Rédigé le 19/07/2010 Dernière modification le 19/07/2010 - 12:25

Bénin : Houngbédji accuse Boni Yayi d'escroquerie



Le principal opposant béninois, Adrien Houngbédji, a accusé le président Boni Yayi d'être mêlé à une affaire d'escroquerie portant sur des placements d'argent.



Le Président du Bénin, Yayi Boni
Le Président du Bénin, Yayi Boni
«Nous avons élu le chef de l'État pour qu'il protège le peuple, pour qu'il travaille dans l'intérêt du peuple et non pas pour qu'il protège les escrocs. Ce faisant, il a violé son serment. Il a violé la constitution et il doit être poursuivi devant la Haute Cour de Justice », a affirmé M. Houngbédji, à la tête d'une alliance de partis d'opposition.
Selon lui, un détournement d'épargne organisé par ICC Services, une société béninoise de placement d'argent, qui a fait récemment un scandale dans le pays ouest-africain, a été orchestré avec « la caution et des complicités au sommet de l'État ».
Des collectes de fonds frauduleuses « ont profité au gouvernement et à sa propagande. Vous avez vu du matériel de campagne fabriqué à l'effigie du président de la République par ICC, des pagnes, des calendriers, du vin et du champagne ainsi que les nombreuses manifestations organisées par la mouvance présidentielle et prises en charge par ICC-Services », accuse l'opposant.

Censure

Le 7 juillet, Boni Yayi avait limogé le ministre de l'Intérieur Armand Zinzindohoué dans le cadre de cette affaire. Le président lui reprochait d'avoir « offert les services de forces de sécurité sous son autorité et d'avoir signé un permis de port d'arme aux responsables de la société au mépris des précautions élémentaires en la matière », selon une source à la présidence.
M. Yayi a ordonné une enquête et selon une source proche de la commission d'enquête, l'un des cousins du président a été arrêté la semaine dernière et est détenu à la maison d'arrêt de Cotonou.
M. Houngbédji a en outre déclaré que ses déclarations sur cette affaire auprès de télévisions locales ces jours-ci ont été « censurées sur ordre du palais de la République ».
Elu en mars 2006 avec plus de 70 % des votes Boni Yayi, un ancien banquier, avait basé son programme sur la restauration des valeurs républicaines et principalement la lutte contre la corruption qui gangrenait l'administration en place.

in Jeune Afrique
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