que les réserves diamantifères devraient être épuisées en 2030. © AFP
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