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Rédigé le 18/08/2009 Dernière modification le 18/08/2009 - 03:39Banques en Afrique : beaucoup de liquidités, peu de créditsEn Afrique, les demandes de crédit pour le financement accroissent vertigineusement sans que les banques, pourtant en surliquidité, ne daignent y répondre favorablement.
L'immeuble de la BCEAO à Dakar, Sénégal
Les Africains semblent ne plus croire aux possibilités d’octroi de crédits par les banques installées dans leur pays. Et c’est un euphémisme que d’affirmer que les institutions bancaires sont peu enclines à se débarrasser de leurs réserves sur un continent qui en a plus besoin que partout ailleurs. Convaincus que ce sont les fonds qui manquent le moins, nombre d’Africains se sont résolument tournés vers les Institutions de micro finance (IMF), l’expérience des banques leur étant le plus souvent fatale. Un véritable paradoxe quand on sait qu’à peine deux cents milliards de francs CFA de liquidités sont mis dans le circuit des crédits par les banques des pays membres de l’Union économique monétaire ouest africaine (UEMOA), selon le Centre du commerce international. Du coup, en l’absence de soutien d’institutions financières, le commerce et l’investissement se trouvent fortement menacés sur un continent qui n’a guère trouvé toutes les inconnues à l’équation de son développement. Cette restriction d’octroi de crédit, due aux rigides prescriptions de l’Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires (OHADA) dans ce sens et corsées par les taux relativement élevés pratiqués par les institutions financières découragent nombre de petites et moyennes entreprises (PME) qui cherchent leur salut dans la Banque régionale de solidarité (BRS). Du coup, il y a congestion de capitaux avec une induction de surchauffe de la machine économique. Plus de 86% des banques de l’espace UEMOA accumuleraient plus de 800 milliards de francs CFA de réserves avec un taux de libération de capitaux qui ne dépasse généralement pas les 40%. La recherche du risque zéro La surliquidité que l’on note au niveau des banques africaines tient, selon les spécialistes des questions bancaires, d’un souci de minimiser les risques. Evaluer et atténuer les risques liés au financement des projets, telle est la raison qui semble justifier les réserves observées par les banques. Moubachirou Adéchokan, économiste et banquier de profession, explique qu’au-delà de la condition de disposer d’un compte à la banque et d’effectuer régulièrement des opérations, le demandeur d’un crédit doit pouvoir avoir à son actif un projet porteur, capable de convaincre son banquier. Une étude de marché menée par la banque permet d’apprécier si le projet est bancable. Aussi, est-il exigé du requérant un minimum de confiance et de sérieux dans la conduite de ses affaires. En somme une comptabilité sérieuse. Ces précautions s’expliquent à travers l’histoire des banques en Afrique. La banqueroute à laquelle on a assisté dans les années 1980 sur le continent, avec la faillite de nombreuses banques d’Etat, justifie la frilosité des nouvelles banques en place. Nonobstant cette situation, M. Adéchokan indique qu’il y a beaucoup d’impayés. « Les crédits sont octroyés mais ne sont guère remboursés par les demandeurs », soutient-il. Il ne s’agit donc plus de donner de l’argent à qui veut mais à celui dont est sûr des garanties. Tous ces critères limitent l’accès de nombreux demandeurs au crédit, au point qu’au finish, on note « peu d’élus pour beaucoup d’appelés ». Par Eklou KOKOUVI
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